Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Selon la lecture qui suit directement le texte, sans supposer aucune ellipse.
La seconde opinion est qu’il y a, dans l’énoncé, une suppression implicite ; autrement dit : « le stratagème d’un possesseur de magie ».

Quant aux autres récitants, ils ont lu « kayda » à l’accusatif, l’action (الصُّنع) portant sur lui, tandis que le terme « mâ » est employé comme particule englobante (كافَّة) ; le pronom -h (ه) n’est donc pas sous-entendu dans « sâḥir », celui-ci étant en état d’annexion. En réalité, d’après cette lecture, la ruse est attribuée au magicien et non à la magie. Il est également permis d’ouvrir « anna » (أنَّ) avec le sens : « car ce qu’ils ont fabriqué est la ruse d’un magicien ».

« Le magicien ne réussira jamais, d’où qu’il vienne » (20 : 69) ; autrement dit, il ne triomphera ni ne sera sauvé, quel que soit l’endroit de la terre où il se trouve. D’aucuns disent : « où qu’il intrigue ». Le jugement relatif au magicien et la définition du terme « sorcellerie » ont déjà été exposés sous la sourate Al-Baqarah ; médite-les là-bas.

Parole du Très-Haut : « Les magiciens furent alors jetés prosternés » (20 : 70). Lorsqu’ils virent la grandeur de l’évènement et la rupture de l’habitude opérée par le bâton : celui-ci avait englouti tout ce qu’ils avaient fabriqué à l’aide de cordes et de bâtons – charge équivalant au fardeau de trois cents chameaux – puis il redevint un simple bâton. Nul ne sut où avaient disparu les cordes et les bâtons, si ce n’est Allah, exalté soit-Il. Ce point ainsi que l’histoire détaillée du bâton ont déjà été exposés dans la sourate Al-A‘râf.

Ils dirent : « Nous croyons au Seigneur de Hârûn et de Mûsâ. » Il (Pharaon) répliqua : « Avez-vous cru en lui ? » (20 : 70-71), c’est-à-dire en lui. On dit en arabe : « âmana lahu » et « âmana bihi », comme dans : « Lot crut en lui (luh) » [Al-‘Ankabût : 26]. Dans Al-A‘râf, il est dit : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous y autorise ? » – reproche signifiant : vous avez outrepassé l’ordre et accompli ce que je ne vous avais pas commandé.

« Il est votre chef, celui qui vous a enseigné la magie » : autrement dit, votre maître en la matière ; s’il vous a vaincus, c’est parce qu’il y est plus habile que vous. Par cette assertion, Pharaon ne visait qu’à semer la confusion parmi le peuple afin qu’il ne les suive pas et ne croie pas comme eux. Il savait pourtant pertinemment qu’ils n’avaient pas appris de Mûsâ ; ils maîtrisaient déjà la magie bien avant la venue et même la naissance de Mûsâ.

« Je vous ferai certes trancher les mains et les pieds opposés, puis je vous crucifierai sur les troncs des palmiers » (20 : 71), c’est-à-dire sur les troncs mêmes. Le poète Suwêd b. Abî Kâhil dit :
« Ils ont crucifié l’‘Abdiyy sur le tronc d’un palmier…
Jamais Shybân ne put éternuer sans perdre son nez. »
Ainsi il les fit mutiler et crucifier jusqu’à ce qu’ils moururent ; qu’Allah leur fasse miséricorde. Ibn Muḥayṣin a lu ici, comme dans Al-A‘râf, « fal-a-uqattî‘anna » et « wa-la-uṣallibannakum » en ouvrant l’alif et avec allègement, issus des verbes qata‘a (couper) et ṣalaba (crucifier).

« Et, certes, vous saurez lequel de nous inflige un châtiment plus dur et plus durable » (20 : 71), à savoir : moi ou le Seigneur de Mûsâ.

