Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sourate Maryam (19), versets 66 à 72

66 – « Et l’homme dit : “Lorsque je serai mort, serai-je vraiment ressuscité vivant ?” »
67 – « L’homme ne se rappelle-t-il donc pas que Nous l’avons certes créé auparavant, alors qu’il n’était rien ? »
68 – « Par ton Seigneur ! Nous les rassemblerons – eux et les démons – puis Nous les placerons, agenouillés, autour de l’Enfer. »
69 – « Ensuite Nous arracherons, de chaque groupe, ceux qui se seront montrés les plus rebelles envers le Tout Miséricordieux. »
70 – « Et c’est Nous qui savons le mieux lesquels d’entre eux méritent le plus d’y être précipités. »
71 – « Il n’est personne parmi vous qui ne la traverse ; telle est, auprès de ton Seigneur, une décision irrévocable. »
72 – « Puis Nous sauverons ceux qui auront été pieux, et Nous laisserons les injustes, agenouillés, en son sein. »

Commentaire
« Et l’homme dit : “Lorsque je mourrai, serai-je vraiment ressuscité vivant ?” »
– Le mot « l’homme » vise ici ʾUbayy ibn Khalaf : il trouva des ossements réduits en poussière, les écrasa dans sa main et s’écria : « Muhammad prétend que nous serons ressuscités après la mort ! » C’est ce qu’ont rapporté al-Kalbî, al-Wâḥidî, al-Thaʿlabî et al-Qushayrî. Selon al-Mahdawî, le verset descendit au sujet d’al-Walîd ibn al-Mughîra et de ses compagnons, ainsi que l’a dit Ibn ʿAbbâs.
– La particule « lâm » (لَـ) dans « لَسَوْفَ أُخْرَجُ » sert à l’insistance. L’homme s’est entendu dire : « Lorsque tu mourras, tu seras ressuscité vivant » ; il répond, dans le déni : « Quand je mourrai, serai-je réellement ressuscité vivant ? » La « lâm » revient donc dans sa réplique comme dans l’énoncé premier. Si la phrase avait été formulée de façon indépendante, la « lâm » n’y figurerait pas, car elle exprime l’affirmation alors même qu’il nie la résurrection.
– Ibn Dhakwân a lu « إِذا ما مِتُّ » comme une simple proposition affirmative, tandis que les autres lecteurs maintiennent l’interrogation avec hamza selon leurs règles.
– Al-Ḥasan et Abû Ḥaywa ont lu « لَسَوْفَ أُخْرَجُ حَيًّا » ; ils le disent par moquerie, puisqu’ils ne croient pas à la résurrection. Dans ce contexte, « l’homme » désigne donc le mécréant.

Parole du Très-Haut : « L’homme ne se rappelle-t-il donc pas… »
– C’est-à-dire : ne se souvient-il pas, celui qui vient de tenir ces propos, que Nous l’avons déjà créé auparavant, avant même qu’il ne formule sa question, alors qu’il n’était rien ? Or, ramener à la vie est aussi facile que créer pour la première fois ; pourquoi donc conteste-t-il ?
– Les gens de Koufa, à l’exception de ʿĀṣim, ainsi que les lecteurs de La Mecque, Abû ʿUmar et Abû Jaʿfar, récitent « أَوَلَا يَذَّكَّرُ » (avec intensification). Shayba, Nāfiʿ et ʿĀṣim lisent « أَوَلَا يَذْكُرُ » (forme légère). La lecture renforcée est préférable ; son origine est « يَتَذَكَّرُ », comme dans le verset : « Seuls se rappellent les doués d’intelligence » (13 : 19) et dans ses homologues. Dans la muṣḥaf d’Ubayy on lit « أَوَلَا يَتَذَكَّرُ » ; il s’agit d’une récitation interprétative qui diffère de l’orthographe usuelle.
– Le verbe « يَتَذَكَّرُ » signifie « méditer, réfléchir », tandis que « يَذْكُرُ » signifie « prendre conscience, savoir », explique an-Naḥḥâs.

