Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le fait que Moise ait frappé la mer, qu’il l’ait ainsi désignée, et que Pharaon ait été englouti, a déjà été évoqué ; il n’y a donc nul besoin d’y revenir.

« Ne crains pas d’être rejoint » (20 : 77) : autrement dit, ne redoute pas d’être rattrapé par Pharaon et ses troupes.

« … et ne redoute pas ». Ibn Jurayj rapporte que les compagnons de Moïse lui dirent : « Voici Pharaon qui nous a rejoints, et voici la mer qui nous submerge. » Allah – Très-Haut – fit alors descendre : « Ne crains pas d’être rejoint et ne redoute rien » (20 : 77), c’est-à-dire : n’aie pas peur d’être atteint par Pharaon, ni de te noyer si la mer te recouvre.

Hamza a lu : « لا تَخَفْ – n’aie pas peur », comme réponse à l’ordre : l’idée implicite est : « Si tu traces pour eux un chemin dans la mer, ne crains pas ». Quant au « … et ne redoute pas » (20 : 77), il constitue soit une proposition indépendante, sous-entendant : « et toi, ne redoute rien », soit il peut être au jussif, l’alif étant allongé à partir d’une fatha, comme dans le verset : « فَأَضَلُّونَا السَّبِيلَا » (Al-Aḥzāb, 67), ou encore sur le modèle du vers du poète : « كَأَنْ لَمْ تَرَى قَبْلِي أَسِيرًا يَمَانِيَا », selon l’analyse d’al-Farrāʾ qui suppose la suppression du mouvement, de même qu’on la supprime dans la consonne saine.

Un autre poète a dit :
« Tu as vilipendé Zabbān, puis tu es revenu t’excuser…
Du blâme contre Zabbān, tu n’as ni blâmé ni laissé. »

Et un autre encore :
« Ne t’est-il pas parvenu – et les nouvelles se propagent –
Ce qu’ont affronté les chamelles des fils de Ziyād ? »

Al-Naḥḥās commente : « Il est des plus blâmables d’expliquer le Livre d’Allah – Puissant et Majestueux – par des exemples rares de poésie. De plus, les vers cités ne ressemblent en rien au verset, car le yāʾ et le wāw diffèrent de l’alif : ils peuvent être voyellés, alors que l’alif ne l’est pas. Le poète, contraint, peut estimer le yāʾ ou le wāw voyellés, puis supprimer cette voyelle pour le jussif ; cela est impossible avec l’alif. La première lecture est donc plus claire, d’autant que la suite « … et ne redoute pas » (20 : 77) fait l’unanimité sans jussif.

Il y a, pour cette formulation, trois analyses possibles :

