Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Il n’est personne dans les cieux ni sur la terre qui ne se présentera devant le Tout-Miséricordieux qu’en serviteur. »

« In (إِنْ) » est une particule de négation, au sens de « mâ » ; c’est-à-dire : « il n’est aucun de ceux qui sont dans les cieux et sur la terre qui ne vienne, au Jour de la Résurrection, reconnaissant Sa seigneurie, soumis et humble », comme Il dit : « Et tous se présenteront devant Lui, humiliés » (an-Naml, 87), c’est-à-dire abaissés, humiliés. Toute la création étant Ses serviteurs, comment l’un d’eux pourrait-il être Son enfant ? Exalté soit-Il bien au-dessus des propos des injustes et des négateurs, d’une exaltation infinie.

Le mot « آتي » (viendra) s’écrit ici avec la lettre yâ’ ; originellement, il portait une tanwîn que l’on a retranchée pour alléger l’écriture, puis on l’a fait précéder du complément.

Deuxième point : ce verset prouve qu’il n’est pas permis qu’un fils soit la propriété de son père, contrairement à l’avis de ceux qui prétendent qu’il pourrait l’acheter et en devenir propriétaire sans qu’il soit affranchi, sauf s’il l’affranchit lui-même. En effet, Allah – Très-haut – a montré l’incompatibilité entre la filiation et la propriété : Il a nié l’une et affirmé l’autre. Si les deux pouvaient coexister, l’argument du verset n’aurait plus de portée. Dans le hadith authentique : « Aucun enfant ne peut jamais s’acquitter envers son père, si ce n’est s’il le trouve comme esclave, l’achète puis l’affranchit » (rapporté par Muslim). Si le père ne possède pas son fils, malgré la haute position qu’il occupe sur lui, alors à plus forte raison le fils ne possède-t-il pas son père, eu égard à son rang moindre.

Troisième point : Isḥâq ibn Râhawayh a interprété la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui – : « Quiconque affranchit sa quote-part dans un esclave… » comme visant exclusivement les esclaves de sexe masculin, à l’exclusion des femmes ; pour lui, la règle de complétion (le rachat du reste) ne s’applique pas à l’affranchissement partiel d’une esclave. Cette opinion contredit celle de la majorité des Salaf et de leurs successeurs, qui ne distinguent pas entre homme et femme, le terme « ʿabd » valant pour l’espèce entière, comme dans le verset : « Il n’est personne dans les cieux ni sur la terre qui ne se présente devant le Tout-Miséricordieux qu’en serviteur », lequel englobe nécessairement, de façon certaine, les esclaves mâles et femelles. Isḥâq s’appuie sur le fait que le féminin d’« ʿabd » a été rapporté sous la forme « ʿabdah ».

Quatrième point : al-Bukhârî rapporte d’après Abû Hurayrah que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Allah – Béni et Très-haut – dit : “Le fils d’Adam Me traite de menteur, alors qu’il ne devrait pas; il Me diffame, alors qu’il ne devrait pas. Quant à son mensonge à Mon égard, c’est sa parole : ‘Il ne Me fera pas revivre comme Il M’a créé la première fois’ ; or la création première n’est pas pour Moi moins aisée que la résurrection. Quant à sa diffamation à Mon égard, c’est sa parole : ‘Allah S’est attribué un enfant’, alors que Je suis l’Unique, l’Absolu, Je n’engendre pas et ne suis pas engendré, et nul n’est Mon égal.” »

Ce hadith a déjà été cité dans la Sourate al-Baqarah et ailleurs ; le répéter ici, dans ce contexte, est tout à fait approprié.

(إِنْ كُلُّ مَنْ فِي السَّماواتِ وَالْأَرْضِ إِلَّا آتِي الرَّحْمنِ عَبْداً) " إِنْ" نَافِيَةٌ بِمَعْنَى مَا أي ما كل من في السموات وَالْأَرْضِ إِلَّا وَهُوَ يَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ مُقِرًّا لَهُ بِالْعُبُودِيَّةِ خَاضِعًا ذَلِيلًا كَمَا قَالَ: " وَكُلٌّ أَتَوْهُ داخِرِينَ" «١» [النمل: ٨٧] أَيْ صَاغِرِينَ أَذِلَّاءَ أَيِ الْخَلْقُ كُلُّهُمْ عَبِيدُهُ فَكَيْفَ يَكُونُ وَاحِدٌ مِنْهُمْ وَلَدًا لَهُ عَزَّ وَجَلَّ تَعَالَى عَمَّا يَقُولُ الظَّالِمُونَ وَالْجَاحِدُونَ عُلُوًّا كبيرا. و " آتي" بِالْيَاءِ فِي الْخَطِّ وَالْأَصْلُ التَّنْوِينُ فَحُذِفَ اسْتِخْفَافًا وأضيف. الثانية- في هَذِهِ الْآيَةِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْوَلَدُ مَمْلُوكًا لِلْوَالِدِ خِلَافًا لِمَنْ قَالَ إِنَّهُ يَشْتَرِيهِ فَيَمْلِكُهُ وَلَا يَعْتِقُ عَلَيْهِ إِلَّا إِذَا أَعْتَقَهُ. وَقَدْ أَبَانَ اللَّهُ تَعَالَى الْمُنَافَاةَ بَيْنَ الْأَوْلَادِ وَالْمِلْكِ فَإِذَا مَلَكَ الْوَالِدُ وَلَدَهُ بِنَوْعٍ مِنَ التَّصَرُّفَاتِ عَتَقَ عَلَيْهِ. وَوَجْهُ الدَّلِيلِ عَلَيْهِ مِنْ هَذِهِ الْآيَةِ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى جَعَلَ الْوَلَدِيَّةَ وَالْعَبْدِيَّةَ فِي طَرَفَيْ تَقَابُلٍ فَنَفَى أَحَدَهُمَا وَأَثْبَتَ الْآخَرَ وَلَوِ اجْتَمَعَا لَمَا كَانَ لِهَذَا الْقَوْلِ فَائِدَةٌ يَقَعُ الِاحْتِجَاجُ بِهَا وَفِي الْحَدِيثِ الصَّحِيحِ (لَا يَجْزِي وَلَدٌ وَالِدًا إِلَّا أَنْ يَجِدَهُ مملوكا فيشتريه فيعتقه) خرجه مُسْلِمٌ. فَإِذَا لَمْ يَمْلِكِ الْأَبُ ابْنَهُ مَعَ مَرْتَبَتِهِ عَلَيْهِ فَالِابْنُ بِعَدَمِ مِلْكِ الْأَبِ أَوْلَى لِقُصُورِهِ عَنْهُ. الثَّالِثَةُ- ذَهَبَ إِسْحَاقُ بْنُ رَاهَوَيْهِ فِي تَأْوِيلِ قَوْلِهِ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: (مَنْ أَعْتَقَ شِرْكًا لَهُ فِي عَبْدٍ) أَنَّ الْمُرَادَ بِهِ ذُكُورُ الْعَبِيدِ دُونَ إِنَاثِهِمْ فَلَا يَكْمُلُ عَلَى مَنْ أَعْتَقَ شِرْكًا فِي أُنْثَى وَهُوَ عَلَى خِلَافِ مَا ذَهَبَ إِلَيْهِ الْجُمْهُورُ مِنَ السَّلَفِ وَمَنْ بَعْدَهُمْ فَإِنَّهُمْ لَمْ يُفَرِّقُوا بَيْنَ الذَّكَرِ وَالْأُنْثَى لِأَنَّ لَفْظَ الْعَبْدِ يُرَادُ بِهِ الْجِنْسُ كَمَا قَالَ تَعَالَى: " إِنْ كُلُّ مَنْ فِي السَّماواتِ وَالْأَرْضِ إِلَّا آتِي الرَّحْمنِ عَبْداً" فإنه قد يتناول الذكر والأنثى من العبيد «٢» قطعا. وتمسك إسحاق بأنه قد حُكِيَ عَبْدَةٌ فِي الْمُؤَنَّثِ. الرَّابِعَةُ- رَوَى الْبُخَارِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (يَقُولُ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى كَذَّبَنِي ابْنُ آدَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ وَشَتَمَنِي وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ فَأَمَّا تَكْذِيبُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ لَيْسَ يُعِيدُنِي كَمَا بَدَأَنِي وَلَيْسَ أَوَّلُ الْخَلْقِ بِأَهْوَنَ عَلَيَّ مِنْ إِعَادَتِهِ وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا وَأَنَا الْأَحَدُ الصَّمَدُ لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ وَلَمْ يَكُنْ لِي كُفُوًا أَحَدٌ) وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي [الْبقرةِ «٣» ] وَغَيْرِهَا وَإِعَادَتُهُ فِي مِثْلِ هَذَا الموضع حسن جدا.
(١). راجع ج ١٣ ص ٢٣٩ فما بعد. (٢). كذا في ج وفي اوح: العبد. (٣). تقدم الحديث في ج ٢ ص ٨٥ بلفظ آخر. [ ..... ]

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