Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La clarté du matin (ḍaḥwah) correspond au moment qui suit immédiatement le lever du soleil ; vient ensuite le ḍuḥā, c’est-à-dire l’instant où l’astre brille pleinement. Le terme ḍuḥā, terminé par une alif maqṣûra, se rencontre au féminin comme au masculin ; celui qui le traite au féminin considère qu’il est le pluriel de ḍaḥwah, tandis que celui qui l’emploie au masculin le tient pour un nom bâti sur le schème « faʿl » – à l’instar de ṣurad et nughar (noms d’oiseaux). Il s’agit d’un complément de temps (ẓarf) « non autonome », tel que saḥar.
On dira : « Je l’ai rencontré ḍuḥā », et on peut dire également « ḍuḥā » sans tanwîn, lorsque l’on entend par là le ḍuḥā de son propre jour. Vient ensuite le ḍuḥāʾ (avec alif prolongée), masculin, qui désigne le moment où le soleil atteint son zénith matinal, le plus haut de la matinée. Le passage du texte a retenu le terme ḍuḥā parce qu’il marque le début du jour ; si l’affaire s’était prolongée, la journée offrait encore une large plage de temps.

Il est rapporté d’Ibn Masʿûd, d’al-Jaḥdarî et d’autres qu’ils lisaient : « wa-an yuḥshara an-nâsu ḍuḥā » (20 : 59) avec le sens : « et que Dieu rassemble les gens». Certains récitants lisaient : « wa-an taḥshura an-nâsa », c’est-à-dire : « et que toi, Pharaon, tu rassembles les gens » ; et al-Jaḥdarî rapporta également la lecture « wa-an naḥshura » (avec la première personne du pluriel). Moïse leur fixa ce jour-là afin que la Parole d’Allâh soit élevée, que Sa religion soit manifestée, que le mécréant soit humilié et que le faux périsse sous les yeux de la foule compacte ; cela afin de fortifier le désir de quiconque recherche la vérité, d’émousser le tranchant des partisans de l’erreur et de leurs adeptes, de multiplier les récits qui diffuseraient cette affaire dans chaque désert et chaque cité, et qu’elle se répande chez les habitants des tentes comme chez ceux des constructions en pierre.

Parole du Très-Haut :
« Pharaon se détourna alors, rassembla sa ruse » (20 : 60), c’est-à-dire ses stratagèmes et sa magie ; l’intention est qu’il regroupa les magiciens. Ibn ʿAbbâs dit : ils étaient soixante-douze magiciens, chacun d’eux muni de cordes et de bâtons. D’autres ont dit : ils étaient quatre cents ; d’autres : douze mille ; d’autres encore : quatorze mille. Ibn al-Munkadir a déclaré : quatre-vingt mille. Il fut également avancé qu’ils étaient placés sous l’autorité d’un chef nommé Shamʿûn ; pour d’autres, il s’appelait Yûḥannâ, assisté de douze naqîb (délégués), chacun ayant vingt ʿarîf (caporaux), et chaque ʿarîf commandant mille magiciens. On a même dit qu’il y avait trois cent mille magiciens venus du Fayyoum, trois cent mille de la Haute-Égypte et trois cent mille de la campagne, totalisant neuf cent mille, leur chef étant aveugle.

« Puis il vint » (20 : 60), c’est-à-dire qu’il se rendit au rendez-vous fixé.

« Moïse leur dit » – c’est-à-dire à Pharaon et aux magiciens – « Malheur à vous ! » : une imprécation appelant sur eux le malheur, employée ici comme un nom verbal.
Abû Isḥâq az-Zajjâj explique qu’il est à l’accusatif, signifiant : « Qu’Allâh leur impose le malheur ». Il est également permis d’y voir une interpellation, comme dans la parole divine : « Ô malheur à nous ! Qui nous a ressuscités ? » (Yâ-Sîn, 52).

« Ne fabriquez pas de mensonge contre Allâh » (20 : 61) : ne Lui attribuez donc pas des mensonges, ne Lui associez rien et ne qualifiez pas les miracles de sorcellerie.

« Il vous anéantirait alors par un châtiment » (20 : 61) : c’est-à-dire qu’Il vous exterminerait en vous frappant de perdition.

