Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate Tâ-Hâ (20) : versets 9 à 16]

  1. « T’est-il déjà parvenu le récit de Mûsâ ?
  2. Lorsqu’il aperçut un feu, il dit aux siens : « Restez (ici) ; certes, j’ai vu un feu ; peut-être vous en rapporterai-je un tison, ou bien trouverai-je, auprès du feu, une direction. »
  3. Lorsqu’il y parvint, il fut interpellé : « Ô Mûsâ ! »
  4. « C’est Moi, en vérité, ton Seigneur ; ôte tes sandales, car tu te trouves dans la vallée sanctifiée de Tuwâ.
  5. Je t’ai choisi ; écoute donc ce qui t’est révélé.
  6. En vérité, c’est Moi, Allah ; nul dieu en dehors de Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière pour te souvenir de Moi.
  7. L’Heure va certes arriver ; Je tiens presque à la cacher, afin que chaque âme soit rétribuée selon ce qu’elle aura accompli.
  8. Que nul ne t’en détourne, celui qui n’y croit pas et suit sa passion, sinon tu périrais. »

Commentaire :
« T’est-il déjà parvenu le récit de Mûsâ ? » (20 : 9) – Les spécialistes de la langue indiquent qu’il s’agit d’une forme interrogative revêtant en même temps les sens d’affirmation et d’établissement du fait ; autrement dit : « N’est-il pas vrai qu’il t’est parvenu ? »
D’autres disent : le sens en est : « Il t’est bel et bien parvenu », propos rapporté d’Ibn ʿAbbâs. Al-Kalbî, lui, estime que le récit ne lui était pas encore parvenu, puis qu’Allah le lui a alors exposé.

« Lorsqu’il aperçut un feu… » (20 : 10) – Ibn ʿAbbâs et d’autres expliquent : cela se passa quand l’échéance fixée (chez Shuʿayb) arriva à son terme ; Mûsâ prit la route avec sa famille, quittant Madyan pour se diriger vers l’Égypte, mais il s’égara du chemin.

Mûsâ – que la paix soit sur lui – était un homme jaloux (protecteur) : il voyageait la nuit en compagnie des gens et les quittait le jour, par jalousie, de crainte qu’ils ne voient son épouse. Il perdit ainsi la caravane – ce qu’Allah, dans Sa science préalable, avait décrété – et la nuit était obscure.

Muqâtil relate : c’était un vendredi soir, en plein hiver.

Wahb ibn Munabbih rapporte : Mûsâ demanda la permission à Shuʿayb de retourner auprès de sa mère ; celui-ci la lui accorda. Il sortit donc avec sa famille et son troupeau. En chemin, lors d’une nuit froide, pluvieuse et neigeuse, son épouse mit au monde un garçon. Il s’était écarté de la route et son bétail s’était dispersé. Il voulut alors allumer du feu mais la pierre à feu n’en produisit point. C’est alors qu’il aperçut, au loin, sur la gauche du chemin, une flamme.

« Il dit aux siens : “Restez-vous en place” » (20 : 10), c’est-à-dire : demeurez là où vous êtes.

« Certes, j’ai vu un feu » : j’ai aperçu, explique Ibn ʿAbbâs. Lorsqu’il se dirigea vers la flamme, il constata qu’elle était dans un arbre de jujubier. Il s’arrêta, émerveillé par la beauté de cette lumière et par l’intensité de la verdure de l’arbre ; ni la forte chaleur du feu n’altérait l’éclat de cette verdure, ni l’abondance

