Abou ʿUbayda – ainsi que d’autres linguistes – ont expliqué que le verbe « ḥalla » (حَلَّ) se conjugue au présent « yaḥillu » (يَحِلُّ) quand il signifie « devenir obligatoire, s’imposer », et « yaḥullu » (يَحُلُّ) lorsqu’il a le sens de « survenir, s’abattre ».
Al-Farrâʾ dit de même : la voyelle « u » (ḍamma) renvoie à l’idée de descente ou de survenue, tandis que la voyelle « i » (kasra) renvoie à l’obligation. Les deux acceptions sont proches, mais la kasra est préférable, car tous s’accordent sur la lecture du verset : « وَيَحِلُّ عَلَيْهِ عَذَابٌ مُقِيمٌ » – « et un châtiment permanent s’abattra sur lui » (Hûd, 39).
La « colère d’Allâh » désigne Son châtiment, Sa vengeance, Son supplice.
Au sujet de l’expression « فَقَدْ هَوَى » (20 : 81), az-Zajjâj commente : « il est certes perdu », c’est-à-dire qu’il est tombé dans la « Hâwiya », le gouffre du Feu. Le verbe « hawā yahwî » signifie « tomber d’une hauteur vers le bas », et l’on dit d’un homme « hawā » pour dire qu’il est mort.
Ibn al-Mubârak rapporte : Ismâʿîl b. ʿAyyâsh nous informa, disant : Thaʿlaba b. Muslim nous transmit d’Ayyûb b. Bashîr, d’après Shufay al-Aṣbaḥî : « En Enfer se trouve une montagne appelée Ṣaʿûd ; le mécréant met quarante automnes à la gravir avant d’en atteindre le sommet. Allâh, Très-Haut, a dit : ﴾Je le contraindrai à gravir Ṣaʿûd﴿ (al-Muddaththir, 17). De même, il y a en Enfer un palais nommé Hawā ; on y précipite le mécréant du faîte, et il chute quarante automnes avant d’en toucher le fond. Allâh, le Très-Haut, a dit : ﴾Et quiconque Ma colère atteindra, il tombera certainement﴿ (Ṭâ-Hâ, 81). » L’auteur ajoute : ce ḥadîth a été cité dans notre ouvrage « at-Tadhkira ».
Parole du Très-Haut :
« Je suis certes, Moi, Grand Pardonneur pour celui qui se repent » (20 : 82) : c’est-à-dire se repent du polythéisme.
« … qui croit, accomplit une œuvre vertueuse puis se tient dans la droiture » (20 : 82) : c’est-à-dire persévère dans sa foi jusqu’à mourir dessus, selon Sufyân ath-Thawrî, Qatâda et d’autres.
Ibn ʿAbbâs dit : c’est celui qui ne doute pas de sa foi (rapporté par al-Mâwardî et al-Mahdawî).
Sahl b. ʿAbd-Allâh at-Tustarî, ainsi qu’Ibn ʿAbbâs, expliquent : il demeure attaché à la Sunna et à la Communauté (al-Jamâʿa) – rapporté par ath-Thaʿlabî.
Anas affirme : il s’attache à la Sunna du Prophète ﷺ (mentionné par al-Mahdawî et rapporté par al-Mâwardî d’après ar-Rabîʿ b. Anas).
Cinquième avis : « il accomplit l’acte juste », dit Ibn Zayd ; et selon un autre propos de lui, « il acquiert la science afin de savoir comment agir » (le premier sens est rapporté par al-Mahdawî, le second par ath-Thaʿlabî).
Ash-Shaʿbî, Muqâtil et al-Kalbî déclarent : il sait qu’à cela correspond une récompense et, en cas de manquement, un châtiment ; al-Farrâʾ tient la même opinion.
Huitième avis : « puis se tient dans la droiture » s’entend comme « demeurer sous la protection (wilâya) des Gens de la Maison du Prophète ﷺ », selon Thâbit al-Bunânî.
Le premier avis est le plus solide – si Allâh le veut – et tous les autres y reviennent.
Wakîʿ rapporte de Sufyân : Nous entendions au sujet de la parole d’Allâh, Exalté soit-Il : « Je suis certes Grand Pardonneur pour quiconque se repent » – c’est-à-dire du polythéisme – « et qui croit » – après avoir quitté le polythéisme – « et accomplit une œuvre vertueuse » – il prie et jeûne – « puis se tient dans la droiture » – il meurt dans cet état.