ضَحْوَةُ النَّهَارِ بَعْدَ طُلُوعِ الشَّمْسِ، ثُمَّ بَعْدَهُ الضحا وَهِيَ حِينَ تُشْرِقُ الشَّمْسُ، مَقْصُورَةً تُؤَنَّثُ وَتُذَكَّرُ، فَمَنْ أَنَّثَ ذَهَبَ إِلَى أَنَّهَا جَمْعُ ضَحْوَةٍ، وَمَنْ ذَكَّرَ ذَهَبَ إِلَى أَنَّهُ اسْمٌ عَلَى فِعْلٍ مِثْلَ صُرَدٍ وَنُغَرٍ، وَهُوَ ظَرْفٌ غَيْرُ مُتَمَكِّنٍ مِثْلَ سَحَرٍ، تَقُولُ: لَقِيتُهُ ضُحًا، وَضُحَا إذ أَرَدْتَ بِهِ ضُحَا يَوْمِكَ لَمْ تُنَوِّنْهُ، ثُمَّ بَعْدَهُ الضَّحَاءُ مَمْدُودٌ مُذَكَّرٌ، وَهُوَ عِنْدَ ارْتِفَاعِ النهار الأعلى. وخص الضحا لِأَنَّهُ أَوَّلُ النَّهَارِ، فَلَوِ امْتَدَّ الْأَمْرُ فِيمَا بَيْنَهُمْ كَانَ فِي النَّهَارِ مُتَّسَعٌ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَالْجَحْدَرِيِّ وَغَيْرِهِمَا: " وَأَنْ يُحْشَرَ النَّاسُ ضُحًى ٢٠: ٥٩" عَلَى مَعْنَى وَأَنْ يَحْشُرَ اللَّهُ النَّاسَ وَنَحْوِهِ. وَعَنْ بَعْضِ الْقُرَّاءِ " وَأَنْ تَحْشُرَ النَّاسَ" وَالْمَعْنَى وَأَنْ تَحْشُرَ أَنْتَ يَا فِرْعَوْنُ النَّاسَ وَعَنِ الْجَحْدَرِيِّ أَيْضًا " وَأَنْ نَحْشُرَ" بِالنُّونِ وَإِنَّمَا وَاعَدَهُمْ ذَلِكَ الْيَوْمَ لِيَكُونَ عُلُوُّ كَلِمَةِ اللَّهِ، وَظُهُورُ دِينِهِ، وَكَبْتُ الْكَافِرِ، وَزُهُوقُ الْبَاطِلِ عَلَى رُءُوسِ الْأَشْهَادِ، وَفِي الْمَجْمَعِ الْغَاصِّ لِتَقْوَى رَغْبَةُ مَنْ رَغِبَ فِي الْحَقِّ، وَيَكِلَّ حَدَّ الْمُبْطِلِينَ وَأَشْيَاعِهِمْ، وَيُكْثِرَ الْمُحَدِّثُ بِذَلِكَ الْأَمْرِ الْعِلْمَ فِي كُلِّ بَدْوٍ وَحَضَرٍ، وَيَشِيعَ فِي جَمْعِ أَهْلِ الْوَبَرِ وَالْمَدَرِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَتَوَلَّى فِرْعَوْنُ فَجَمَعَ كَيْدَهُ) ٢٠: ٦٠ أَيْ حِيَلَهُ وَسِحْرَهُ، وَالْمُرَادُ جَمْعُ السَّحَرَةِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانُوا اثْنَيْنِ وَسَبْعِينَ سَاحِرًا، مَعَ كُلِّ سَاحِرٍ مِنْهُمْ حِبَالٌ وَعِصِيٌّ. وَقِيلَ: كَانُوا أَرْبَعَمِائَةٍ. وَقِيلَ: كَانُوا اثْنَيْ عَشَرَ أَلْفًا. وَقِيلَ: أربعة عشرا أَلْفًا. وَقَالَ ابْنُ الْمُنْكَدِرِ: كَانُوا ثَمَانِينَ أَلْفًا. وقيل: كانوا مجتمعين عَلَى رَئِيسٍ يُقَالُ لَهُ شَمْعُونُ. وَقِيلَ: كَانَ اسْمُهُ يُوحَنَّا مَعَهُ اثْنَا عَشَرَ نَقِيبًا، مَعَ كُلِّ نَقِيبٍ عِشْرُونَ عَرِيفًا، مَعَ كُلِّ عَرِيفٍ ألف ساحر. وقيل كانوا ثلاثمائة ألف ساحر من الفيوم، وَثَلَاثَمِائَةِ أَلْفِ سَاحِرٍ مِنَ الصَّعِيدِ، وَثَلَاثَمِائَةِ أَلْفِ سَاحِرٍ مِنَ الرِّيفِ، فَصَارُوا تِسْعَمِائَةِ أَلْفٍ وَكَانَ رَئِيسُهُمْ أَعْمَى. (ثُمَّ أَتى) ٢٠: ٦٠ أَيْ أَتَى الْمِيعَادُ. (قالَ لَهُمْ مُوسى) أَيْ قَالَ لِفِرْعَوْنَ وَالسَّحَرَةِ (وَيْلَكُمْ) دُعَاءٌ عَلَيْهِمْ بِالْوَيْلِ. وَهُوَ بِمَعْنَى الْمَصْدَرِ. وَقَالَ أَبُو إِسْحَاقَ الزَّجَّاجُ: هُوَ مَنْصُوبٌ بِمَعْنَى أَلْزَمَهُمُ اللَّهُ وَيْلًا. قَالَ: وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ نِدَاءً كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " يَا وَيْلَنا مَنْ بَعَثَنا" «١» [يس: ٥٢] (لَا تَفْتَرُوا عَلَى اللَّهِ كَذِباً) ٢٠: ٦١ أَيْ لَا تَخْتَلِقُوا عَلَيْهِ الْكَذِبَ، وَلَا تُشْرِكُوا بِهِ، وَلَا تَقُولُوا لِلْمُعْجِزَاتِ إِنَّهَا سِحْرٌ. (فَيُسْحِتَكُمْ بِعَذابٍ) ٢٠: ٦١ مِنْ عنده أي يستأصلكم بالإهلاك.
(١). راجع ج ١٥ ص ٣٩ فما بعد.

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