Ils disent : « Sont venus les deux Zayd ; j’ai vu les deux Zayd ; je suis passé auprès des deux Zayd. »
Parmi les exemples coraniques figure également la parole du Très-Haut : « وَلا أَدْراكُمْ بِهِ » (Yûnus, 16), comme il a été expliqué précédemment.
Al-Farrâ’ a cité – de la part d’un homme des Banû Asad, ajoutant : « Je n’ai jamais vu plus éloquent que lui » – le vers suivant :
« Il baissa la tête tel le serpent ; si le serpent avait trouvé un passage pour sa dent, il aurait mordu sans relâche. »
Ils disent encore : « J’ai brisé ses deux mains » et « Je suis monté sur son dessus », c’est-à-dire : sur ses deux mains et sur lui.
Leur poète a dit :
« Il emporta de nous, entre ses deux oreilles, un coup
qui l’expédia vers la poussière balayée, stérile. »
Un autre a dit :
« Ils se sont élancés au-dessus d’elles ; alors élance-toi au-dessus d’elle ! »,
c’est-à-dire : sur elles et sur elle.
Un autre encore a dit :
« En vérité, son père et le père de son père
ont atteint, dans la gloire, ses deux sommets »,
autrement dit : le père de son père et son sommet.
Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs déclare : « Cette interprétation est l’une des meilleures que l’on ait appliquées au verset, car cette tournure est connue, et elle a été rapportée par des hommes dont la science et la probité sont reconnues : Abû Zayd al-Anṣârî – celui dont Sîbawayh affirme : “Lorsque je dis : ‘Quelqu’un en qui j’ai confiance m’a rapporté’, je ne désigne que lui” –, Abû al-Khaṭṭâb al-Akhfash, l’un des maîtres de la langue, al-Kisâʾî et al-Farrâ’. Tous ont affirmé qu’il s’agit de la langue des Banû al-Ḥârith b. Kaʿb. Abû ʿUbaydah rapporte d’Abû al-Khaṭṭâb que c’est la langue des Banû Kinânah. »
Al-Mahdawî ajoute : « D’autres ont rapporté que c’est la langue de Khathʿam. »
An-Naḥḥâs poursuit : « Parmi les preuves les plus claires figure la parole de Sîbawayh : ‘Sache que, lorsque tu mets un mot au duel, tu y ajoutes deux lettres, dont la première est une lettre d’allongement et de douceur, c’est-à-dire la lettre de l’analyse grammaticale.’ »
Abû Jaʿfar commente : « La parole de Sîbawayh – ‘c’est la lettre de l’analyse grammaticale’ – implique que, par principe, elle ne doit pas changer ; dès lors, l’expression : ‘إِنْ هَذَان’ est conforme à ce principe. »