Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate Maryam (19) : versets 88-95]

88 Ils disent : « Le Tout-Miséricordieux S’est attribué un enfant ».
89 Vous avancez certes là une énormité monstrueuse.
90 Peu s’en faut que les cieux ne s’entrouvrent, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent en fracas,
91 pour avoir attribué au Tout-Miséricordieux un enfant.
92 Il ne convient nullement au Tout-Miséricordieux de Se donner un enfant.
93 Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ne se présenteront devant le Tout-Miséricordieux qu’en serviteurs.
94 Il les a dénombrés tous et les a comptés jusqu’au dernier.
95 Et chacun d’eux comparaîtra seul devant Lui, au Jour de la Résurrection.

« Ils disent : “Le Tout-Miséricordieux S’est attribué un enfant” » — c’est-à-dire : les Juifs, les Chrétiens et ceux qui prétendent que les anges sont les filles d’Allah.

Yahyâ, Al-A‘mach, Ḥamza, Al-Kisâ’î, ‘Âṣim et Khalaf lisent « وُلْدًا » (wuldan), avec la voyelle ḍamma sur le wāw et une lām muette, en quatre endroits : dans cette sourate, au verset 77 — déjà cité —, puis dans : « pour avoir attribué au Tout-Miséricordieux un enfant » et « Il ne sied pas au Tout-Miséricordieux de Se donner un enfant », ainsi que dans la sourate Nûḥ : « sa fortune et ses enfants » (71/21). Ibn Kathîr, Mujâhid, Ḥumayd, Abû ‘Amr et Ya‘qûb partagent cette lecture seulement pour le passage de Nûḥ.

Tous les autres récitateurs, dans l’ensemble de ces occurrences, lisent avec la fatḥa sur le wāw et le lām : « وَلَدًا » (waladan). Il s’agit de deux dialectes, à l’instar de « العَرَب / العُرْب » et « العَجَم / العُجْم ». Le poète a dit :
« J’ai certes vu des gens
qui ont fait fructifier biens et enfants. »

Un autre a déclaré :
« Puisse untel être resté dans le ventre de sa mère,
et untel être le fils d’une ânesse ! »

Sur le même thème, Al-Nâbigha a chanté :
« Doucement ! Que tous les peuples te soient rançon ;
je n’ai amassé ni biens ni enfant. »
(Il utilise ici la forme ouverte : waladan.)

Chez les Banû Qays, « الوُلْد » (wuld) — avec ḍamma — est considéré comme le pluriel, et « الوَلَد » — avec fatḥa — comme le singulier.

Al-Jawharî précise : « الوَلَد » peut désigner l’unique comme le pluriel, et il en est de même pour « الوُلْد » avec ḍamma.

Un proverbe des Banû Asad dit : « Ton enfant est celui dont le sang du cordon ombilical a taché tes talons. »

Il arrive encore que « الوُلْد » soit employé comme pluriel de « الوَلَد », à l’instar de « أُسْد » et « أَسَد ». Quant à « الوِلْد » (avec kasra), c’est un dialecte pour « الوَلَد ».

An-Naḥḥâs ajoute : « Il a établi une distinction… » (la phrase se poursuit).

[سورة مريم (١٩) : الآيات ٨٨ الى ٩٥] وَقالُوا اتَّخَذَ الرَّحْمنُ وَلَداً (٨٨) لَقَدْ جِئْتُمْ شَيْئاً إِدًّا (٨٩) تَكادُ السَّماواتُ يَتَفَطَّرْنَ مِنْهُ وَتَنْشَقُّ الْأَرْضُ وَتَخِرُّ الْجِبالُ هَدًّا (٩٠) أَنْ دَعَوْا لِلرَّحْمنِ وَلَداً (٩١) وَما يَنْبَغِي لِلرَّحْمنِ أَنْ يَتَّخِذَ وَلَداً (٩٢) إِنْ كُلُّ مَنْ فِي السَّماواتِ وَالْأَرْضِ إِلاَّ آتِي الرَّحْمنِ عَبْداً (٩٣) لَقَدْ أَحْصاهُمْ وَعَدَّهُمْ عَدًّا (٩٤) وَكُلُّهُمْ آتِيهِ يَوْمَ الْقِيامَةِ فَرْداً (٩٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَقالُوا اتَّخَذَ الرَّحْمنُ وَلَداً) يَعْنِي الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى، وَمَنْ زَعَمَ أَنَّ الْمَلَائِكَةَ بَنَاتُ اللَّهِ. وَقَرَأَ يَحْيَى والأعمش وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَعَاصِمٌ وَخَلَفٌ: " وُلْدًا" بِضَمِّ الْوَاوِ وَإِسْكَانِ اللَّامِ، فِي أَرْبَعَةِ مَوَاضِعَ: مِنْ هَذِهِ السورة قوله تعالى: " لَأُوتَيَنَّ مالًا وَوَلَداً" [مريم: ٧٧] وقد تقدم، وَقَوْلُهُ: " أَنْ دَعَوْا لِلرَّحْمنِ وَلَداً. وَما يَنْبَغِي لِلرَّحْمنِ أَنْ يَتَّخِذَ وَلَداً" . وَفِي سُورَةِ نُوحٍ " مالُهُ وَوَلَدُهُ" «١» [نوح: ٢١] . وَوَافَقَهُمْ فِي " نُوحٍ" خَاصَّةً ابْنُ كَثِيرٍ وَمُجَاهِدٌ وَحُمَيْدٌ وَأَبُو عَمْرٍو وَيَعْقُوبُ. وَالْبَاقُونَ فِي الْكُلِّ بِالْفَتْحِ فِي الْوَاوِ وَاللَّامِ وَهُمَا لُغَتَانِ مِثْلَ والعرب وَالْعُرْبِ وَالْعَجَمِ وَالْعُجْمِ قَالَ: وَلَقَدْ رَأَيْتُ مَعَاشِرًا ... قَدْ ثَمَّرُوا مَالًا وَوُلْدًا وَقَالَ آخَرُ: وَلَيْتَ فُلَانًا كَانَ فِي بَطْنِ أُمِّهِ ... وَلَيْتَ فُلَانًا كَانَ وُلْدَ حِمَارِ وَقَالَ فِي مَعْنَى ذَلِكَ النَّابِغَةُ: مَهْلًا فِدَاءً لَكَ الْأَقْوَامُ كُلُّهُمْ ... وَمَا أُثَمِّرُ مِنْ مَالٍ وَمِنْ وَلَدِ فَفَتَحَ. وَقَيْسٌ يَجْعَلُونَ الْوُلْدَ بِالضَّمِّ جَمْعًا وَالْوَلَدَ بِالْفَتْحِ وَاحِدًا. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: الْوَلَدُ قَدْ يَكُونُ وَاحِدًا وَجَمْعًا وَكَذَلِكَ الْوُلْدُ بِالضَّمِّ. وَمِنْ أَمْثَالِ بَنِي أَسَدٍ: وُلْدُكِ مَنْ دَمَّى عَقِبَيْكِ «٢» . وَقَدْ يَكُونُ الْوُلْدُ جَمْعَ الْوَلَدِ مِثْلَ أُسْدٍ وَأَسَدٍ وَالْوِلْدُ بِالْكَسْرِ لغة في الولد. النحاس: وفرق
(١). راجع ج ١٨ ص ٣٠٦. (٢). أي من نفست به فأدمى النفاس عقبيك فهو ابنك. [ ..... ]

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