Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« En vérité, c’est Moi, Allah ; point de divinité en dehors de Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière pour (te) souvenir de Moi »
[20 : 14].

Ce verset comporte sept questions :

Première question
Les exégètes ont divergé au sujet du sens de l’expression « pour (te) souvenir de Moi ». On a dit : elle peut signifier « afin que tu te rappelles de Moi au cours de cette prière » ; ou bien : « afin que Je Me souvienne de toi en te louant dans les hautes assemblées ». Le terme مصدر (le nom verbal) admet alors une attribution tantôt à l’agent (« Mon souvenir »), tantôt au patient (« ton souvenir de Moi »).

On a encore dit : le sens est : « Après l’affirmation de l’unicité, veille strictement à la prière ». C’est une indication de la haute valeur de la prière : elle est imploration auprès d’Allah, station debout devant Lui. Dans cette perspective, la prière elle-même constitue le « souvenir ». Allah, exalté soit-Il, a d’ailleurs qualifié la prière de « souvenir » lorsqu’Il dit : « Hâtez-vous vers le souvenir d’Allah » (Jumʿa : 9).

Autre interprétation : il s’agit de prier dès que l’on se rappelle, comme l’indique le hadith : « Qu’il la fasse lorsqu’il s’en souvient », c’est-à-dire que l’oubli ne dispense pas de la prière.

Deuxième question
Mâlik et d’autres rapportent que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Celui qui s’endort en manquant une prière ou l’oublie, qu’il la fasse lorsqu’il s’en souvient, car Allah – Puissant et Majestueux – dit : “Accomplis la prière pour (te) souvenir de Moi” » (20 : 14).

Abû Muḥammad ʿAbd-al-Ghanî b. Saʿîd a rapporté, par la chaîne de transmission de Ḥajjâj b. Ḥajjâj – le premier Ḥajjâj dont Yazîd b. Zurayʿ tient ses récits – : « Nous a rapporté Qatâda, d’après Anas b. Mâlik – qu’Allah l’agrée – : on interrogea le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – au sujet d’un homme qui s’assoupit et manque la prière ou la néglige ; il répondit : “Son expiation consiste à la pratiquer lorsqu’il s’en souvient.” » Ce hadith est corroboré par Ibrâhîm b. Ṭahmân d’après Ḥajjâj, ainsi que par Hammâm b. Yaḥyâ d’après Qatâda.

Ad-Dâraqutnî rapporte également d’après Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée – que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Quiconque oublie une prière, son moment est lorsqu’il s’en souvient. »

La parole : « qu’il la fasse lorsqu’il s’en souvient » établit l’obligation du rattrapage (qaḍâ’) pour celui qui a dormi ou qui a été inattentif, que les prières manquées soient nombreuses ou peu nombreuses. C’est l’avis de la quasi-totalité des savants ; le contraire, parfois rapporté de façon isolée, n’a pas de poids car il contredit le texte prophétique, certains ayant prétendu, de manière marginale, que l’obligation de rattraper ne dépasse pas cinq prières.

J’ajoute : Allah – Très-Haut – a ordonné l’accomplissement de la prière et a fixé des moments précis, disant : « Accomplis la prière au déclin du soleil… » et d’autres versets encore. Celui qui accomplit, de nuit, ce qui lui a été ordonné de jour, ou inversement, n’agit pas conformément à l’ordre divin ; aucun salaire ne lui est alors dû, et il se trouve en état de désobéissance. Dans cette perspective, il ne lui incomberait pas de rattraper ce dont le temps est passé.

