L’interrogation : le sens est donc « Observe donc s’il se remémore ».
On a dit : elle est à la signification de « kay » (afin que).
Et l’on a dit encore : il s’agit, de la part d’Allâh – Exalté soit-Il –, d’un discours rapporté concernant la parole de Hârûn à Mûsâ : « Peut-être se souviendra-t-il ou craindra-t-il », ainsi l’a expliqué al-Ḥasan.
D’autres ont affirmé que, partout dans le Coran, les particules « la‘alla » et « ‘asâ » [traduites par « peut-être »] renvoient en réalité à ce qui s’est effectivement produit.
Pharaon, en effet, se rappela lorsque la noyade l’atteignit et il eut peur ; il déclara alors :
« Je crois qu’il n’est point de divinité en dehors de Celui en qui ont cru les fils d’Israël, et je suis du nombre des Musulmans » (Yûnus, 10 : 90).
Mais cette foi ne lui fut d’aucune utilité, ont noté Abû Bakr al-Warrâq et d’autres.
Yahyâ b. Mu‘âdh dit à propos de ce verset : « Voilà Ta mansuétude envers celui qui dit : “Je suis la divinité”. Que dire alors de Ta mansuétude envers celui qui dit : “C’est Toi la divinité” ? »
On a rapporté encore que Pharaon pencha vers la parole de Mûsâ lorsqu’il l’appela, qu’il consulta son épouse ; celle-ci crut et l’exhorta à la foi. Il consulta alors Hâmân qui lui dit : « Ne le fais pas ; après avoir été maître tu deviendras esclave, et après avoir été seigneur tu deviendras soumis. » Il ajouta : « Je vais te rendre jeune à nouveau » ; il teignit donc sa barbe en noir et fut le premier à l’avoir fait.
Sourate Tâ-Hâ (20), verset 45 :
« Ils dirent : “Seigneur, nous craignons qu’il ne se précipite contre nous ou ne transgresse.” »
Le Très-Haut dit :
(« Ils dirent : “Seigneur, nous craignons qu’il ne se précipite contre nous ou ne transgresse.” ») (20 : 45)
Ad-Ḍaḥḥâk expliqua :
« yafruta » signifie : qu’il se hâte.
Et : « yaṭghâ » : qu’il commette l’injustice.
An-Naḥḥâs rapporte : le sens implicite est « Nous craignons qu’il ne surgisse de lui quelque acte envers nous ».
Al-Farrâ’ dit : « farata minhu amrun » : une affaire s’est précipitée de sa part ; et « afrata » : il a outrepassé ; « farraṭa » : il a délaissé.
La lecture majoritaire rend « yafruta » avec fatḥa sur le yâ’ et ḍamma sur le râ’, signifiant : qu’il se hâte et s’empresse de nous châtier. On dit : « farata minnî amrun » – une action s’est précipitée de moi. De là provient « al-fâriṭ » pour celui qui précède la caravane vers l’eau. C’est-à-dire : qu’il nous châtie d’un châtiment semblable à celui qui devance dans la faute, comme l’a indiqué al-Mubarrid.
Un groupe – parmi eux Ibn Muḥayṣin – a lu « yafrata » avec la fatḥa sur le yâ’ et sur le râ’. Al-Mahdawî commente : il s’agit sans doute d’un dialecte. On rapporte de lui également la lecture avec ḍamma sur le yâ’ et fatḥa sur le râ’, dont le sens est : qu’un mobile de précipitation le pousse vers nous.
Un autre groupe lit « yufriṭa » avec ḍamma sur le yâ’ et kasra sur le râ’ ; telle est la lecture d’Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima et (dans une autre voie) d’Ibn Muḥayṣin. Son sens est : qu’il devienne excessif dans le tort qu’il nous cause. Le rajaz dit :
« Qad afraṭa l-‘ilju ‘alaynâ wa ‘ajal »
(« L’impie est bien allé trop loin contre nous et s’est hâté »).
Sourate Tâ-Hâ (20), verset 46 :
« Il dit : “Ne craignez rien ; Je suis certes avec vous deux, J’entends et Je vois.” »