Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On peut envisager une troisième explication : c’est-à-dire que la parole divine « Et Allah accroît ceux qui se sont guidés » signifie : Il leur ajoute, en matière d’obéissance, une « guidée » les menant au Paradis ; les deux sens étant voisins. Nous avons déjà exposé, dans la sourate Âl-‘Imrân et ailleurs, la question de l’accroissement des œuvres, de la foi et de la guidée.

Quant à l’expression « les œuvres pies impérissables », elle a déjà été commentée dans la sourate al-Kahf.

La parole : « Meilleur est, auprès de ton Seigneur, (leur) salaire » veut dire : leur rétribution. Et « meilleur (est) leur retour » : c’est-à-dire, dans l’Au-delà, que tout ce dont les mécréants s’enorgueillissent en ce bas monde. Le terme al-marddu est ici un masdar, comme ar-radd, c’est-à-dire : il est meilleur comme retour envers celui qui l’a accompli, par une récompense. On dit : « Ceci est plus profitable pour toi ». D’autres ont dit : « meilleur (est) le retour » signifie : le lieu où l’on revient, car chacun sera renvoyé à l’œuvre qu’il aura accomplie.

[ Sourate Maryam (19), versets 77-80 ]

  1. Vois-tu celui qui a mécru en Nos signes et qui dit : « On me donnera certes biens et enfants » ?
  2. A-t-il sondé l’inconnu, ou bien a-t-il pris auprès du Tout-Miséricordieux un engagement ?
  3. Point du tout ! Nous inscrirons assurément ce qu’il dit et Nous prolongerons pour lui le châtiment, longuement.
  4. Nous hériterons de tout ce qu’il avance, et il Nous viendra solitaire.

Parole du Très-Haut : « Vois-tu celui qui a mécru en Nos signes… »

Les Imâms ont rapporté – la version citée étant celle de Muslim – d’après Khabbâb : « J’avais une créance sur al-‘Âṣ ibn Wâ’il. Je me présentai donc à lui pour la recouvrer. Il me dit : “Je ne te paierai pas avant que tu ne renies Muhammad.” Je répondis : “Je ne le renierai pas, fût-ce jusqu’à ta mort, puis ta résurrection.” Il reprit : “Serai-je réellement ressuscité après la mort ?! Eh bien, lorsque je reviendrai à des biens et à des enfants, je te rembourserai.” » Waki‘ dit : « Ainsi a rapporté al-A‘mach. » C’est alors que furent révélés les versets : « Vois-tu celui qui a mécru en Nos signes et qui dit : ‘On me donnera certes biens et enfants’… jusqu’à ‘et il Nous viendra solitaire’ (80). »

Dans une autre version, Khabbâb rapporte : « J’étais forgeron à l’époque pré-islamique et j’avais confectionné un ouvrage pour al-‘Âṣ ibn Wâ’il. Je me rendis ensuite auprès de lui pour recevoir mon paiement… » Ce récit a également été consigné par al-Bukhârî.

Al-Kalbî et Muqâtil mentionnent que Khabbâb, forgeron de son état, avait fabriqué pour al-‘Âṣ des ornements de bijouterie, puis était venu lui réclamer son salaire. Al-‘Âṣ lui dit : « Je ne dispose aujourd’hui de rien pour te régler. » Khabbâb répliqua : « Je ne te quitterai pas avant d’être payé. » Al-‘Âṣ s’exclama : « Ô Khabbâb ! Que t’arrive-t-il ? Tu n’étais pas ainsi ; tu étais même fort mesuré dans tes demandes. » Khabbâb répondit : « Certes, j’étais sur ta religion ; mais aujourd’hui, je suis sur la religion de l’Islam et me suis séparé de la tienne. » Al-‘Âṣ dit : « Ne prétendez-vous pas qu’il y a, au Paradis, de l’or, de l’argent et de la soie ? » Khabbâb confirma : « Si, certes. » – « Alors diffère-moi jusqu’à ce que je te règle. »

