L’ennemi d’Allah en conçut un attachement si ardent qu’il lui était impossible de s’en passer. Le sens apparent du Coran indique, en effet, que la mer déposa le coffret sur son rivage ; Pharaon le vit alors sur la berge et ordonna qu’on l’emportât. Il se peut aussi que le fleuve l’ait rejeté en un point du littoral où se trouvait l’embouchure du canal de Pharaon, puis que le courant l’ait conduit jusqu’au bassin ; Allah est le plus Savant.
On rapporte que la fille de Pharaon le trouva ; elle souffrait de vitiligo, et lorsqu’elle ouvrit le coffret, elle fut guérie. Il est également transmis que, lorsqu’ils repêchèrent le coffret, ils tentèrent de l’ouvrir sans y parvenir, puis cherchèrent à le briser sans succès. Âsiyah s’approcha, vit une lumière à l’intérieur, manipula le coffret et l’ouvrit ; un nourrisson apparut, la clarté entre les deux yeux, suçant son pouce dont s’écoulait du lait, et ils l’aimèrent aussitôt. Pharaon avait lui-même une fille atteinte de vitiligo ;
les médecins lui avaient dit : « Elle ne guérira que grâce à la salive d’un être humain trouvé du côté de la mer ». La fillette enduisit donc ses taches de la salive de l’enfant et fut guérie ; d’autres disent qu’elle guérit dès qu’elle contempla son visage – Allah est le plus Savant.
Selon un autre récit, ce sont les servantes de l’épouse de Pharaon qui le trouvèrent. Lorsque Pharaon le regarda, il vit un enfant au visage des plus radieux et l’aima. C’est à ce propos que le Très-Haut dit :
« Et J’ai fait descendre sur toi, de Ma part, un amour (et une affection) » (20 : 39).
Ibn ‘Abbâs – qu’Allah l’agrée – dit : « Allah l’a aimé et l’a rendu aimable aux yeux de Ses créatures. » Ibn ‘Atiyyah précise : « Il plaça sur lui une onction de beauté telle que quiconque le voyait ne pouvait se retenir de l’aimer. » Qatâdah rapporte : « Il y avait dans les yeux de Mûsâ un éclat ; quiconque le voyait l’aimait et s’éprenait de lui. » ‘Ikrimah dit : « J’ai mis en toi beauté et charme, si bien que personne ne te voit sans t’aimer. » At-Tabarî commente : « C’est-à-dire : J’ai fait descendre sur toi Ma miséricorde. » Ibn Zayd ajoute : « J’ai inspiré l’affection envers toi à quiconque te voyait, de sorte que Pharaon lui-même t’aima et tu fus ainsi préservé de son mal, et Âsiyah bint Muzâhim t’aima et t’adopta. »
« Et pour que tu sois élevé sous Mon œil » (20 : 39). Ibn ‘Abbâs – qu’Allah l’agrée – explique : c’est-à-dire : « Tout cela s’est déroulé sous Mon regard : lorsque tu fus placé dans le coffret, lorsque celui-ci fut jeté à la mer, puis lorsque les servantes de l’épouse de Pharaon te recueillirent et voulurent l’ouvrir pour voir ce qu’il contenait. » L’une d’elles dit : « Ne l’ouvrez pas avant de le présenter à votre maîtresse ; ainsi vous gagnerez ses faveurs et elle ne vous soupçonnera pas d’avoir découvert quelque chose que vous auriez voulu garder pour vous. » L’épouse de Pharaon ne buvait d’eau que celle que ces servantes puisaient pour elle. Elles lui apportèrent donc le coffret fermé ; lorsqu’elle l’ouvrit, elle vit un enfant comme on n’en avait jamais vu, et l’amour pour lui fut inspiré en son cœur ; elle le prit et se rendit auprès de Pharaon en disant :
« Il sera pour moi et pour toi un plaisir des yeux » (al-Qasas, 9).
Pharaon lui répondit : « Pour toi, oui ; pour moi, non. » Il nous est parvenu que le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — a dit : « Si Pharaon avait dit… »