« Tā‐Hā » – Il la leur récitait lorsque, entendant le bruit des pas de ʿUmar, Khabbāb se cacha dans une alcôve ou dans un recoin de la maison. Quant à Fāṭima bint al-Khaṭṭāb, elle saisit la feuille et la glissa sous sa cuisse. ʿUmar, qui s’était approché de la demeure, avait perçu la récitation de Khabbāb. Lorsqu’il entra, il dit : « Quel est donc ce murmure que j’ai entendu ? » – Ils lui répondirent : « Tu n’as rien entendu. » – Il répliqua : « Certes, par Allāh, on m’a informé que vous avez embrassé la religion de Muḥammad. » Puis il se jeta sur son beau-frère Saʿīd b. Zayd, et sa sœur Fāṭima bint al-Khaṭṭāb se leva pour le repousser et protéger son époux ; il la frappa et lui ouvrit le front.
Alors sa sœur et son beau-frère lui dirent : « Oui, nous nous sommes soumis et nous avons cru en Allāh et en Son Messager ; fais donc ce qu’il te plaira. » Lorsque ʿUmar vit le sang sur le visage de sa sœur, il regretta son geste, se radoucit et lui dit : « Donne-moi cette feuille que je vous ai entendus réciter à l’instant, que je voie donc ce qu’a apporté Muḥammad. » – ʿUmar savait lire et écrire. Sa sœur répondit : « Nous craignons que tu ne l’abîmes. » – Il lui dit : « N’aie pas peur. » Et il jura par ses idoles qu’il la rendrait après l’avoir lue. Lorsqu’il prononça ce serment, elle espéra sa conversion et lui dit : « Ô mon frère, tu es impur du fait de ton association ; il ne la touche que celui qui est pur. » ʿUmar se leva donc, se lava rituellement, puis elle lui remit la feuille où se trouvait « Tā‐Hā ». Lorsqu’il en eut lu quelques versets, il s’écria : « Que cette parole est belle et noble ! »
Entendant cela, Khabbāb sortit et lui dit : « Ô ʿUmar, par Allāh, j’espère que tu es l’homme qu’Allāh a distingué par l’invocation de Son Prophète ; en effet, je l’ai entendu hier dire : “Ô Allāh, renforce l’Islam par Abū ’l-Ḥakam b. Hishām ou par ʿUmar b. al-Khaṭṭāb.” Par Allāh, par Allāh, ô ʿUmar ! » – ʿUmar lui dit alors : « Conduis-moi, ô Khabbāb, vers Muḥammad afin que j’aille auprès de lui et me soumette. » Il mentionna ensuite la suite du récit.
Question – Al-Dārimī, Abū Muḥammad, rapporte dans son Musnad, d’après Abū Hurayra – qu’Allāh l’agrée – que le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – a dit : « En vérité, Allāh – Béni et Très-Haut – a “récité” (“Tā‐Hā” et “Yā‐Sīn”) deux mille ans avant de créer les cieux et la terre. Lorsque les anges entendirent le Coran, ils dirent : Heureuse la communauté à laquelle cela sera révélé ; heureuses les poitrines qui le porteront ; heureuses les langues qui le prononceront. »
Ibn Fūrak commente : Le sens de Sa parole – qu’Il soit exalté – « Allāh a récité “Tā‐Hā” et “Yā‐Sīn” » est qu’Il manifesta, fit entendre et fit comprendre Sa Parole à ceux de Ses créatures – parmi les anges – qu’Il voulut, à ce moment-là. Les Arabes disent : « J’ai “lu” (qara’tu) telle chose » lorsqu’ils en suivent les traces et disent : « Je n’ai pas “lu” (ma qara’tu) ceci… »