Et Abou Hourayra ainsi qu’al-Ḥasan – qu’Allah les agrée tous deux –
ainsi que l’Akfash, al-Farâ’ et Ibn al-Aʿrâbî, disent : « pieds nus, marchant ».
D’autres ont dit : « seuls, chacun isolément ».
Al-Azhari déclare : c’est-à-dire qu’ils seront à pied et assoiffés tels les chameaux qui se rendent à l’abreuvoir ; on dit en arabe : « Voici le wird (la caravane) des fils d’Untel qui arrive ».
Al-Qouchayrî commente : le terme « wirdan » indique la soif, car l’on ne se rend à l’eau, la plupart du temps, qu’en raison de la soif. Dans le Tafsîr, on lit : « à pied, assoiffés, leurs cous se rompent de soif ». De même que l’on poussera les criminels vers le Feu, on rassemblera les pieux vers le Paradis. On a encore dit que « wirdan » signifie « pour le fait de parvenir », comme lorsque l’on dit : « Je suis venu en honneur pour toi », c’est-à-dire « pour t’honorer » ; autrement dit : « Nous les conduirons pour qu’ils parviennent au Feu ».
Je (l’auteur) dis : il n’y a aucune contradiction entre ces différentes explications : ils seront donc conduits assoiffés, pieds nus, marchant, chacun séparément.
Ibn ʿArafah dit : al-wird désigne la troupe qui vient à l’eau ; les assoiffés ont donc été appelés « wird » parce qu’ils cherchent à atteindre l’eau, de même que l’on dit « qawm ṣawm » pour « des gens en jeûne » et « qawm zawr » pour « des visiteurs ». Il s’agit d’un nom ayant la forme d’un infinitif, et chacun d’eux est un « wârid ». Al-wird signifie également le groupe – d’oiseaux ou de chameaux – qui vient s’abreuver, et même l’eau à laquelle on se rend. Cela relève de la suggestion d’une chose par une autre. Al-wird désigne encore la portion [quotidienne] du Coran ; on dit : « J’ai récité mon wird ». Enfin, le wird est la poussée de fièvre qui saisit quelqu’un à heure fixe. Il s’agit donc, à l’évidence, d’un terme polysémique.
Le poète a dit en décrivant un puits :
« Il déborde lorsque le wird s’y presse »,
c’est-à-dire les quêteurs d’eau qui veulent s’y abreuver.
La parole d’Allah, Exalté soit-Il :
« Ils ne disposeront pas de l’intercession »
c’est-à-dire que ces mécréants ne posséderont le droit d’intercéder pour personne,
« sauf celui qui aura contracté un engagement auprès du Tout-Miséricordieux » ;
ce sont les musulmans, car eux possèderont l’intercession. Il s’agit donc d’une exception sortant quelque chose d’un genre différent : autrement dit, celui qui aura pris auprès du Tout-Miséricordieux un engagement, celui-là intercédera ; le relatif « man » est alors à l’accusatif.
D’autres ont dit qu’il est au nominatif, en apposition au pronom sujet de « yamlikûn » : « Nul ne détient auprès d’Allah l’intercession, si ce n’est celui qui aura pris auprès du Tout-Miséricordieux un engagement » ; celui-là la détient ; ainsi s’explique l’exception.