Sa parole – exalté soit-Il :
« Pharaon les poursuivit avec ses troupes » (20 : 78)
c’est-à-dire : il se mit à leur suite, accompagné de ses soldats. On lit aussi « فَاتَّبَعَهُمْ » avec redoublement de la consonne médiane ; dans ce cas, la préposition bi de « بِجُنُودِهِ » fait passer le verbe au deuxième complément d’objet, puisque le verbe « ittabaʿa » ne régit d’ordinaire qu’un seul objet. Autrement dit : il les suivit pour les atteindre, muni de ses troupes, c’est-à-dire accompagné de celles-ci, comme on dit : « L’émir est parti avec son sabre », c’est-à-dire portant son sabre. Quant à la lecture sans assimilation « فَأَتْبَعَ », qui régit deux objets, on peut considérer que le bi est surabondant, ou bien que l’on s’est contenté d’un seul objet.
On dit en arabe : « tablʿahu » et « atbaʿahu », « laḥiqahu » et « alḥaqahu » ; toutes ces formes ont le même sens : suivre, rattraper.
L’expression « بِجُنُودِهِ » se trouve ici à la place du complément circonstanciel ; comme si le verset signifiait : « Il les poursuivit, poussant devant lui ses troupes ».
« Les submergea de la mer ce qui les submergea » (20 : 78)
autrement dit : il leur vint de la mer ce qui les noya. La tournure est répétée pour amplifier le sens et pour souligner la gravité de l’événement.
« Pharaon égara son peuple et ne les guida point » (20 : 79)
c’est-à-dire : il les détourna de la droiture sans les conduire vers aucun bien ni vers aucun salut. Il avait estimé que Moïse – sur lui la paix – et ceux qui l’accompagnaient ne pourraient lui échapper, car la mer se dressait devant eux. Mais lorsque Moïse frappa la mer de son bâton, elle s’ouvrit en douze sentiers, tandis que l’eau entre ces voies demeurait dressée comme des montagnes. Dans la sourate ash-Shuʿarâ’ il est dit : « Chaque fraction fut comme un immense mont » (26 : 63), c’est-à-dire comme une grande montagne. Chaque tribu emprunta donc un chemin. Allah révéla alors aux masses d’eau : « Entrelacez-vous ! » et elles devinrent comme un réseau, si bien que les uns voyaient les autres et s’entendaient parler – voilà l’une des plus grandes manifestations miraculeuses. Lorsque Pharaon arriva et vit ces routes au milieu de la mer et l’eau dressée, il persuada les siens que la mer s’était ainsi ouverte par crainte de sa puissance ; il s’engagea donc, lui et ses partisans, et la mer se referma sur eux.
Certains ont dit que l’expression « وما هدى » (20 : 79) vient renforcer l’idée qu’il les a égarés ; d’autres y voient une réfutation de la parole de Pharaon : « Je ne vous montre que ce que je vois, et je ne vous guide que vers le chemin de la droiture » (40 : 29). Allah – Très-Haut – le dément donc ici. Ibn ʿAbbâs a dit : « Il ne s’est même pas guidé lui-même, bien au contraire il a perdu son âme et celle de son peuple. »
Sourate Tâ-Hâ (20), versets 80 à 82 :
« Ô Enfants d’Israël ! Nous vous avons déjà sauvés de votre ennemi, Nous avons fixé avec vous un rendez-vous sur le versant droit du Tur, et Nous avons fait descendre sur vous la manne et la caille. (80) Mangez des bonnes choses que Nous vous avons accordées, et ne vous y montrez pas injustes, de peur que ne s’abatte sur vous Ma colère ; or quiconque voit Ma colère s’abattre sur lui est certes perdu. (81) Je suis certes Celui qui pardonne abondamment à quiconque se repent, croit, accomplit une œuvre pie, puis demeure dans la droiture. (82)»