(…la prière du) Maghrib. Cet énoncé est explicite quant à l’obligation de commencer par la prière manquée avant d’accomplir celle dont le temps est en cours, d’autant plus que, pour la prière du Maghrib, son horaire est unique, étroit et non extensible selon l’opinion la plus répandue chez nous et chez l’Imâm ach-Châfiʿî, comme il a été rappelé plus haut.
At-Tirmidhî a rapporté, d’après Abû ʿUbâydah ibn ʿAbdillâh ibn Masʿûd, d’après son père, que les polythéistes occupèrent le Messager d’Allâh – que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui – au jour du Fossé, au point de l’empêcher d’accomplir quatre prières, jusqu’à ce qu’une partie de la nuit fût passée selon ce qu’Allâh – Très-Haut – voulut. Il ordonna alors à Bilâl de faire l’adhân ; Bilâl se leva et appela à la prière, puis il fit l’iqâmah et le Prophète pria le ẓuhr, puis il fit de nouveau l’iqâmah et il pria le ʿaṣr, puis il fit l’iqâmah et il pria le Maghrib, puis il fit l’iqâmah et il pria le ʿishâ’. Les savants ont tiré de ce récit la preuve que celui qui a manqué plusieurs prières doit les rattraper dans l’ordre dans lequel elles ont été manquées lorsqu’il s’en souvient en un seul moment.
Ils ont néanmoins divergé à propos de celui qui se rappelle une prière manquée alors que le temps de la prière présente est déjà restreint, et cela selon trois avis :
- Il commence par la prière manquée, même si l’horaire de la prière présente s’achève. C’est l’opinion de Mâlik, al-Layth, az-Zuhrî et d’autres, comme nous l’avons déjà mentionné.
- Il commence par la prière présente ; c’est l’avis d’al-Ḥasan, d’ach-Châfiʿî, des juristes parmi les traditionnistes, d’al-Muḥâsibî et d’Ibn Wahb parmi nos condisciples.
- Il a le choix et peut avancer l’une ou l’autre à sa convenance ; c’est l’opinion d’Ashhab.
Argument du premier avis : le grand nombre de prières manquées. Il n’y a en effet aucun litige sur le fait que, lorsqu’il y a beaucoup de prières à rattraper, on commence par la présente ; ainsi l’a affirmé le Qâḍî ʿIyâḍ. Ils ont ensuite divergé sur ce qui constitue un « petit nombre ».
– Selon Mâlik : cinq prières ou moins.
– On a également dit : quatre ou moins, conformément au ḥadîth de Jâbir.
Il n’y a pas de divergence dans l’école pour considérer que six prières constituent un « grand nombre ».
Sixième point : quant à celui qui se rappelle une prière manquée alors qu’il se trouve déjà en train d’en accomplir une autre, s’il prie derrière l’imâm, tous – qu’ils imposent ou non l’ordre chronologique – conviennent qu’il poursuit avec l’imâm jusqu’à ce qu’il termine sa prière.
Le fondement de cela est le ḥadîth rapporté par Mâlik et ad-Dâraqutnî, d’après Ibn ʿUmar :
« Si l’un d’entre vous oublie une prière et ne s’en souvient que lorsqu’il se trouve avec l’imâm, qu’il prie avec l’imâm ; une fois qu’il a terminé, qu’il accomplisse la prière qu’il avait oubliée, puis qu’il répète la prière qu’il a faite avec l’imâm. » (Version d’ad-Dâraqutnî)
Mûsâ ibn Harûn a dit : Abû Ibrâhîm at-Tarjumânî nous l’a également rapporté, disant : « Saʿîd nous l’a transmis… », et il l’a élevé jusqu’au Prophète – paix et salut sur lui – mais il s’est trompé dans cette élévation. S’il s’est rétracté à ce sujet, il a alors été guidé vers la vérité.
Puis les savants ont de nouveau divergé :
Abû Ḥanîfah et Aḥmad ibn Ḥanbal ont dit : « Il accomplit d’abord la prière dont il vient de se souvenir, puis il recommence celle qu’il a faite avec l’imâm, sauf si plus de cinq prières les séparent », conformément à ce que nous avons précédemment rapporté des Kûfiens. Telle est également l’opinion d’un groupe de compagnons de l’Imâm Mâlik parmi les Médinois. Al-Khiraqî l’a également mentionné