Ils ont dit : « N’entrera pas dans le Feu celui qu’Allah s’est engagé à en éloigner. » Ceux-là lisaient le mot « ثَمَّ » (thamma) avec la voyelle fatha dans la parole : « ثَمَّ نُنَجِّي الَّذِينَ اتَّقَوْا ».
Les tenants de la première opinion leur ont rétorqué que le sens de : « أُولٰئِكَ عَنْهَا مُبْعَدُونَ » (Ils en seront tenus loin) est : loin du châtiment et de la brûlure qui s’y trouvent. Ils disent donc : « Quiconque est entré dans le Feu sans en éprouver la moindre sensation ni douleur en est, en réalité, écarté. » Ils s’appuient encore sur la parole du Très-Haut : « ثُمَّ نُنَجِّي الَّذِينَ اتَّقَوْا », en prononçant « ثُمَّ » (thumma) avec ḍamma ; la conjonction « ثُمَّ » indique ici un salut qui intervient après l’entrée.
Je dis : Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim on lit : « Puis on dressera le pont (ṣirâṭ) au-dessus de la Géhenne et l’intercession deviendra permise ; ils diront alors : Ô Allah, préserve-nous ! préserve-nous ! » – On demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce que ce pont ? » Il répondit : « Un endroit glissant, où se trouvent des crocs, des grappins et des pointes semblables aux épines du sa‘dân que l’on rencontre au Najd. Les croyants le franchiront comme un clin d’œil, comme l’éclair, comme le vent, comme l’oiseau ou comme les meilleurs coursiers et cavaliers ; certains seront sains et saufs, d’autres égratignés puis relâchés, et d’autres encore précipités dans le Feu de la Géhenne. » – Fin du ḥadith.
C’est ce texte que cite celui qui affirme que le passage sur le ṣirâṭ constitue le « wurûd » mentionné dans ce verset et non une entrée dans le Feu.
Un autre groupe a déclaré : « Il s’agit plutôt d’un wurûd d’approche, de surplomb et de proximité. Les gens sont présents au lieu du Jugement, tout près de la Géhenne ; ils la voient et la contemplent tandis que se déroule la reddition des comptes, puis Allah sauve ceux qui Le craignaient de ce qu’ils avaient sous les yeux et les conduit au Paradis ; quant aux injustes, Il ordonne qu’ils soient jetés dans le Feu », selon Sa Parole : « وَنَذَرُ الظَّالِمِينَ ».
Allah – Exalté soit-Il – a dit : « Et lorsque Moïse arriva aux eaux de Madyan » – c’est-à-dire : il s’en approcha, sans y pénétrer. De même, Zuhayr a dit :
« Lorsque nous arrivâmes à l’eau, bleue et abondante… »
Hafṣa rapporta que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Nul n’entrera dans le Feu parmi les gens de Badr et de Ḥudaybiyya. » Elle dit : « Ô Messager d’Allah, qu’en est-il alors de la parole du Très-Haut : ‘Il n’y a pas un seul d’entre vous qui ne passera par elle’ ? » Le Prophète – paix et salut sur lui – répondit : « Doucement ! N’as-tu pas entendu : ‘Puis Nous sauverons ceux qui auront craint Allah et Nous laisserons les injustes, agenouillés, en son sein’ ? »
Muslim l’a rapporté d’après Umm Mubashshir qui a dit : « J’ai entendu le Prophète – paix et salut sur lui – tenir ces propos chez Hafṣa. »