Entre chacune des sept terres se trouve une mer ; quant à la mer la plus inférieure, elle recouvre le rebord de la Géhenne. N’eussent été son immensité, l’abondance de ses eaux et leur fraîcheur, la Géhenne eût brûlé tout ce qui se trouve à sa surface.
Il a dit : « La Géhenne repose sur le dos du vent, et le dos du vent sur un voile de ténèbres dont nul ne connaît l’ampleur si ce n’est Allah, – exalté soit-Il. – Ce voile est posé sur le tharâ (la couche la plus basse de la poussière), et c’est jusqu’au tharâ que s’arrête la connaissance des créatures. »
Parole du Très-Haut :
« Que tu élèves la voix ou non, Il connaît le secret et ce qui est plus caché encore. » (20 : 7)
Ibn ʿAbbâs a dit : « Le “secret” (as-sirr) est ce qu’une personne confie discrètement à une autre ; “plus caché” (akhfâ) désigne ce qu’elle renferme en elle-même sans le dire à quiconque. »
Il rapporte encore : « Le “secret” est le propos intérieur que tu tiens aujourd’hui ; “plus caché” est ce que tu tiendras dans ton for intérieur demain, chose qui n’existe pas encore. Toi, tu sais ce que tu caches aujourd’hui, mais tu ignores ce que tu cacheras demain, tandis qu’Allah sait ce que tu caches aujourd’hui comme ce que tu cacheras demain. » Le sens est donc : Allah connaît le secret et ce qui est encore plus dissimulé.
Toujours d’après Ibn ʿAbbâs : « Le “secret” est ce que le fils d’Adam cache en lui-même ; “plus caché” est ce qui demeure voilé à l’homme parmi ce qu’il fera plus tard alors qu’il ne le sait pas encore. Allah – exalté soit-Il – connaît tout cela, et Son savoir du passé comme de l’avenir est un savoir unique ; devant Sa science, toutes les créatures sont comme une seule âme. »
Qatâdah et d’autres ont dit : « Le “secret” (20 : 7) est ce qu’une personne enferme dans son cœur ; “plus caché” (20 : 7) est ce qui n’existe pas encore et qu’aucun être n’a encore conçu. »
Ibn Zayd a déclaré : « Le “secret” concerne les créatures, et “plus caché” (20 : 7) est Son propre secret, à Lui – glorifié soit-Il. » At-Tabarî a rejeté cette opinion et a expliqué que « plus caché » est ce qui ne se trouve pas encore dans le secret de l’homme mais qui y sera un jour, ainsi que l’a dit Ibn ʿAbbâs.
(« Allah, point de divinité sauf Lui ; à Lui appartiennent les noms les plus beaux. »)
Le terme « Allah » est au nominatif : soit sujet explicite, soit sujet sous-entendu, soit apposé au pronom de « Il sait ». Il – glorifié soit-Il – s’est proclamé Unique, car le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – avait appelé les polythéistes à n’adorer qu’Allah Seul sans associé. Cette injonction leur parut lourde. Lorsque Abû Jahl entendit le Prophète évoquer « ar-Raḥmân », il dit à al-Walîd ibn al-Mughîrah : « Muḥammad nous interdit d’invoquer une autre divinité avec Allah, mais lui invoque Allah et ar-Raḥmân ! » Alors Allah révéla : « Le Tout-Miséricordieux S’est établi sur le Trône » (20 : 5), puis : « Dis : Invoquez Allah ou invoquez ar-Raḥmân, quel que soit le nom par lequel vous L’appelez, c’est à Lui qu’appartiennent les noms les plus beaux » (17 : 110).
Il est Unique alors que Ses Noms sont nombreux. C’est pourquoi Il dit encore : « Allah, point de divinité sauf Lui ; à Lui appartiennent les noms les plus beaux. » (20 : 8) – rappel déjà fait dans la sourate al-Aʿrâf.