Ibn Muḥayṣin et Ḥumayd lisent le mot « anni » en ouvrant l’alif, conformément à la règle de l’interpellation.
Les savants ont divergé quant à la raison pour laquelle il fut ordonné à Mûsâ – paix sur lui – de retirer ses sandales. Le verbe « khalʿ » signifie ôter, et la sandale est ce que l’on met pour protéger ses pieds du sol.
On a dit : il reçut l’ordre de les jeter parce qu’elles étaient impures, faites d’un cuir provenant d’une bête non immolée selon le rite prescrit – avis rapporté de Kaʿb, ʿIkrima et Qatâda.
D’autres ont soutenu : il dut les enlever afin de recevoir la bénédiction de la vallée sacrée et que la terre du lieu touche directement ses pieds – opinion dʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allâh l’agrée –, d’al-Ḥasan et d’Ibn Jurayj.
Un troisième avis dit : on lui ordonna de se déchausser par humilité et recueillement lorsqu’il allait s’entretenir avec Allâh – Très-Haut ; c’est également ce que faisaient les pieux prédécesseurs lorsqu’ils tournaient autour de la Kaʿba.
Un quatrième avis avance que ce fut par vénération pour ce lieu, à l’instar du Haram où l’on n’entre pas chaussé par respect. Saʿîd ibn Jubayr rapporte qu’on lui dit : « Foule la terre pieds nus, comme tu entres nu-pieds dans la Kaʿba. » Chez les rois, l’usage veut qu’on quitte ses chaussures pour exprimer la plus grande humilité ; c’est donc sous ce rapport que Mûsâ – paix sur lui – fut ordonné d’agir, sans que l’on se préoccupe de la nature licite ou non de ses sandales.
Mâlik, par déférence pour la terre de Médine qui renferme les nobles ossements et la vénérable dépouille (du Prophète), refusait pour lui-même d’y monter une monture.
Dans ce même esprit, le Messager d’Allâh – paix et bénédiction sur lui – dit à Bashîr ibn al-Khaṣâṣiyya, qui marchait entre les tombes chaussé :
« Lorsque tu te trouves en un lieu semblable, ôte tes sandales. » Il dit alors : « Je les retirai. »
Un cinquième avis : cet ordre symbolise la vacuité du cœur de toute préoccupation pour la famille et les enfants ; ceux-ci peuvent être désignés métaphoriquement par « les sandales ». Ainsi, dans l’interprétation des rêves : « Celui qui se voit porter deux sandales se mariera. »
On a également dit : parce qu’Allâh – Très-Haut – déploya devant lui un tapis de lumière et de guidance, il ne convenait pas qu’il foulât le tapis du Seigneur des mondes avec ses sandales.
Il se peut encore que le retrait des sandales fût le premier commandement imposé à Mûsâ, de même que les premières paroles adressées à Muḥammad – paix et bénédiction sur lui – furent :
« Lève-toi donc et avertis ! Exalte ton Seigneur ! Purifie tes vêtements ! Écarte-toi de l’idole ! » (al-Muddaththir, 2-5).
Allâh sait mieux ce qu’Il voulait par là.
Deuxième point : dans le récit, il est rapporté que Mûsâ – paix sur lui – ôta ses sandales et les jeta derrière la vallée.
Abû l-Aḥwaṣ rapporte quʿAbdullâh rendit visite à Abû Mûsâ dans sa maison ; l’heure de la prière survint, Abû Mûsâ dirigea la prière et dit à ʿAbdullâh : « Avance et dirige-la. » ʿAbdullâh répondit : « Avance, toi, dans ta demeure. » Abû Mûsâ s’avança et ôta ses sandales. ʿAbdullâh dit alors : « Serais-tu dans la Vallée Sacrée, toi ? »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté de Saʿîd ibn Yazîd qu’il dit : « J’ai demandé… »