N’eût été la parole du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue : « Celui qui s’endort en manquant une prière ou l’oublie, qu’il la fasse lorsqu’il s’en souvient », nul ne profiterait d’une prière effectuée hors de son temps prescrit. C’est à ce titre qu’elle est qualifiée de « rattrapage » (qaḍâ’) et non d’« exécution dans le temps » (adâ’), car le rattrapage repose sur un ordre renouvelé, distinct de l’ordre initial.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّنِي أَنَا اللَّهُ لَا إِلهَ إِلَّا أَنَا فَاعْبُدْنِي وَأَقِمِ الصَّلاةَ لِذِكْرِي) فِيهِ سَبْعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- اخْتُلِفَ فِي تَأْوِيلِ قَوْلِهِ: " لِذِكْرِي" فَقِيلَ: يَحْتَمِلُ أَنْ يُرِيدَ لِتَذْكُرَنِي فِيهَا، أَوْ يُرِيدَ لِأَذْكُرَكَ بِالْمَدْحِ فِي عِلِّيِّينَ بِهَا، فَالْمَصْدَرُ عَلَى هَذَا يَحْتَمِلُ الْإِضَافَةَ إِلَى الْفَاعِلِ وَإِلَى الْمَفْعُولِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى، أَيْ حَافِظْ بَعْدَ التَّوْحِيدِ عَلَى الصَّلَاةِ. وَهَذَا تَنْبِيهٌ عَلَى عِظَمِ قَدْرِ الصَّلَاةِ إِذْ هِيَ تَضَرُّعٌ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، وَقِيَامٌ بَيْنَ يَدَيْهِ، وَعَلَى هَذَا فَالصَّلَاةُ هِيَ الذِّكْرُ. وَقَدْ سَمَّى اللَّهُ تَعَالَى الصَّلَاةَ ذِكْرًا فِي قَوْلِهِ: " فَاسْعَوْا إِلى ذِكْرِ اللَّهِ" «١» [الجمعة: ٩] . وَقِيلَ: الْمُرَادُ إِذَا نَسِيتَ فَتَذَكَّرْتَ فَصَلِّ كَمَا فِي الْخَبَرِ (فَلْيُصَلِّهَا إِذَا ذَكَرَهَا) . أَيْ لَا تُسْقِطِ الصَّلَاةَ بِالنِّسْيَانِ. الثَّانِيَةُ- رَوَى مَالِكٌ وَغَيْرُهُ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (مَنْ نَامَ عَنْ صَلَاةٍ أَوْ نَسِيَهَا فَلْيُصَلِّهَا إِذَا ذَكَرَهَا فَإِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَقُولُ (أَقِمِ الصَّلاةَ لِذِكْرِي) ٢٠: ١٤ (. وَرَوَى أَبُو مُحَمَّدٍ عَبْدُ الْغَنِيِّ بْنُ سَعِيدٍ مِنْ حَدِيثِ حَجَّاجِ بْنِ حَجَّاجٍ «٢» - وَهُوَ حَجَّاجٌ الْأَوَّلُ الَّذِي رَوَى عَنْهُ يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ- قَالَ حَدَّثَنَا قَتَادَةُ عَنْ أَنَسِ بْنُ مَالِكٍ [رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ «٣» ] قَالَ: سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الرَّجُلِ يَرْقُدُ عَنِ الصَّلَاةِ وَيَغْفُلُ عَنْهَا قَالَ: (كَفَّارَتُهَا أَنْ يُصَلِّيَهَا إِذَا ذَكَرَهَا) تَابَعَهُ إِبْرَاهِيمُ بْنُ طَهْمَانَ عَنْ حَجَّاجٍ، وَكَذَا يَرْوِي هَمَّامُ بْنُ يَحْيَى عَنْ قَتَادَةَ. وَرَوَى الدَّارَقُطْنِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ [رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ] عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (من نَسِيَ صَلَاةً فَوَقْتُهَا إِذَا ذَكَرَهَا) فَقَوْلُهُ: (فَلْيُصَلِّهَا إِذَا ذَكَرَهَا) دَلِيلٌ عَلَى وُجُوبِ الْقَضَاءِ عَلَى النَّائِمِ وَالْغَافِلِ، كَثُرَتِ الصَّلَاةُ أَوْ قَلَّتْ، وَهُوَ مَذْهَبُ عَامَّةِ الْعُلَمَاءِ وَقَدْ حُكِيَ خِلَافٌ شَاذٌّ لَا يُعْتَدُّ بِهِ، لِأَنَّهُ مُخَالِفٌ لِنَصِّ الْحَدِيثِ عَنْ بَعْضِ النَّاسِ فِيمَا زَادَ عَلَى خَمْسِ صَلَوَاتٍ أَنَّهُ لَا يَلْزَمُهُ قَضَاءٌ. قُلْتُ: أَمَرَ اللَّهُ تَعَالَى بِإِقَامَةِ الصَّلَاةِ، وَنَصَّ عَلَى أَوْقَاتٍ مُعَيَّنَةٍ، فَقَالَ: " أَقِمِ الصَّلاةَ لِدُلُوكِ الشَّمْسِ" «٤» الْآيَةَ وَغَيْرَهَا مِنَ الْآيِ. وَمَنْ أَقَامَ بِاللَّيْلِ مَا أُمِرَ بِإِقَامَتِهِ بِالنَّهَارِ، أَوْ بِالْعَكْسِ لَمْ يَكُنْ فِعْلُهُ مُطَابِقًا لِمَا أُمِرَ بِهِ، وَلَا ثَوَابَ لَهُ عَلَى فِعْلِهِ وَهُوَ عَاصٍ، وَعَلَى هَذَا الْحَدِّ كَانَ لَا يَجِبُ عَلَيْهِ قَضَاءُ مَا فَاتَ وَقْتُهُ. وَلَوْلَا قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: (مَنْ نَامَ عَنْ صَلَاةٍ أَوْ نَسِيَهَا فَلْيُصَلِّهَا إِذَا ذَكَرَهَا) لَمْ يَنْتَفِعْ أَحَدٌ بِصَلَاةٍ وَقَعَتْ فِي غَيْرِ وَقْتِهَا، وَبِهَذَا الِاعْتِبَارِ كَانَ قَضَاءً لَا أَدَاءً، لِأَنَّ الْقَضَاءَ بِأَمْرٍ مُتَجَدِّدٍ وَلَيْسَ بالأمر الأول.
(١). راجع ج ١٨ ص ٩٧ فما بعد. (٢). في ج وط وك وى. ابن أبي الحجاج وما أثبتناه في الأصل هو ما عليه التهذيب. (٣). من ج وك. (٤). راجع ج ١٠ ص ٣٠٢ فما بعد.

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