« … entreront au Paradis ». Quant à sa parole – paix et salut sur lui – : « ils n’ont pas atteint le ḥinth », elle signifie, selon les gens de science, qu’ils n’ont pas atteint l’âge de la puberté ni l’âge à partir duquel un péché leur serait imputable. C’est la preuve que les enfants des musulmans se trouvent au Paradis – et Allah sait mieux –, car, quand la miséricorde englobe leurs parents, il est inconcevable qu’ils soient exclus de la miséricorde à cause de quelqu’un qui ne serait pas récipiendaire de cette miséricorde.
Il y a, sur ce point, l’unanimité des savants : les enfants des musulmans sont au Paradis. Seule une faction marginale parmi les ǧabriyya a divergé, les considérant soumis au bon vouloir (divin). Cet avis délaissé est rejeté par le consensus des autorités auxquelles il n’est pas permis de s’opposer et qu’il n’est pas envisageable de voir se tromper, en plus de ce qui est rapporté du Prophète – paix et salut sur lui – par des transmetteurs uniques, fiables et probes.
Quant à sa parole – paix et salut sur lui : « Est malheureux celui qui est voué au malheur dans le ventre de sa mère, et est heureux celui qui est voué au bonheur dans le ventre de sa mère; certes, l’ange descend et inscrit son terme, son œuvre et sa subsistance », le hadith est à comprendre de façon spécifique : l’enfant musulman qui meurt avant d’avoir pu agir fait partie de ceux qui ont été voués au bonheur dans le ventre de leur mère et n’a pas été voué au malheur, selon le témoignage des hadiths et de l’unanimité.
De même, le propos qu’il adressa à ʿÂʾicha – qu’Allah l’agrée – : « Ô ʿÂʾicha, Allah a créé le Paradis et lui a désigné des habitants lorsqu’ils étaient encore dans les lombes de leurs pères; Il a créé le Feu et lui a désigné des habitants lorsqu’ils étaient encore dans les lombes de leurs pères », est un hadith caduc, faible et rejeté à l’unanimité des savants et des traditions. Ṭalḥa b. Yaḥyā, son transmetteur, est faible et l’on ne se fonde pas sur ses récits; comme il est seul à le rapporter, on n’y accorde pas de considération.
Šuʿba a rapporté d’après Muʿâwiya b. Qurra b. Iyâs al-Muzanî, d’après son père, que le Prophète – paix et salut sur lui – dit : un homme des Anṣâr perdit un jeune fils et en fut profondément peiné. Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – lui dit : « Ne te réjouis-tu pas de ce qu’il n’est pas une porte du Paradis auprès de laquelle tu te présenteras sans le trouver en train de demander qu’on t’ouvre ? » Ils dirent alors : « Ô Messager d’Allah, cela lui est-il réservé ou concerne-t-il l’ensemble des musulmans ? » – « C’est, répondit-il, pour l’ensemble des musulmans. »
Abû ʿUmar déclare : ce hadith est authentique et solide quant au sens que nous avons exposé, lequel est appuyé par le consensus de la majorité. Il contredit et réfute le hadith de Yaḥyâ.
Il ajoute : selon moi, ces hadiths et récits similaires s’adressent à celui qui observe ses obligations, évite les grands péchés, fait preuve de patience et recherche la récompense dans l’épreuve; en effet, à cette époque, le discours ne visait qu’un peuple dont la plupart avait ces caractéristiques : les Compagnons – qu’Allah les agrée tous.
An-Naqqâš rapporte de certains qu’ils ont dit : la parole du Très-Haut : « Il n’y en a pas parmi vous qui ne passera par elle » (Maryam, 71) est abrogée par Sa parole : « Ceux auxquels Notre bienveillance a déjà été promise seront éloignés d’elle » (Al-Anbiyâ’, 101).