وَيَحْتَمِلُ ثَالِثًا- أَيْ " وَيَزِيدُ اللَّهُ الَّذِينَ اهْتَدَوْا" إِلَى الطَّاعَةِ " هُدىً" إِلَى الْجَنَّةِ وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ. وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِي مَعْنَى زِيَادَةِ الْأَعْمَالِ وَزِيَادَةِ الْإِيمَانِ وَالْهُدَى فِي " آلِ عِمْرَانَ" «١» وَغَيْرِهَا. (وَالْباقِياتُ الصَّالِحاتُ) تَقَدَّمَ فِي (الْكَهْفِ) «٢» الْقَوْلُ فِيهَا. (خَيْرٌ عِنْدَ رَبِّكَ ثَواباً) أَيْ جَزَاءً: (وَخَيْرٌ مَرَدًّا) أَيْ فِي الْآخِرَةِ مِمَّا افْتَخَرَ بِهِ الْكُفَّارُ فِي الدُّنْيَا. وَ (الْمَرَدُّ) مَصْدَرٌ كَالرَّدِّ، أَيْ وَخَيْرٌ رَدًّا عَلَى عَامِلِهَا بِالثَّوَابِ، يُقَالُ: هَذَا أَرَدُّ عَلَيْكَ أَيْ أَنْفَعُ لَكَ. وَقِيلَ " خَيْرٌ مَرَدًّا" أَيْ مَرْجِعًا فَكُلُّ أَحَدٍ يُرَدُّ إلى عمله الذي عمله. [سورة مريم (١٩) : الآيات ٧٧ الى ٨٠] أَفَرَأَيْتَ الَّذِي كَفَرَ بِآياتِنا وَقالَ لَأُوتَيَنَّ مَالًا وَوَلَداً (٧٧) أَطَّلَعَ الْغَيْبَ أَمِ اتَّخَذَ عِنْدَ الرَّحْمنِ عَهْداً (٧٨) كَلاَّ سَنَكْتُبُ مَا يَقُولُ وَنَمُدُّ لَهُ مِنَ الْعَذابِ مَدًّا (٧٩) وَنَرِثُهُ مَا يَقُولُ وَيَأْتِينا فَرْداً (٨٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَفَرَأَيْتَ الَّذِي كَفَرَ بِآياتِنا) رَوَى الْأَئِمَّةُ- وَاللَّفْظُ لِمُسْلِمٍ- عَنْ خَبَّابٍ قَالَ: كَانَ لِي عَلَى الْعَاصِ بْنِ وَائِلٍ دَيْنٌ فَأَتَيْتُهُ أَتَقَاضَاهُ فَقَالَ لِي: لَنْ أَقْضِيَكَ حَتَّى تكفر بمحمد. قال: فقلت لَهُ لَنْ أَكْفُرَ بِهِ حَتَّى تَمُوتَ ثُمَّ تُبْعَثَ. قَالَ: وَإِنِّي لَمَبْعُوثٌ مِنْ بَعْدِ الْمَوْتِ؟! فَسَوْفَ أَقْضِيكَ إِذَا رَجَعْتُ إِلَى مَالٍ وَوَلَدٍ. قَالَ وَكِيعٌ: كَذَا قَالَ الْأَعْمَشُ، فَنَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ: " أَفَرَأَيْتَ الَّذِي كَفَرَ بِآياتِنا وَقالَ لَأُوتَيَنَّ مَالًا وَوَلَداً" إِلَى قَوْلِهِ: " وَيَأْتِينا فَرْداً ٨٠" . فِي رِوَايَةٍ قَالَ: كُنْتُ قَيْنًا «٣» فِي الْجَاهِلِيَّةِ فَعَمِلْتُ لِلْعَاصِ بْنِ وَائِلٍ عَمَلًا، فَأَتَيْتُهُ أَتَقَاضَاهُ. خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ أَيْضًا. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ وَمُقَاتِلٌ: كَانَ خَبَّابٌ قَيْنًا فَصَاغَ لِلْعَاصِ حُلِيًّا ثُمَّ تَقَاضَاهُ أُجْرَتَهُ فَقَالَ الْعَاصُ: مَا عِنْدِي الْيَوْمَ مَا أَقْضِيكَ. فَقَالَ خَبَّابٌ: لَسْتُ بِمُفَارِقِكَ حَتَّى تَقْضِيَنِي فَقَالَ الْعَاصُ: يَا خَبَّابُ مَا لَكَ؟! مَا كُنْتَ هَكَذَا، وَإِنْ كُنْتَ لَحَسَنَ الطَّلَبِ. فَقَالَ خَبَّابٌ: إني كنت على دينك فأما اليوم فأنا على دين الإسلام مفارق لدينك، قال: أو لستم تَزْعُمُونَ أَنَّ فِي الْجَنَّةِ ذَهَبًا وَفِضَّةً وَحَرِيرًا؟ قَالَ خَبَّابٌ: بَلَى قَالَ فَأَخِّرْنِي حَتَّى أَقْضِيَكَ
(١). راجع ج ٤ ص ٢٨٠ فما بعد. (٢). راجع ج ١٠ ص ٤١٤ فما بعد. (٣). القين: الحداد والصائغ.

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