Parole du Très-Haut :
« Par ton Seigneur, Nous les rassemblerons assurément ».
Il jure par Lui-même, après avoir établi la preuve, qu’Il les fera sortir de leurs tombeaux jusqu’au lieu du retour, tout comme Il y rassemblera les croyants.
« …et (Nous rassemblerons) les démons » :
c’est-à-dire : Nous regrouperons également les démons, compagnons de ces gens.
On a dit : chaque mécréant sera ressuscité, enchaîné à son démon, comme dans la Parole : « Rassemblez ceux qui ont été injustes ainsi que leurs épouses » (as-Sâffât, 22).
Az-Zamakhsharî précise que la particule « wa » dans « et les démons » peut marquer la simple coordination (« et ») ou avoir la portée de « avec », cette dernière nuance étant la plus forte ; le sens est donc qu’ils seront réunis avec leurs compagnons parmi les démons qui les ont égarés, chaque mécréant étant lié à son démon dans une chaîne.
Si tu dis : « Cela convient lorsque “l’homme” désigne spécifiquement les mécréants ; mais si le terme englobe l’humanité entière, comment concevoir qu’ils soient tous rassemblés avec les démons ? » – je réponds : lorsque tous les hommes sont convoqués en un même rassemblement, les mécréants, eux, sont attachés aux démons ; dès lors on peut dire qu’ils ont été réunis avec les démons, tout comme ils l’ont été avec les mécréants.
Si tu dis : « Pourquoi les bienheureux ne sont-ils pas séparés des damnés dès le rassemblement, comme ils le seront au moment de la rétribution ? » – je réponds : on ne les distingue pas sur l’esplanade ; ils sont amenés là où les damnés se tiennent agenouillés autour de la Géhenne, et ils s’approchent du Feu avec eux, afin que les bienheureux contemplent les états dont Allah les a sauvés et délivrés ; leur allégresse et leur joie en sont accrues, ils se réjouissent du malheur des ennemis d’Allah et des leurs, ce qui augmente encore la détresse, la peine et la colère de ces derniers en voyant le bonheur des alliés d’Allah et leur réjouissance à leur détriment.
Si tu dis : « Quel est le sens de les faire comparaître “agenouillés” ? » – je réponds : si “l’homme” est pris au sens particulier (les mécréants), cela signifie qu’ils seront traînés de l’esplanade jusqu’à la rive de la Géhenne, brutalement, dans l’état même où ils se trouvaient lors du rassemblement : agenouillés sur leurs genoux, sans marcher sur leurs pieds. En effet les gens de l’esplanade sont décrits comme agenouillés ; Allah, le Très-Haut, dit : « Tu verras chaque communauté agenouillée » – posture habituelle lors des débats et controverses, révélant tension et inquiétude, à l’opposé de la quiétude ; ou bien parce que l’horreur de l’évènement les submerge, au point qu’ils ne peuvent plus tenir debout et tombent sur leurs genoux.
Si le terme est compris dans son acception générale, le sens est qu’ils s’agenouilleront à l’instant où ils parviendront au bord de la Géhenne. Le mot « agenouillés » (jithiyyan) décrit alors un état implicite, identique à celui qu’ils avaient sur l’esplanade, car cette attitude accompagne l’arrêt pour le jugement, avant l’accès à la récompense ou au châtiment.
Et l’on dit encore que le sens de « Nous les ferons comparaître, agenouillés, autour de la Géhenne » est