Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

en conservant sa forme originelle afin que cela soit connu. Le Très-Haut a bien dit :
« Le Diable s’est rendu pleinement maître d’eux » (al-Mujādalah, 19),
Il n’a pas dit « istaḥādha ». Cette forme est donc venue pour indiquer l’état primitif ; de même dans la parole : « In hādhāni ». Il n’y a lieu de tenir compte de l’objection de ceux qui ont nié cette langue, dès lors que les imams l’ont transmise.

Deuxième opinion : « inّ » y aurait le sens de « na‘am » (oui).
Al-Kisāʾī rapporte d’après ‘Āṣim : les Arabes emploient « inّ » au sens de « na‘am ». Sībawayh rapporte que « inّ » peut signifier « ʾajal » (certes). C’est vers cette opinion que penchaient Muḥammad b. Yazīd et Ismāʿīl b. Isḥāq le Qāḍī.
An-Naḥḥās dit : j’ai vu Abū Isḥāq az-Zajjāj et ‘Alī b. Sulaymān l’adopter également.
Az-Zamakhsharī : Abū Isḥāq en fut charmé.
An-Naḥḥās poursuit : ‘Alī b. Sulaymān nous a rapporté, il nous dit : ʿAbd Allāh b. Aḥmad b. ʿAbd as-Salām an-Naysābūrī nous a rapporté ; puis je rencontrai ʿAbd Allāh b. Aḥmad qui me transmit lui-même : ʿUmayr b. al-Mutawakkil nous a rapporté, disant : Muḥammad b. Mūsā an-Nawfalī — un descendant de Ḥarth b. ʿAbd al-Muṭṭalib — nous a rapporté, disant : ʿUmar b. Jumayʿ al-Kūfī, d’après Jaʿfar b. Muḥammad, d’après son père, d’après ʿAlī — c’est-à-dire Ibn al-Ḥusayn — d’après son père, d’après ʿAlī b. Abī Ṭālib — qu’Allah soit satisfait d’eux tous — a dit :
« Je ne saurais compter combien de fois j’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — dire sur son minbar :
“Inn al-ḥamda lillāh, naḥmaduhu wa nastaʿīnuhu”,
puis déclarer :
“Je suis le plus éloquent de tout Quraysh, et, après moi, le plus éloquent d’entre eux est Abān b. Saʿīd b. al-ʿĀṣ.” »
Abū Muḥammad al-Khaffāf rapporte qu’ʿUmayr dit : Selon les maîtres de la langue et du iʿrāb, la construction correcte est « inna al-ḥamda lillāh », avec « al-ḥamda » à l’accusatif ; cependant les Arabes emploient « inna » avec le sens de « na‘am », comme si le Prophète — paix et bénédictions sur lui — avait voulu dire : « Oui, la louange appartient à Allah. » Les orateurs de la Jāhiliyyah ouvraient en effet leurs sermons par « na‘am ».

Un poète a dit, utilisant « inna » pour « na‘am » :
« Ils ont dit : “Tu as trahi !” J’ai répondu : “Inna (oui) ; et bien souvent
le traître atteint la gloire et apaise la rancœur.” »

ʿAbd Allāh b. Qays ar-Ruqayyāt a chanté :
« De bon matin les censeurs sont venus me blâmer,
je les blâme à mon tour.
Ils disent : “La blancheur des cheveux t’a gagné,
tu as vieilli !” J’ai répondu : “Innah (oui).” »

Ainsi, il est permis d’entendre dans la Parole du Très-Haut :
« In hādhāni la-sāḥirāni »
le sens de : « Oui, ces deux-là sont des magiciens », sans que le mot soit décliné.

An-Naḥḥās dit : Dāwūd b. al-Haytham me récita, Thalab lui ayant récité :
« Ah ! saurais-je s’il est un remède pour l’amoureux
contre l’incendie de son amour pour elles ? Oui, (ce serait) la rencontre. »