  1. « Ne crains pas » (20 : 77) est à prendre comme un état (ḥāl) du destinataire : « Trace-leur un chemin dans la mer, ferme et sec, sans être ni craintif ni inquiet. »
  2. Il peut être un attribut du mot « chemin », car il est coordonné à « sec », qui en est l’adjectif ; on sous-entend alors : « dans lequel tu ne craindras rien », l’élément de reprise étant omis.
  3. Il peut être une proposition détachée, constituant l’information d’un sujet sous-entendu : « Et toi, tu ne crains point. »
ضَرْبُ مُوسَى الْبَحْرَ وَكُنْيَتُهُ إِيَّاهُ وَإِغْرَاقُ فِرْعَوْنَ فَلَا مَعْنَى لِلْإِعَادَةِ. (لَا تَخافُ دَرَكاً) ٢٠: ٧٧ أَيْ لِحَاقًا مِنْ فِرْعَوْنَ وَجُنُودِهِ. " وَلَا تَخْشَى" قَالَ ابن جريج قال أصحاب موسى [له «١» ]: هَذَا فِرْعَوْنُ قَدْ أَدْرَكَنَا، وَهَذَا الْبَحْرُ قَدْ غَشِيَنَا، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: " لَا تَخافُ دَرَكاً وَلا تَخْشى ٢٠: ٧٧" أَيْ لَا تَخَافُ دَرَكًا مِنْ فِرْعَوْنَ وَلَا تَخْشَى غَرَقًا مِنَ الْبَحْرِ أَنْ يَمَسَّكَ إِنْ غَشِيَكَ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ " لَا تَخَفْ" عَلَى أَنَّهُ جَوَابُ الْأَمْرِ. التَّقْدِيرُ إِنْ تَضْرِبْ لهم طريقا في البحر لا تخف. و " لا تَخْشى ٢٠: ٧٧" مُسْتَأْنَفٌ عَلَى تَقْدِيرِ: وَلَا أَنْتَ تَخْشَى. أَوْ يَكُونُ مَجْزُومًا وَالْأَلِفُ مُشَبَّعَةٌ مِنْ فَتْحَةٍ، كقوله: " فَأَضَلُّونَا السَّبِيلَا" «٢» [الأحزاب: ٦٧] أو يكون على حد قول الشاعر: «٣» كَأَنْ لَمْ تَرَى قَبْلِي أَسِيرًا يَمَانِيَا عَلَى تَقْدِيرِ حَذْفِ الْحَرَكَةِ كَمَا تُحْذَفُ حَرَكَةُ الصَّحِيحِ. وَهَذَا مَذْهَبُ الْفَرَّاءِ. وَقَالَ آخَرُ: هَجَوْتَ زَبَّانَ ثُمَّ جِئْتَ مُعْتَذِرًا ... مِنْ هَجْوِ زَبَّانَ لَمْ تهجو ولم تدع وَقَالَ آخَرُ «٤» : أَلَمْ يَأْتِيكَ وَالْأَنْبَاءُ تَنْمِي ... بِمَا لَاقَتْ لَبُونُ بَنِي زِيَادِ قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا مِنْ أَقْبَحِ الْغَلَطِ أَنْ يُحْمَلَ كِتَابُ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ عَلَى الشُّذُوذِ مِنَ الشِّعْرِ، وَأَيْضًا فَإِنَّ الَّذِي جَاءَ بِهِ مِنَ الشِّعْرِ لَا يُشْبِهُ مِنَ الْآيَةِ شَيْئًا، لِأَنَّ الْيَاءَ وَالْوَاوَ مُخَالِفَتَانِ لِلْأَلِفِ، لِأَنَّهُمَا تَتَحَرَّكَانِ وَالْأَلِفُ لَا تَتَحَرَّكُ، وَلِلشَّاعِرِ إِذَا اضْطُرَّ أَنْ يُقَدِّرَهُمَا مُتَحَرِّكَتَيْنِ ثُمَّ تُحْذَفُ الْحَرَكَةُ لِلْجَزْمِ، وَهَذَا مُحَالٌ فِي الْأَلِفِ، وَالْقِرَاءَةُ الْأُولَى أَبْيَنُ لِأَنَّ بَعْدَهُ " وَلا تَخْشى ٢٠: ٧٧" مُجْمَعٌ عَلَيْهِ بِلَا جَزْمٍ، وَفِيهَا ثَلَاثُ تَقْدِيرَاتٍ: الْأَوَّلُ- أَنْ يَكُونَ " لَا تَخافُ ٢٠: ٧٧" فِي مَوْضِعِ الْحَالِ مِنَ الْمُخَاطَبِ، التَّقْدِيرُ: فَاضْرِبْ لَهُمْ طَرِيقًا فِي الْبَحْرِ يَبَسًا غَيْرَ خَائِفٍ وَلَا خَاشٍ. الثَّانِي أَنْ يَكُونَ فِي مَوْضِعِ النَّعْتِ لِلطَّرِيقِ، لِأَنَّهُ مَعْطُوفٌ عَلَى يَبَسٍ الَّذِي هُوَ صِفَةٌ، وَيَكُونُ التَّقْدِيرُ: لَا تَخَافُ فِيهِ، فَحَذَفَ الرَّاجِعَ مِنَ الصِّفَةِ. وَالثَّالِثُ- أَنْ يَكُونَ مُنْقَطِعًا خَبَرَ ابتداء محذوف تقديره: وأنت لا تخاف.
(١). من ب وج وز وط وك وى. (٢). راجع ج ١٤ ص ٢٤٩. (٣). هو عبد يغوث بن وقاص من شعراء الجاهلية. وصدر البيت: وتضحك مني شيخة عبشمية (٤). البيت من أبيات لقيس بن زهير بن جذيمة بن رواحة العبسي وكان قد نشأت بينه وبين الربيع بن زياد شحناء في شأن درع فاستاق إبل الربيع وباعها بمكة من عبد الله بن جدعان القرشي.

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