Le hadith –. Al-Zajjâj a renforcé cette opinion en invoquant la parole du Très-Haut : « Quant à ceux auxquels Nous avons déjà accordé la plus belle récompense, ceux-là seront tenus loin d’elle » (v. 101).
Mujâhid a dit : le passage (al-wurûd) des croyants par le Feu correspond à la fièvre qui atteint le croyant dans la demeure d’ici-bas ; cette fièvre constitue la part du croyant du Feu, de sorte qu’il n’y entrera pas.
Abû Hurayra rapporte que le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – se rendit auprès d’un malade qui souffrait de fièvre. Le Prophète ﷺ lui dit : « Annonce-toi la bonne nouvelle, car Allah, béni et exalté, dit : “C’est Mon Feu que Je fais subir à Mon serviteur croyant afin qu’il représente sa part du Feu.” »
Abû ‘Umar l’a rapporté avec la chaîne suivante : ‘Abd al-Wârith b. Sufyân – Qâsim b. Aṣbagh – Muḥammad b. Ismâ‘îl aṣ-Ṣâʾigh – Abû Usâma – ‘Abd ar-Raḥmân b. Yazîd b. Jâbir – Ismâ‘îl b. ‘Ubayd-Allâh [d’après Abû Ṣâliḥ al-Ash‘arî] – Abû Hurayra – le Prophète ﷺ qui visita un malade, puis cita ces paroles. Dans ce hadith il est dit : « La fièvre est la part du croyant du Feu. »
Un autre groupe a déclaré : le “passage” consiste à la vision de l’Enfer dans la tombe ; celui qui est promis au salut en sera préservé, alors que celui à qui l’entrée a été décrétée y sera exposé, puis il en sortira grâce à l’intercession ou à une autre miséricorde d’Allah, exalté soit-Il.
Ils se fondent sur le hadith d’Ibn ‘Umar : « Lorsque l’un de vous meurt, on lui présente matin et soir sa place (future)… » – tout le hadith.
Wakî‘ a rapporté, d’après Shu‘ba, d’après ‘Abd Allâh b. as-Sâʾib, d’après un homme, d’après Ibn ‘Abbâs, au sujet de la parole du Très-Haut : « Il n’y en a pas parmi vous qui ne passera par elle », qu’il s’agit là d’une adresse aux mécréants.
Il est également rapporté de lui qu’il lisait : « Et il n’y en a pas parmi eux », en continuité avec les versets précédents concernant les mécréants : « Par ton Seigneur ! Nous les rassemblerons, eux et les démons, puis Nous les placerons, agenouillés, autour de la Géhenne ; ensuite Nous retirerons de chaque clan ceux qui se montraient les plus rebelles envers le Tout-Miséricordieux, et Nous sommes certes les plus informés de ceux qui méritent le plus d’y être brûlés » (Maryam, 68-70). C’est également la lecture d’Ikrima et de plusieurs autres, et, selon cette récitation, nulle objection n’est recevable.
Un autre groupe a dit : le pronom « parmi vous » (minkum) vise les mécréants, c’est-à-dire : « Dis-leur, ô Muhammad ». Cette interprétation est également aisée à admettre ; en effet, la lettre kâf de « minkum » renvoie au pronom hâ de « Nous les rassemblerons, eux et les démons, puis Nous les placerons autour de la Géhenne ». Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le kâf renvoie au hâ ; on observe le même procédé dans la parole du Très-Haut : « Et leur Seigneur les abreuvera d’une boisson pure. Cela est pour vous une récompense, et votre effort a été reconnu » (al-Insân, 21-22) ; le sens est : « c’était pour eux », et le kâf renvoie à la hâ.
La majorité toutefois affirme que l’interpellation concerne l’ensemble de l’humanité, et qu’il est inéluctable que tous passent par le Feu ; c’est sur cette base que le débat s’est développé.