Le serment
(1) Az-Zuhrî déclara : « Il semble qu’il vise ce verset : ﴿وَإِنْ مِنْكُمْ إِلَّا وَارِدُهَا﴾. » Ce propos est rapporté par Abû Dâwûd at-Tayâlisî. Ainsi, son expression : « إلَّا تَحِلَّةَ القَسَمِ » doit être comprise, dans l’exégèse à chaîne authentique, comme se référant au serment mentionné dans ce hadith, lequel – d’après les savants – correspond à la parole du Très-Haut : ﴿وَإِنْ مِنْكُمْ إِلَّا وَارِدُهَا﴾.
On a cependant avancé que le serment visé serait la parole divine : ﴿وَٱلذَّارِيَٰتِ ذَرۡوࣰا … إِنَّمَا تُوعَدُونَ لَصَادِقٞ * وَإِنَّ ٱلدِّینَ لَوَاقِعࣱ﴾. La première opinion est néanmoins la plus répandue et le sens des deux textes demeure proche.
Deuxième point
Les avis divergent au sujet du « wurûd ». Il fut dit : al-wurûd signifie « entrer ». Il est rapporté de Jâbir b. ‘Abdillâh qu’il a entendu le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – dire :
« Al-wurûd, c’est l’entrée ; il ne restera ni vertueux ni pervers sans qu’il n’y entre. Pour les croyants, elle deviendra fraîcheur et salut comme elle le fut pour Ibrâhîm. ﴿ثُمَّ نُنَجِّي ٱلَّذِينَ ٱتَّقَوا۟ وَنَذَرُ ٱلظَّـٰلِمِینَ فِیهَا جِثِیࣰّا﴾. » Ce hadith est rapporté avec chaîne par Abû ‘Umar dans « at-Tamhîd ».
Tel est l’avis d’Ibn ‘Abbâs, Khâlid b. Ma‘dân, Ibn Jurayj et d’autres. Yûnus [d’après al-Husayn] récitait également : « ﴿وَإِنْ مِنْكُمْ إِلَّا وَارِدُهَا﴾ – al-wurûd, c’est l’entrée » comme commentaire intercalaire ; un transmetteur se trompa et le fit passer pour texte coranique.
Dans le Musnad d’ad-Dârimî, on lit, d’après ‘Abdullâh b. Mas‘ûd : le Prophète – paix et salut sur lui – a dit :
« Les gens arriveront au Feu, puis ils s’en écouleront selon leurs œuvres : les premiers comme un éclair, puis comme le vent, puis comme la course rapide d’un cheval, puis tel un cavalier pressé sur sa monture, puis comme un homme courant de toutes ses forces. »
Ibn ‘Abbâs dit à Nâfi‘ b. al-Azraq le khârijite : « Toi et moi, inéluctablement, nous y parviendrons ; quant à moi, Allâh m’en sauvera, quant à toi, je ne pense pas qu’Il te sauvera, à cause de ton démenti. »
Nombre de savants ont redouté la réalisation du wurûd et l’ignorance quant à la sortie ; nous l’avons explicité dans « at-Tadhkira ».
Un autre groupe a soutenu que le wurûd est le passage sur le pont (as-Sirât). Ceci est rapporté d’Ibn ‘Abbâs, d’Ibn Mas‘ûd, de Ka‘b al-Ahbâr, d’as-Suddi – qui le tient d’Ibn Mas‘ûd d’après le Prophète – et c’est aussi l’avis d’al-Hasan. Celui-ci affirma : « Le wurûd n’est pas l’entrée ; on dit : “Je suis arrivé à Bassora” sans pour autant y entrer. » Il précisa donc : « Le wurûd, c’est qu’ils passent sur le Sirât. »
Abû Bakr al-Anbârî déclara : « Des linguistes, suivant l’opinion d’al-Hasan, se sont appuyés sur la parole du Très-Haut : ﴿إِنَّ ٱلَّذِینَ سَبَقَتۡ لَهُم مِّنَّا ٱلۡحُسۡنَىٰۤ أُو۟لَٰۤئِكَ عَنۡهَا مُبۡعَدُونَ﴾ (Yâ‐Sîn 10). »