Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Aḥmad ibn Ḥanbal a dit : « Celui qui se souvient d’une prière (qu’il n’a pas accomplie) alors qu’il se trouve déjà engagé dans une autre, qu’il termine d’abord la prière qu’il est en train d’accomplir, puis qu’il rattrape celle dont il vient de se rappeler. Ensuite, il répétera la prière qu’il était en train d’effectuer si le temps prescrit est encore large ; mais s’il craint, pendant qu’il l’accomplit, que le temps ne s’achève, j’estime qu’il ne la répétera pas ; cette prière sera alors valable pour lui, et il ne lui restera qu’à s’acquitter de celle qu’il doit rattraper.

Mālik a dit : « Celui qui se rappelle une prière alors qu’il est en train d’en accomplir une autre et qu’il en a déjà prié deux rakʿa – après avoir prononcé le salut de deux rakʿa –, si c’est un imam, sa prière s’écroule pour lui et pour ceux qui sont derrière lui, et elle devient caduque. » Tel est l’avis apparent de l’école de Mālik ; toutefois, pour les jurisconsultes de son école qui se livrent à l’analyse, il n’en va pas ainsi. En effet, Mālik a également dit au sujet de celui qui se souvient d’une prière pendant une autre après avoir déjà prié une rakʿa : qu’il y ajoute une seconde rakʿa, puis qu’il prononce le salut. Et s’il s’en souvient dans une prière où il a déjà accompli trois rakʿa, il y ajoute une quatrième, prononce le salut et cette prière devient alors une surérogatoire valable. Si, comme on l’a mentionné, la prière devait être annulée et invalide, on ne lui ordonnerait pas d’y ajouter une autre rakʿa, tout comme, s’il avait perdu son état de pureté rituelle après une rakʿa, on ne lui demanderait pas d’en ajouter une seconde.

Septièmement : Muslim rapporte d’après Abū Qatādah qu’il dit : « Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – nous adressa un sermon dans lequel il mentionna longuement l’épisode de la miḍaʾa (le récipient d’ablution). Puis il dit :
(“N’avez-vous donc pas en moi un modèle ?”)
Il dit encore :
(“Il n’y a pas de négligence dans le sommeil ; la négligence n’est que pour celui qui n’accomplit pas la prière jusqu’à ce que vienne le temps de la prière suivante. Celui qui agit ainsi, qu’il la prie lorsqu’il se réveille ; puis, le lendemain, qu’il la prie à son heure.”)
Ad-Dāraquṭnī l’a également rapporté avec le même libellé que Muslim. Son sens extérieur impliquerait de répéter la prière rattrapée à deux reprises : une première fois lorsqu’on s’en souvient, puis de nouveau lorsque l’heure identique de la journée suivante arrive. Ce sens apparent est conforté par ce qu’a rapporté Abū Dāwūd du ḥadīth de ʿImrān ibn Ḥuṣayn, qui, après avoir mentionné l’histoire, rapporte ces paroles à la fin :
(“Quiconque parmi vous rattrape correctement la prière du matin demain, qu’il la rattrape alors une autre fois avec elle.”)

Je dis : ceci ne doit pas être compris selon son sens littéral ; la prière ne se répète pas plus d’une fois. En atteste ce qu’a rapporté ad-Dāraquṭnī d’après ʿImrān ibn Ḥuṣayn : « Nous avons voyagé avec le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – lors d’une expédition – ou dit-il, d’un détachement ; quand vint l’heure précédant l’aube, nous nous sommes arrêtés pour dormir. Nous ne nous sommes réveillés qu’au moment où la chaleur du soleil nous réveilla. Chacun de nous se leva alors, affolé et stupéfait. Lorsque le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – se réveilla, il nous ordonna de lever le camp ; nous marchâmes jusqu’à ce que le soleil se soit élevé. Les hommes satisfirent alors leurs besoins, puis il ordonna à Bilāl de faire l’appel à la prière ; nous priâmes deux rakʿa, puis il lui ordonna de prononcer l’iqāma et nous accomplîmes la prière de l’aube. Nous dîmes : “Ô Prophète d’Allah ! Ne la rattraperions-nous pas à son heure demain ?” Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – leur répondit :
(“Allah ne vous interdit-il pas l’usure, et pourtant vous voudriez l’accepter de votre part ?”)

Al-Khaṭṭābī a dit : “Je ne connais personne qui ait estimé cela obligatoire, et cela ressemble…”

أَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ أَنَّهُ قَالَ: مَنْ ذَكَرَ صَلَاةً وَهُوَ فِي أُخْرَى فَإِنَّهُ يُتِمُّهَا وَيَقْضِي الْمَذْكُورَةَ، وَأَعَادَ الَّتِي كَانَ فِيهَا إِذَا كَانَ الْوَقْتُ وَاسِعًا فَإِنْ خَشِيَ خُرُوجَ الْوَقْتِ وَهُوَ فِيهَا أَعْتَقِدُ أَلَّا يُعِيدَهَا، وَقَدْ أَجْزَأَتْهُ وَيَقْضِي الَّتِي عَلَيْهِ. وَقَالَ مَالِكٌ: مَنْ ذَكَرَ صَلَاةً وَهُوَ فِي صَلَاةٍ قَدْ صَلَّى مِنْهَا رَكْعَتَيْنِ سلم من ركعتين، فَإِنْ كَانَ إِمَامًا انْهَدَمَتْ عَلَيْهِ وَعَلَى مَنْ خَلْفَهُ وَبَطَلَتْ. هَذَا هُوَ الظَّاهِرُ مِنْ مَذْهَبِ مَالِكٍ، وَلَيْسَ عِنْدَ أَهْلِ النَّظَرِ مِنْ أَصْحَابِهِ كَذَلِكَ، لِأَنَّ قَوْلَهُ فِيمَنْ ذَكَرَ صَلَاةً فِي صَلَاةٍ قَدْ صَلَّى مِنْهَا رَكْعَةً أَنَّهُ يُضِيفُ إِلَيْهَا أُخْرَى وَيُسَلِّمُ. وَلَوْ ذَكَرَهَا فِي صَلَاةٍ قَدْ صَلَّى مِنْهَا ثَلَاثَ رَكَعَاتٍ أَضَافَ إِلَيْهَا رَابِعَةً وَسَلَّمَ، وَصَارَتْ نَافِلَةً غَيْرَ فَاسِدَةٍ وَلَوِ انْهَدَمَتْ عَلَيْهِ كَمَا ذَكَرَ وَبَطَلَتْ لَمْ يُؤْمَرْ أَنْ يُضِيفَ إِلَيْهَا أُخْرَى، كَمَا لَوْ أَحْدَثَ بَعْدَ رَكْعَةٍ لَمْ يُضِفْ إِلَيْهَا أُخْرَى. السَّابِعَةُ- رَوَى مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي قَتَادَةَ قَالَ: خَطَبَنَا رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَذُكِرَ حَدِيثَ الْمِيضَأَةِ بِطُولِهِ، وَقَالَ فِيهِ ثُمَّ قَالَ: (أَمَا لَكُمْ فِيَّ أُسْوَةٌ) ثُمَّ قَالَ: (أَمَا إِنَّهُ لَيْسَ فِي النَّوْمِ تَفْرِيطٌ إِنَّمَا التَّفْرِيطُ على من لم يصل الصلاة حتى يجئ وَقْتُ الصَّلَاةِ الْأُخْرَى فَمَنْ فَعَلَ ذَلِكَ فَلْيُصَلِّهَا حِينَ يَنْتَبِهُ لَهَا فَإِذَا كَانَ الْغَدُ فَلْيُصَلِّهَا عِنْدَ وَقْتِهَا) وَأَخْرَجَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ هَكَذَا بِلَفْظِ مُسْلِمٍ سَوَاءٌ، فَظَاهِرُهُ يَقْتَضِي إِعَادَةَ الْمَقْضِيَّةِ مَرَّتَيْنِ عِنْدَ ذِكْرِهَا وَحُضُورِ مِثْلِهَا مِنَ الْوَقْتِ الْآتِي، وَيُعَضِّدُ هذا الظاهر ما أخرجه أَبُو دَاوُدَ مِنْ حَدِيثِ عِمْرَانَ بْنِ حُصَيْنٍ، وَذَكَرَ الْقِصَّةَ وَقَالَ فِي آخِرِهَا: (فَمَنْ أَدْرَكَ مِنْكُمْ صَلَاةَ الْغَدَاةِ مِنْ غَدٍ صَالِحًا فَلْيَقْضِ مَعَهَا مِثْلَهَا) . قُلْتُ: وَهَذَا لَيْسَ عَلَى ظَاهِرِهِ، وَلَا تُعَادُ غَيْرَ مَرَّةٍ وَاحِدَةٍ، لِمَا رَوَاهُ الدارقطني عن عمران ابن حُصَيْنٍ قَالَ: سَرَيْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي غَزَاةٍ- أَوْ قَالَ فِي سَرِيَّةٍ- فَلَمَّا كَانَ وَقْتُ السَّحَرِ عَرَّسْنَا، فَمَا اسْتَيْقَظْنَا حَتَّى أَيْقَظَنَا حَرُّ الشَّمْسِ، فَجَعَلَ الرَّجُلُ مِنَّا يَثِبُ فَزِعًا دَهِشًا، فَلَمَّا اسْتَيْقَظَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمْرَنَا فَارْتَحَلْنَا، ثُمَّ سِرْنَا حَتَّى ارْتَفَعَتِ الشَّمْسُ، فَقَضَى الْقَوْمُ حَوَائِجَهُمْ، ثُمَّ أَمَرَ بِلَالًا فَأَذَّنَ فَصَلَّيْنَا رَكْعَتَيْنِ، ثُمَّ أَمَرَهُ فَأَقَامَ فَصَلَّيْنَا الْغَدَاةَ، فَقُلْنَا: يَا نَبِيَّ اللَّهِ أَلَا نَقْضِيهَا لِوَقْتِهَا مِنَ الْغَدِ؟ فَقَالَ لَهُمْ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (أَيَنْهَاكُمُ اللَّهُ عَنِ الرِّبَا وَيَقْبَلُهُ مِنْكُمْ) . وَقَالَ الْخَطَّابِيُّ: لَا أَعْلَمُ أَحَدًا قَالَ بِهَذَا وُجُوبًا، وَيُشْبِهُ

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