Hârûn était plus charnu que Mûsâ, de taille plus élevée, au corps plus clair et à la langue plus éloquente. Il mourut trois ans avant Mûsâ. Hârûn portait une tache (marque) sur le front, tandis que Mûsâ avait une tache sur l’extrémité de son nez et une autre sur le bout de sa langue ; nul n’en avait eu auparavant et nul n’en aura après lui. Il fut dit que cette dernière fut la cause du nœud (bégaiement) qui entravait sa langue – Allâh est plus Savant.
« Et associe-le à ma mission » : c’est-à-dire à la prophétie et à la transmission du Message.
Les exégètes rapportent : ce jour-là, Hârûn se trouvait en Égypte. Allâh ordonna donc à Mûsâ d’aller le rejoindre, et Il révéla à Hârûn, alors en Égypte, de partir accueillir Mûsâ. Hârûn alla donc à sa rencontre sur une étape de route et Mûsâ l’informa de ce qui lui avait été révélé. Mûsâ lui dit : « Allâh m’a commandé de me rendre auprès de Pharaon ; j’ai donc imploré mon Seigneur afin qu’Il te fasse venir avec moi comme Messager. »
La majorité des lecteurs ont prononcé : « Ô mon frère, raffermis [mon dos] » en reliant l’alif et « et associe-le » avec la hamza ouverte, formule d’invocation signifiant : « Raffermis, ô Seigneur, mon dos par son concours et associe-le à ma mission. » Ibn ‘Âmir, Yahyâ ibn al-Hârith, Abû Ḥaywah, al-Ḥasan et ‘Abd Allâh ibn Abî Isḥâq ont lu « ashdud » avec coupure de l’alif et « wa-ashrik-hu » [avec la hamza dammée, c’est-à-dire : « c’est moi qui le fais ; je raffermis par lui mon dos et je l’associe… »], autrement dit : « quant à moi, ô Seigneur, (je l’associe) à ma mission. »
An-Naḥḥâs dit : ils ont placé les deux verbes au mode jussif en réponse à la parole : « Désigne-moi un ministre issu de ma famille » (20 : 29). Cette lecture est isolée et lointaine, car la réponse à un tel énoncé ne se conçoit qu’au moyen de la condition et de la rétribution ; le sens serait alors : « Si Tu m’accordes un ministre issu de ma famille, je renforcerai par lui mon dos et je l’associerai à ma mission. » Or sa mission est la prophétie et la messagerie, chose qui ne dépend pas de lui – paix sur lui – pour en disposer ; il ne fit qu’implorer Allâh, le Puissant et Majestueux, de l’associer à lui dans la prophétie. Ibn Kathîr et Abû ‘Umar ont ouvert la yâ de « akhî » (mon frère).
« Afin que nous Te glorifiions abondamment » (20 : 33). Il a été dit que « Te glorifier » signifie ici « prier pour Toi » ; il est également possible que le tasbîḥ se fasse par la langue, c’est-à-dire : Te déclarer transcendé de ce qui ne sied pas à Ta majesté. « Abondamment » est l’épithète d’un maṣdar sous-entendu, et peut aussi être l’épithète d’un temps déterminé. L’assimilation consonantique y est bonne, de même pour : « et que nous Te mentionnions abondamment » (20 : 34).
« En vérité, Tu as toujours été Clairvoyant à notre égard » (20 : 35). Al-Khaṭṭâbî dit : « al-Baṣîr » signifie Celui qui voit, et signifie aussi Celui qui connaît les réalités cachées. Le sens est donc : Tu es Savant de notre état, Tu nous as entourés de Ton regard alors que nous étions petits et Tu nous as accordé Ta bienfaisance ; accorde-nous Ta grâce de la même manière, ô Seigneur…
[Sourate Ṭâ-Hâ (20) : versets 36 à 42]
Il dit : « Certes, il t’a été accordé ce que tu demandes, ô Mûsâ (36) ; et Nous t’avons déjà accordé un autre bienfait (37) lorsque Nous révélâmes à ta mère ce qui devait être révélé (38) : “Dépose-le dans le coffret ; puis jette-le dans le fleuve : le fleuve le rejettera sur la rive, afin qu’un ennemi à Moi et à lui le recueille. – Et J’ai fait éclore sur toi un amour émanant de Moi afin que tu sois façonné sous Mon œil (39). – Lorsque ta sœur avançait et disait : ‘Voulez-vous que je vous indique quelqu’un qui se chargera de lui ?’ Nous te rendîmes alors à ta mère pour que son œil se réjouisse et qu’elle ne s’attriste plus. – Tu tuas ensuite un homme ; Nous te sauvâmes de l’angoisse et Nous t’éprouvâmes de diverses manières. – Tu demeuras des années parmi les gens de Madyan ; puis tu vins, ô Mûsâ, conformément à un décret (40). – Je t’ai façonné pour Moi-même (41). – Va, toi et ton frère, munis de Mes signes, et ne fléchissez point dans Mon rappel (42).”