Parole du Très-Haut :
« فَإِنَّما يَسَّرْناهُ بِلِسانِكَ »
« Nous l’avons certes rendu aisé dans ta langue. »
Il s’agit du Coran : Nous l’avons exposé clairement dans ta langue arabe et Nous l’avons rendu facile à celui qui médite et réfléchit. D’autres ont dit : « Nous l’avons fait descendre dans la langue des Arabes afin qu’il leur soit aisé d’en comprendre le sens. »
« لِتُبَشِّرَ بِهِ الْمُتَّقِينَ »
afin que tu annonces par lui la bonne nouvelle aux pieux – c’est-à-dire aux croyants – ;
« وَتُنْذِرَ بِهِ قَوْمًا لُدًّا »
et que tu avertisses, grâce à lui, des gens « ludd », pluriel de « aladd », c’est-à-dire durs dans la controverse. De là la Parole du Très-Haut : « … les plus acharnés dans la dispute ».
Le poète a dit :
« Je passe la nuit, seul avec mes soucis, comme si
je disputais avec des gens à la polémique âpre et acharnée. »
Abû ʿUbayda explique : « al-aladd » est celui qui n’accepte pas la vérité et revendique le faux.
Al-Hasan : ce sont ceux qui sont sourds à la vérité.
Ar-Rabîʿ : ils ont les oreilles du cœur bouchées.
Mujâhid : ce sont des pervers.
Ad-Dahhâk : des polémistes dans le faux.
Ibn ʿAbbâs : durs dans la dispute.
On a dit encore : l’injuste qui ne se tient jamais droit – le sens reste le même. Ils ont été spécialement visés par la menace, car celui qui n’est pas animé d’entêtement se soumet plus aisément.
« وَكَمْ أَهْلَكْنا قَبْلَهُمْ مِنْ قَرْنٍ هَلْ تُحِسُّ مِنْهُمْ مِنْ أَحَدٍ أَوْ تَسْمَعُ لَهُمْ رِكْزًا » (Maryam, 19 : 98)
Parole du Très-Haut :
« Et que de générations avons-Nous anéanties avant eux ! Perçois-tu l’un d’eux, ou entends-tu d’eux le moindre murmure ? »
c’est-à-dire : combien d’anciennes communautés et de peuples avons-Nous détruits ; par ce rappel, Il effraie les habitants de La Mecque.
« هل تُحِسُّ مِنْهُمْ مِنْ أَحَدٍ » : distingues-tu encore quelqu’un d’entre eux, le vois-tu ? –
« أَوْ تَسْمَعُ لَهُمْ رِكْزًا » : ou entends-tu d’eux un « rikz », c’est-à-dire un son ? D’après Ibn ʿAbbâs et d’autres : ils sont morts et ont reçu la rétribution de leurs actes.
On a dit aussi : « rikz » signifie trace sensible (Ḥiss), selon Ibn Zayd.
D’autres ont expliqué : c’est un bruit imperceptible, à peine audible, ou un mouvement confus – ainsi l’ont défini Al-Yazîdî et Abû ʿUbayda ; comparable au frémissement d’une troupe en marche. Abû ʿUbayda cite ce vers de Labîd :
« Elle perçut le frémissement (rikz) d’un compagnon de route, et elle en fut effrayée
alors qu’il était loin d’elle ; et la compagnie fut sa perte. »
On a également dit : il s’agit d’un son très ténu ; de la même racine vient « planter une lance » (rakaza) lorsqu’on en enfonce l’extrémité dans le sol.
Ṭarafa a dit :
« Douées d’une ouïe fidèle, elles pressentent, dans le noir de la nuit,
un rikz à peine audible ou un appel sonore et retentissant. »