C’est-à-dire : prosternés, agenouillés, selon Moujâhid et Qatâdah ; en d’autres termes, la violence de ce qu’ils subissent les empêche de se tenir debout.
L’expression « autour de la Géhenne » peut signifier : à l’intérieur même de celle-ci, comme l’on dit : « les gens se sont assis autour de la Maison », c’est-à-dire à l’intérieur, l’entourant de toutes parts. Ainsi, la parole divine : « autour de la Géhenne » peut, dans cette optique, se rapporter à la situation qui suit l’entrée dans le Feu, tout comme elle peut concerner l’étape qui la précède.
Le terme « jithiyyan » est le pluriel de « jâthin ». On dit : « jathâ ‘alâ rukbatayhi , yajthu ou yajthî, juthûwan ou jithiyyan », sur les deux schèmes fu‘ûl. « Ajthâhu » signifie : « un autre l’a fait agenouiller ». De même, on dit : « qawmun juthiyyun » comme on dit : « jalasa julûsan » et « qawmun julûsun » ; on trouve aussi « jithiyyun » avec kasra sur le jîm, par assimilation à la voyelle kassra qui suit.
Ibn ‘Abbâs a dit : « jithiyyan » signifie : des groupes. Muqâtil a dit : « rassemblés, masse après masse » ; selon cette interprétation, le mot est le pluriel de « juthwah / jathwah / jithwah » – trois formes dialectales – qui désigne un tas de pierres ou de terre accumulées : les buveurs de vin d’un côté, les fornicateurs d’un autre, et ainsi de suite. C’est le sens qu’évoque le poète Tarafah :
« Tu vois deux tertres de poussière sur lesquels
Des plaques compactes de métal sont soigneusement superposées. »
Al-Hasan et Ad-Dahhâk ont dit : « agenouillés sur leurs genoux » ; d’après cette explication, il s’agit bien du pluriel de « jâthin » mentionné plus haut, la raison en étant l’exiguïté du lieu : ils ne peuvent s’y asseoir pleinement.
D’autres ont dit : agenouillés pour se quereller, conformément à la parole du Très-Haut : « Puis, certes, au Jour de la Résurrection, vous disputerez devant votre Seigneur. »
Le poète Al-Kumayt a dit :
« Ils ont laissé leur élite prosternée,
Tandis qu’eux, au-dessous des notables, sont enchaînés ensemble. »
Parole du Très-Haut :
« Puis Nous arracherons, de chaque faction… »
c’est-à-dire : Nous extraierons, de chaque communauté et de chaque confession,
« ceux d’entre eux qui se sont montrés les plus rebelles envers le Tout-Miséricordieux. »
An-Nahhâs : « Ce verset pose un problème grammatical, car tous les lecteurs du Coran le récitent avec “ayyuhum” au nominatif, à l’exception de Hârûn, le lecteur al-A‘war, de qui Sîbawayh a rapporté la lecture avec “ayyahum” à l’accusatif : “Puis Nous arracherons de chaque faction ayyahum…”, le verbe “lananzi‘anna” portant ainsi sur “ayyahum”. »
Abû Is’hâq dit que pour le nominatif de « ayyuhum » il existe trois avis. Al-Khalîl ibn Ahmad, cité par Sîbawayh, affirme qu’il est au nominatif par « reproduction de la citation » (al-hikâyah). Le sens serait alors : « Puis Nous arracherons, de chaque faction, celui au sujet duquel on dit – en raison de sa rébellion – : “Quel est donc le plus farouche dans sa révolte contre le Tout-Miséricordieux ?” » Al-Khalîl appuie son propos par ce vers :
« Il m’est arrivé de passer la nuit chez la jeune fille en un lieu tel qu’on dirait : point d’étroitesse ni d’interdiction pour moi. »
C’est-à-dire : « Je passe la nuit comme celui à qui l’on dit : il n’est ni gêné ni frustré. »
Abû Ja‘far An-Nahhâs poursuit : « J’ai vu Abû Is’hâq privilégier et apprécier cette explication, estimant qu’elle s’accorde avec l’interprétation des exégètes. Il prétend que le sens…»