Abû Ḥanîfa — qu’Allah lui fasse miséricorde — dit : lorsque l’impureté qui a atteint la chaussure sèche, on l’ôte par grattage et frottement ; lorsqu’elle est humide, seul le lavage la fait disparaître, à l’exception de l’urine : dans ce cas, selon lui, seul l’eau est valable.
Aš-Šâfiʿî — qu’Allah lui fasse miséricorde — affirme, pour sa part, que rien de tout cela n’est purifié si ce n’est par l’eau.
L’opinion correcte est celle de ceux qui estiment que l’essuyage suffit à purifier le khuff (chausson de cuir) et la sandale, conformément au ḥadîth d’Abû Saʿîd. Quant à la sandale ou au khuff confectionnés à partir de la peau d’une bête morte, s’ils n’ont pas été tannés, ils sont impurs d’un commun accord, à l’exception de l’avis attribué à az-Zuhrî et al-Layth, comme cela a déjà été exposé dans la sourate « An-Naḥl »¹. De même, la question de l’élimination de l’impureté a été traitée dans la sourate « Barâ’a »² — louange à Allah.
Cinquièmement — Sa parole, exalté soit-Il :
« En vérité, tu te trouves dans la vallée sanctifiée de Tuwâ » (20 : 12).
« Al-muqaddas » signifie : purifié ; quant à « quuds », il désigne la pureté, si bien que « la terre sanctifiée » renvoie à une terre purifiée, nommée ainsi parce qu’Allah, Très-Haut, en a exclu les mécréants et l’a peuplée de croyants. Allah — qu’Il soit exalté — a conféré à certains lieux une grâce supérieure à d’autres, comme Il a accordé une prééminence à certains temps, et même à certaines créatures. Il appartient à Allah de favoriser ce qu’Il veut. Dès lors, le caractère sacré d’un lieu ne se réduit pas au fait d’en avoir chassé les mécréants pour y installer les croyants, car d’autres endroits partagent ce trait.
« Tuwâ » est, selon Ibn ʿAbbâs, Mujâhid et d’autres, le nom de cette vallée. Ad-Ḍaḥḥâk la décrit comme une dépression profonde et circulaire, pareille à un puits. ʿIkrima la lit « Tiwâ », tandis que la majorité la lit « Tuwâ ».
Al-Jawharî précise que « Tuwâ » est le nom d’un lieu au Šâm ; son « ṭâʼ » peut être brisée ou arrondie ; le mot peut être décliné ou indéclinable : celui qui le décline le considère comme le nom d’une vallée, donc indéfini ; celui qui ne le décline pas le tient pour le nom propre d’une localité délimitée.
Certains ont dit que « Tuwâ » est équivalent à « Tiwâ » et renvoie au redoublement ; ils expliquent alors l’expression « la vallée sanctifiée de Tuwâ » par : « deux fois sanctifiée ».
Al-Ḥasan (al-Baṣrî) affirme : « La bénédiction et la sanctification y ont été doublées. »
Al-Mahdawî rapporte d’Ibn ʿAbbâs — qu’Allah les agrée — que l’on parle de « Tuwâ » parce que Mûsâ la parcourut de nuit ; il monta jusqu’au sommet de la vallée. Le terme serait alors un masdar (nom verbal) employé en un sens qui n’est pas issu de sa racine ; comme si l’on disait : « Tu es dans la vallée sanctifiée, celle que tu as franchie (ṭawaytahû) — Tuwâ », c’est-à-dire que tu l’as dépassée et parcourue.
Selon al-Ḥasan encore, le sens est qu’elle fut sanctifiée à deux reprises, Tuwâ étant alors le masdar de « ṭawaytuhâ » (« je l’ai doublée »).