عَلَى الْإِتْبَاعِ مِنْ غَيْرِ تَقْدِيرِ حَذْفٍ. وَالثَّانِي- أَنْ يَكُونَ فِي الْكَلَامِ حَذْفٌ أَيْ كَيْدُ ذِي سِحْرٍ. وَقَرَأَ الْبَاقُونَ: " كَيْدَ" بِالنَّصْبِ «١» بِوُقُوعِ الصنع عليه و " ما" كَافَّةٌ وَلَا تُضْمَرُ هَاءُ " ساحِرٍ" بِالْإِضَافَةِ. وَالْكَيْدُ فِي الْحَقِيقَةِ عَلَى هَذِهِ الْقِرَاءَةِ مُضَافٌ لِلسَّاحِرِ لَا لِلسِّحْرِ. وَيَجُوزُ فَتْحُ " أَنَّ" عَلَى مَعْنَى لِأَنَّ مَا صَنَعُوا كَيْدُ سَاحِرٍ. (وَلا يُفْلِحُ السَّاحِرُ حَيْثُ أَتى) ٢٠: ٦٩ أَيْ لَا يَفُوزُ وَلَا يَنْجُو حَيْثُ أَتَى مِنَ الْأَرْضِ. وَقِيلَ: حَيْثُ احْتَالَ. وَقَدْ مَضَى فِي (الْبَقَرَةِ) «٢» حُكْمُ السَّاحِرِ وَمَعْنَى السِّحْرِ فَتَأَمَّلْهُ هُنَاكَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَأُلْقِيَ السَّحَرَةُ سُجَّداً) ٢٠: ٧٠ لَمَّا رَأَوْا مِنْ عَظِيمِ الْأَمْرِ وَخَرْقِ الْعَادَةِ فِي الْعَصَا، فَإِنَّهَا ابْتَلَعَتْ جَمِيعَ مَا احْتَالُوا بِهِ مِنَ الْحِبَالِ وَالْعِصِيِّ، وَكَانَتْ حِمْلَ ثَلَاثِمِائَةِ بَعِيرٍ ثُمَّ عَادَتْ عَصَا لَا يَعْلَمُ أَحَدٌ أَيْنَ ذَهَبَتِ الْحِبَالُ وَالْعِصِيُّ إِلَّا اللَّهُ تَعَالَى. وَقَدْ مَضَى فِي (الْأَعْرَافِ) «٣» هَذَا الْمَعْنَى وَأَمْرُ الْعَصَا مُسْتَوْفًى. (قالُوا آمَنَّا بِرَبِّ هارُونَ وَمُوسى. قالَ آمَنْتُمْ لَهُ) ٢٠: ٧١ - ٧٠ أَيْ بِهِ، يُقَالُ: آمَنَ لَهُ وَآمَنَ بِهِ، ومنه " فَآمَنَ لَهُ لُوطٌ" «٤» [العنكبوت: ٢٦] وفي الأعراف قال آمَنْتُمْ بِهِ قَبْلَ أَنْ آذَنَ لَكُمْ). إِنْكَارٌ مِنْهُ عَلَيْهِمْ، أَيْ تَعَدَّيْتُمْ وَفَعَلْتُمْ مَا لَمْ آمُرْكُمْ بِهِ. (إِنَّهُ لَكَبِيرُكُمُ الَّذِي عَلَّمَكُمُ السِّحْرَ) . أَيْ رَئِيسُكُمْ فِي التَّعْلِيمِ، وَإِنَّمَا غَلَبَكُمْ لِأَنَّهُ أَحْذَقُ بِهِ منكم. وإنما أراد فرعون بقول هَذَا لِيُشْبِهَ عَلَى النَّاسِ حَتَّى لَا يَتَّبِعُوهُمْ فَيُؤْمِنُوا كَإِيمَانِهِمْ، وَإِلَّا فَقَدْ عَلِمَ فِرْعَوْنُ أَنَّهُمْ لَمْ يَتَعَلَّمُوا مِنْ مُوسَى، بَلْ قَدْ عَلِمُوا السِّحْرَ قَبْلَ قُدُومِ مُوسَى وَوِلَادَتِهِ. (فَلَأُقَطِّعَنَّ أَيْدِيَكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ مِنْ خِلافٍ وَلَأُصَلِّبَنَّكُمْ فِي جُذُوعِ النَّخْلِ) ٢٠: ٧١ أَيْ عَلَى جُذُوعِ النَّخْلِ. قَالَ سُوَيْدُ بْنُ أَبِي كَاهِلٍ: هُمُ صَلَبُوا الْعَبْدِيَّ فِي جِذْعِ نَخْلَةٍ ... فَلَا عَطَسَتْ شَيْبَانُ إِلَّا بِأَجْدَعَا فَقَطَّعَ وَصَلَّبَ حَتَّى مَاتُوا رَحِمَهُمُ اللَّهُ تَعَالَى. وَقَرَأَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ هُنَا وَفِي الْأَعْرَافِ " فَلَأُقَطِّعَنَّ ٢٠: ٧١" " وَلَأُصَلِّبَنَّكُمْ" بِفَتْحِ الْأَلِفِ وَالتَّخْفِيفِ مِنْ قَطَعَ وَصَلَبَ. (وَلَتَعْلَمُنَّ أَيُّنا أَشَدُّ عَذاباً وَأَبْقى) ٢٠: ٧١ يَعْنِي أَنَا أَمْ رب موسى.
(١). العبارة هنا على إطلاقها تفيد أن هذه قراءة الجمهور. والجمهور قرأ: (كَيْدُ ساحِرٍ) ٢٠: ٦٩ برفع (كَيْدُ) كما في (البحر) وغيره قال في البحر: وقرا الجمهور: (كَيْدُ) بالرفع. (٢). راجع ج ٢ ص ٤٣ فما بعد. (٣). راجع ج ٧ ص ٢٥٩. (٤). راجع ج ١٣ ص ٣٣٩.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies