Hamza et Ibn ‘Âmir les ont suivis dans la sourate « Ash-Shûrâ ». Quant au présent verset, certains ont lu « yanfaṭirna » – dérivé de l’« infiṭâr » (fission) – et c’est également la lecture adoptée, dans les deux sourates, par Abû ‘Amr, Abû Bakr et Al-Mufaḍḍal. Abû ‘Ubayd l’a retenue, se fondant sur la parole du Très-Haut : « Quand le ciel se fendra » (Al-Infiṭâr, 1), ainsi que sur Sa parole : « Le ciel sera alors sur le point de se fendre sous son poids » (Al-Muzzammil, 18).
« …et que la terre se fende » (v. 90), c’est-à-dire qu’elle se fissure ; « et que les montagnes s’écroulent avec fracas » (v. 90). Ibn ‘Abbâs explique : « Haddan » signifie démolition, c’est-à-dire qu’elles s’abattent avec un fracas retentissant. Dans le ḥadîth : « Ô Allâh, je me mets sous Ta protection contre le “hadd” et la “haddah” ». Shimr rapporte qu’Ahmad b. Ghiyâth Al-Marwazî a dit : « Le “hadd” est la démolition, et la “haddah” l’affaissement. »
Al-Layth précise : il s’agit d’une destruction violente, telle un mur que l’on abat d’un seul coup. On dira : « Haddanî l-amru » ou « hadda ruknî », c’est-à-dire “l’affaire m’a brisé, elle a sapé mon appui”. Al-Harawî et Al-Jawharî ajoutent : « Hadda l-binâ’a yahuddahu haddan » : il a démoli l’édifice, l’a fait s’écrouler ; « haddat-hu l-muṣîbah » : le désastre a miné sa force ; « inhadda l-jabal » : la montagne s’est effondrée.
Al-Aṣma‘î relève que « al-hadd » peut désigner un homme faible ; l’on dit, pour menacer quelqu’un : « Je ne suis pas un “hadd” », c’est-à-dire pas un faible. Ibn Al-A‘rabi rapporte au contraire que « al-hadd » appliqué à un homme signifie généreux et noble, tandis que le lâche chétif se dit « al-hidd » (avec kasra). Le poète a dit :
« Ils ne sont pas des “hidd” quand la guerre éclate,
Lorsque les ceintures se nouent au-dessus des hanches. »
« Al-haddah » est aussi le fracas produit par l’écroulement d’un mur, d’où le verbe « hadda – yahiddu » (avec kasra) signifiant produire un fracas. Quant au « hâdd », c’est un grondement que les habitants du littoral entendent venant de la mer ; il résonne dans la terre et provoque parfois des secousses, son grondement étant appelé « hadîd ».
An-Naḥḥâs dit : le terme « haddan » (v. 90) est un masdar, car le sens de « takhirru » est « tuhaddu » : qu’elles soient démolies. D’autres le considèrent comme un ḥâl, c’est-à-dire « démolies ».
« Pour avoir attribué un enfant au Miséricordieux » : le mot « an » est, selon Al-Farrâ’, à la place de l’accusatif, l’opérateur de régime (la préposition) ayant été sous-entendu. Al-Farrâ’ rapporte qu’Al-Kisâ’î considère, lui, que « an » est au génitif, à cause d’une préposition implicite.
Ibn Al-Mubârak rapporte : « Mis‘ar nous a transmis, d’après Wâṣil, d’après ‘Awn b. ‘Abdillâh, que ‘Abdullâh b. Mas‘ûd a dit : “La montagne dit à la montagne : Ô Untelle, un homme évoquant Allâh est-il passé près de toi aujourd’hui ? – Si elle répond : Oui, elle s’en réjouit.” Puis ‘Abdullâh récita : « Ils ont dit : Le Miséricordieux S’est attribué un enfant… », et dit : “Penses-tu qu’elles entendent le mensonge et n’entendent pas le bien ?” »
Il dit encore : « ‘Awf m’a rapporté, d’après Ghâlib b. ‘Ajrād, qui a dit… »