[سورة طه (٢٠) : الآيات ٩ الى ١٦] وَهَلْ أَتاكَ حَدِيثُ مُوسى (٩) إِذْ رَأى نَارًا فَقالَ لِأَهْلِهِ امْكُثُوا إِنِّي آنَسْتُ نَارًا لَعَلِّي آتِيكُمْ مِنْها بِقَبَسٍ أَوْ أَجِدُ عَلَى النَّارِ هُدىً (١٠) فَلَمَّا أَتاها نُودِيَ يَا مُوسى (١١) إِنِّي أَنَا رَبُّكَ فَاخْلَعْ نَعْلَيْكَ إِنَّكَ بِالْوادِ الْمُقَدَّسِ طُوىً (١٢) وَأَنَا اخْتَرْتُكَ فَاسْتَمِعْ لِما يُوحى (١٣) إِنَّنِي أَنَا اللَّهُ لَا إِلهَ إِلاَّ أَنَا فَاعْبُدْنِي وَأَقِمِ الصَّلاةَ لِذِكْرِي (١٤) إِنَّ السَّاعَةَ آتِيَةٌ أَكادُ أُخْفِيها لِتُجْزى كُلُّ نَفْسٍ بِما تَسْعى (١٥) فَلا يَصُدَّنَّكَ عَنْها مَنْ لَا يُؤْمِنُ بِها وَاتَّبَعَ هَواهُ فَتَرْدى (١٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَهَلْ أَتاكَ حَدِيثُ مُوسى) ٢٠: ٩ قَالَ أَهْلُ الْمَعَانِي: هُوَ اسْتِفْهَامٌ وَإِثْبَاتٌ وَإِيجَابٌ مَعْنَاهُ، أَلَيْسَ قَدْ أَتَاكَ؟ وَقِيلَ: مَعْنَاهُ وَقَدْ أَتَاكَ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: لَمْ يَكُنْ أَتَاهُ حَدِيثُهُ بَعْدُ ثُمَّ أَخْبَرَهُ. (إِذْ رَأى نَارًا فَقالَ لِأَهْلِهِ امْكُثُوا إِنِّي آنَسْتُ نَارًا لَعَلِّي آتِيكُمْ مِنْها بِقَبَسٍ أَوْ أَجِدُ عَلَى النَّارِ هُدىً) ٢٠: ١٠ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَغَيْرُهُ: هَذَا حِينَ قَضَى الْأَجَلَ وَسَارَ بِأَهْلِهِ وَهُوَ مُقْبِلٌ مِنْ مَدْيَنَ يُرِيدُ مِصْرَ، وَكَانَ قَدْ أَخْطَأَ الطَّرِيقَ، وَكَانَ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ رَجُلًا غَيُورًا: يَصْحَبُ النَّاسَ بِاللَّيْلِ وَيُفَارِقُهُمْ بِالنَّهَارِ غَيْرَةً مِنْهُ، لِئَلَّا يَرَوْا امْرَأَتَهُ فَأَخْطَأَ الرُّفْقَةَ- لِمَا سَبَقَ فِي عِلْمِ اللَّهِ تَعَالَى- وكانت ليلة مظلمة. وقال مقاتل: وكان لَيْلَةَ الْجُمُعَةِ فِي الشِّتَاءِ. وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: اسْتَأْذَنَ مُوسَى شُعَيْبًا فِي الرُّجُوعِ إِلَى وَالِدَتِهِ فأذن له فخرج بأهله وغنمه، وَوُلِدَ لَهُ فِي الطَّرِيقِ غُلَامٌ فِي لَيْلَةٍ شَاتِيَةٍ بَارِدَةٍ مُثْلِجَةٍ، وَقَدْ حَادَ عَنِ الطَّرِيقِ وَتَفَرَّقَتْ مَاشِيَتُهُ، فَقَدَحَ مُوسَى النَّارَ فَلَمْ تُورِ «١» الْمِقْدَحَةُ شَيْئًا، إِذْ بَصُرَ بِنَارٍ مِنْ بَعِيدٍ عَلَى يَسَارِ الطَّرِيقِ " فَقالَ لِأَهْلِهِ امْكُثُوا ٢٠: ١٠" أَيْ أَقِيمُوا بِمَكَانِكُمْ. " إِنِّي آنَسْتُ نَارًا" أَيْ أَبْصَرْتُ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ فَلَمَّا تَوَجَّهَ نَحْوَ النَّارِ فَإِذَا النَّارُ فِي شَجَرَةِ عُنَّابٍ، فَوَقَفَ مُتَعَجِّبًا مِنْ حُسْنِ ذَلِكَ الضَّوْءِ، وَشِدَّةِ خُضْرَةِ تِلْكَ الشَّجَرَةِ، فَلَا شِدَّةُ حَرِّ النَّارِ تُغَيِّرُ حُسْنَ خضرة الشجرة، ولا كثرة
(١). في ى: توره.

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