عَلَى أَصْلِهِ لِيُعْلَمَ ذَلِكَ، وَقَدْ قَالَ تَعَالَى " اسْتَحْوَذَ عَلَيْهِمُ الشَّيْطانُ" «١» [المجادلة: ١٩] وَلَمْ يَقُلِ اسْتَحَاذَ، فَجَاءَ هَذَا لِيَدُلَّ عَلَى الْأَصْلِ، وَكَذَلِكَ " إِنْ هَذَانِ" وَلَا يُفَكَّرُ فِي إنكار من أنكر هذه اللغة إذ كَانَ الْأَئِمَّةُ قَدْ رَوَوْهَا. الْقَوْلُ الثَّانِي: أَنْ يَكُونَ " إِنْ" بِمَعْنَى نَعَمْ، كَمَا حَكَى الْكِسَائِيُّ عَنْ عَاصِمٍ قَالَ: الْعَرَبُ تَأْتِي بِ "- إِنْ" بِمَعْنَى نَعَمْ، وَحَكَى سِيبَوَيْهِ أَنَّ " إِنْ" تَأْتِي بِمَعْنَى أَجَلْ، وَإِلَى هَذَا الْقَوْلِ كَانَ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ وَإِسْمَاعِيلُ بْنُ إِسْحَاقَ الْقَاضِي يَذْهَبَانِ، قَالَ النَّحَّاسُ: وَرَأَيْتُ أَبَا إِسْحَاقَ الزَّجَّاجَ وَعَلِيَّ بْنَ سُلَيْمَانَ يَذْهَبَانِ إِلَيْهِ. الزَّمَخْشَرِيُّ: وَقَدْ أُعْجِبَ بِهِ أَبُو إِسْحَاقَ. النَّحَّاسُ: وَحَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ سُلَيْمَانَ، قَالَ حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ أَحْمَدَ بْنِ عَبْدِ السَّلَامِ النَّيْسَابُورِيُّ، ثُمَّ لَقِيتُ عَبْدَ الله بن أحمد [هذا «٢» ] فَحَدَّثَنِي، قَالَ حَدَّثَنِي عُمَيْرُ بْنُ الْمُتَوَكِّلِ، قَالَ حدثنا محمد ابن موسى النوفلي من ولد حرث بْنِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ، قَالَ حَدَّثَنَا عُمَرُ بْنُ جميع الكوفي عن جعفر ابن مُحَمَّدٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ عَلِيٍّ- وَهُوَ ابْنُ الْحُسَيْنِ- عَنْ أَبِيهِ عَنْ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ رِضْوَانُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ أَجْمَعِينَ، قَالَ: لَا أُحْصِي كَمْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ عَلَى مِنْبَرِهِ: " إِنَّ الْحَمْدُ لِلَّهِ نَحْمَدُهُ وَنَسْتَعِينُهُ" ثُمَّ يَقُولُ: " أَنَا أَفْصَحُ قريش كلها وأفصحها بعدي أبان ابن سَعِيدِ بْنِ الْعَاصِ" قَالَ أَبُو مُحَمَّدٍ الْخَفَّافُ قَالَ عُمَيْرٌ: إِعْرَابُهُ عِنْدَ أَهْلِ الْعَرَبِيَّةِ وَالنَّحْوِ " إِنَّ الْحَمْدَ لِلَّهِ" بِالنَّصْبِ إِلَّا أَنَّ الْعَرَبَ تَجْعَلُ " إِنَّ" فِي مَعْنَى نَعَمْ كَأَنَّهُ أَرَادَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَعَمِ الْحَمْدُ لِلَّهِ، وذلك أن خطباء الجاهلية كانت تفتتح [في «٣» ] خُطَبَهَا بِنَعَمْ. وَقَالَ الشَّاعِرُ فِي مَعْنَى نَعَمْ: قَالُوا غَدَرْتَ فَقُلْتُ إِنَّ وَرُبَّمَا ... نَالَ الْعُلَا وَشَفَى الْغَلِيلَ الْغَادِرُ وَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ قَيْسُ الرُّقَيَّاتِ: بَكَرَ الْعَوَاذِلُ فِي الصَّبَا ... حَ يَلُمْنَنِي وَأَلُومُهُنَّهْ وَيَقُلْنَ شَيْبٌ قَدْ عَلَا ... كَ وَقَدْ كَبِرْتَ فَقُلْتُ إِنَّهْ فَعَلَى هَذَا جَائِزٌ أَنْ يَكُونَ قَوْلُ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ: " إِنْ هَذَانِ لَسَاحِرَانِ" بِمَعْنَى نَعَمْ وَلَا تُنْصَبُ. قَالَ النَّحَّاسُ: أَنْشَدَنِي دَاوُدُ بْنُ الْهَيْثَمِ، قَالَ أَنْشَدَنِي ثَعْلَبٌ: لَيْتَ شِعْرِي هَلْ لِلْمُحِبِّ شِفَاءٌ ... مِنْ جوى حبهن إن اللقاء
(١). راجع ج ١٧ ص ٣٠٥. (٢). الزيادة من (إعراب القرآن) للنحاس. [ ..... ] (٣). من ب وج وط وك

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