Celui qui est dans la vérité quant à sa religion – qu’Allâh le raffermisse – et c’est comme s’ils n’avaient jamais aperçu, chez les mécréants, le moindre indigent, ni, chez les musulmans, le moindre fortuné. Ils ignorent qu’Allâh – Très-Haut – a détourné Ses alliés de la duperie de ce bas-monde et de l’attrait excessif qu’il exerce.
« Des versets clairement exposés » : on entend par là des énoncés dont la diction est soigneusement modulée, dont les sens sont condensés, exposant nettement les finalités. Il s’agit tantôt de passages sans équivoque (muhkāmât), tantôt d’autres du type équivoque (mutashābihât) aussitôt éclairés par les muhkāmât, ou encore d’enseignements que le Messager – paix et salut sur lui – a explicités de parole ou d’acte. Il peut s’agir également de manifestations évidentes de l’inimitabilité du Coran, mises au défi sans qu’il soit possible de leur opposer quoi que ce soit, ou enfin de preuves et d’arguments décisifs.
L’expression se comprend comme un état de renforcement, à l’instar de Sa parole : « alors qu’il est la Vérité, venant confirmer » – car les versets d’Allâh ne sauraient être que limpides et démonstratifs.
« Dirent les mécréants » – il s’agit des polythéistes de Quraych, al-Naḍr b. al-Ḥārith et ses comparses – « à ceux qui ont cru » : c’est-à-dire aux compagnons pauvres du Prophète – paix et salut sur lui – dont l’apparence était fruste, la vie rude et les vêtements usés, tandis que les polythéistes peignaient leurs chevelures, oignaient leurs têtes et revêtaient les plus beaux habits ; ils dirent donc aux croyants :
« Quel des deux groupes est meilleur en position et plus agréable en assemblée ? »
Ibn Kathîr, Ibn Muḥayṣin, Ḥumayd et Shibl b. ʿAbbād ont lu « muqāman » (avec ḍamma sur la mîm), désignant le lieu de séjour ; le mot peut aussi être un nom d’action signifiant « résidence ». Les autres lecteurs ont rendu « maqāman » (avec fatḥa), c’est-à-dire demeure, habitation.
On a dit encore : « al-muqām » est l’endroit où l’on se tient pour les affaires importantes ; autrement dit : quel groupe possède le plus grand prestige et le plus d’appuis ?
« Et qui possède la plus belle ‘nadîyyan’ » : c’est-à-dire la plus honorable assemblée, selon Ibn ʿAbbâs. Il en dit également : la meilleure apparence ; dans la langue « al-nadî » désigne le lieu où l’on se réunit. De là vient « Dâr al-Nadwa », car les polythéistes s’y concertaient. On dit : « nâdâhu » c’est-à-dire il s’assit avec lui dans le nadî.
Dans le vers suivant :
« Je fais appel, par son nom, aux fils d’al-Walîd et à Jaʿfar »,
« al-nadî » – sur le schème faʿîl – signifie l’assemblée d’un peuple, leur porte-parole ; de même « al-nadwa », « al-nâdî », « al-muntadâ » et « al-mutanaddâ ». Si l’assemblée se disperse, on ne parle plus de nadî, dit al-Jawharî.
Sa parole – Très-Haut – : « Et que de générations avons-Nous anéanties avant eux ! » c’est-à-dire combien de communautés et de groupes.
« Elles étaient mieux pourvues en ‘athâth’ » : c’est-à-dire en mobilier et en biens en abondance. À ce propos on a récité :
« Une ramure noire d’ébène pare le dos,
Si dense qu’elle rappelle la grappe alourdie du palmier. »