Parole du Très-Haut :
« أَطَّلَعَ الْغَيْبَ »
Le alif initial est le alif interrogatif, introduit ici parce que la particule « أَمْ » vient aussitôt après. L’ensemble exprime le blâme. La forme originelle était « أَأَطَّلَعَ » ; le deuxième alif – alif de liaison – a été omis.
Si l’on objecte : « Pourquoi n’a-t-on pas placé une voyelle longue (madd) après le alif et ne l’a-t-on pas prononcé “آطَّلَع” comme on dit : “آللَّهُ خَيْرٌ” ou “آلذَّكَرَيْنِ حَرَّمَ” ? », on répond : l’original, dans ces deux expressions, est « أَاللَّهُ », « أَالذَّكَرَيْنِ ». On a substitué au second alif un allongement pour distinguer la phrase interrogative de l’énoncé affirmatif ; car, si l’on disait « اللَّهُ خَيْرٌ » sans allongement, la question se confondrait avec l’affirmation.
Dans « أَطَّلَعَ », cette précaution n’est pas nécessaire : le alif de l’interrogation est ouvert (fatha) alors que le alif de l’énoncé affirmatif est souscrit (kasra). Ainsi, à l’interrogatif tu dis, en ouvrant : « أَطَّلَعَ ؟ », « أَفَتَرَى ؟ », « أَصْطَفَى ؟ », « أَسْتَغْفَرْتَ ؟ » ; tandis qu’à l’affirmatif tu dis, en cassant : « اطَّلَعَ », « افْتَرَى », « اصْطَفَى », « اسْتَغْفَرْتَ لَهُمْ ». La distinction est donc assurée par l’ouverture et la cassure, sans besoin d’un autre procédé.
Parole du Très-Haut : « كَلَّا »
Dans la première moitié du Coran on ne rencontre pas « كَلَّا » ; il n’apparaît que dans la seconde. Le mot comporte deux sens :
- « Certes », « En vérité » ;
- « Non ».
Lorsqu’il signifie « certes », il est permis de s’arrêter (waqf) sur ce qui précède, puis de reprendre par « كَلَّا », c’est-à-dire : « En vérité … ». Lorsqu’il signifie « non », on peut également faire le waqf sur « كَلَّا », comme dans le présent verset, car le sens est : « Non, l’affaire n’est pas ainsi. »
Il est permis de s’arrêter sur « عَهْدًا » (v. 80) puis de commencer par « كَلَّا », au sens de : « Certes, Nous inscrirons ce qu’il dit. » De même pour Sa parole : « لَعَلِّي أَعْمَلُ صَالِحًا فِيمَا تَرَكْتُ كَلَّا » (Al-Mu’minûn, 100) ; l’arrêt est recevable soit sur « كَلَّا », soit sur « تَرَكْتُ ».
De même encore, dans : « وَلَهُمْ عَلَيَّ ذَنْبٌ فَأَخَافُ أَنْ يَقْتُلُونِ قَالَ كَلَّا », le waqf se fait sur « كَلَّا », car le sens est : « Non, il n’en est pas comme tu le penses. Allez donc tous deux… » ; ici le sens « certes » n’a pas lieu.
Al-Farrâ’ a dit : « كَلَّا » se comporte comme « سَوْفَ » ; c’est une particule de réfutation, équivalant à « oui » ou « non » lorsqu’il s’agit de clore le propos. Il ajoute : si tu considères « كَلَّا » comme liée à ce qui suit, tu n’y fais pas d’arrêt, comme dans : « كَلَّا وَرَبِّ الْكَعْبَةِ » ; on ne s’arrête pas sur « كَلَّا », car elle tient ici la place de « إِي وَرَبِّ الْكَعْبَةِ ».
Allah, exalté soit-Il, dit : « كَلَّا وَالْقَمَرِ » (Al-Muddaththir, 32) ; il est répréhensible de s’arrêter sur « كَلَّا », car elle est liée au serment. Abû Ja‘far Muḥammad b. Sa‘dân tenait sur « كَلَّا » le même avis qu’Al-Farrâ’.
Al-Akhfash, pour sa part, a dit que le sens de « كَلَّا » est