[سورة مريم (١٩) : الآيات ٦٦ الى ٧٢] وَيَقُولُ الْإِنْسانُ أَإِذا مَا مِتُّ لَسَوْفَ أُخْرَجُ حَيًّا (٦٦) أَوَلا يَذْكُرُ الْإِنْسانُ أَنَّا خَلَقْناهُ مِنْ قَبْلُ وَلَمْ يَكُ شَيْئاً (٦٧) فَوَ رَبِّكَ لَنَحْشُرَنَّهُمْ وَالشَّياطِينَ ثُمَّ لَنُحْضِرَنَّهُمْ حَوْلَ جَهَنَّمَ جِثِيًّا (٦٨) ثُمَّ لَنَنْزِعَنَّ مِنْ كُلِّ شِيعَةٍ أَيُّهُمْ أَشَدُّ عَلَى الرَّحْمنِ عِتِيًّا (٦٩) ثُمَّ لَنَحْنُ أَعْلَمُ بِالَّذِينَ هُمْ أَوْلى بِها صِلِيًّا (٧٠) وَإِنْ مِنْكُمْ إِلاَّ وارِدُها كانَ عَلى رَبِّكَ حَتْماً مَقْضِيًّا (٧١) ثُمَّ نُنَجِّي الَّذِينَ اتَّقَوْا وَنَذَرُ الظَّالِمِينَ فِيها جِثِيًّا (٧٢) قوله تعالى: (وَيَقُولُ الْإِنْسانُ أَإِذا مَا مِتُّ لَسَوْفَ أُخْرَجُ حَيًّا) الْإِنْسَانُ هُنَا أبي ابن خَلَفٍ وَجَدَ عِظَامًا بَالِيَةً فَفَتَّتَهَا بِيَدِهِ وَقَالَ: زَعَمَ مُحَمَّدٌ أَنَّا نُبْعَثُ بَعْدَ الْمَوْتِ قَالَهُ الْكَلْبِيُّ ذَكَرَهُ الْوَاحِدِيُّ وَالثَّعْلَبِيُّ وَالْقُشَيْرِيُّ وَقَالَ الْمَهْدَوِيُّ نَزَلَتْ فِي الْوَلِيدِ بْنِ الْمُغِيرَةِ وَأَصْحَابِهِ وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَاللَّامُ فِي " لَسَوْفَ أُخْرَجُ حَيًّا" للتأكد. كَأَنَّهُ قِيلَ لَهُ إِذَا مَا مِتُّ لَسَوْفَ تبعث حيا فقال " أَإِذا مَا مِتُّ لَسَوْفَ أُخْرَجُ حَيًّا" ! قَالَ ذَلِكَ مُنْكِرًا فَجَاءَتِ اللَّامُ فِي الْجَوَابِ كَمَا كَانَتْ في القول الأول ولو كان مبتدئا لَمْ تَدْخُلِ اللَّامُ لِأَنَّهَا لِلتَّأْكِيدِ وَالْإِيجَابِ وَهُوَ مُنْكِرٌ لِلْبَعْثِ. وَقَرَأَ ابْنُ ذَكْوَانَ " إِذَا مَا مِتُّ" عَلَى الْخَبَرِ وَالْبَاقُونَ بِالِاسْتِفْهَامِ عَلَى أُصُولِهِمْ بِالْهَمْزِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَأَبُو حَيْوَةَ: " لَسَوْفَ أُخْرَجُ حَيًّا" قَالَهُ اسْتِهْزَاءً لِأَنَّهُمْ لَا يُصَدِّقُونَ بِالْبَعْثِ. وَالْإِنْسَانُ هَاهُنَا الْكَافِرُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَوَلا يَذْكُرُ الْإِنْسانُ) أي أو لا يَذْكُرُ هَذَا الْقَائِلُ (أَنَّا خَلَقْناهُ مِنْ قَبْلُ) أي من قبل سؤاله وقول هَذَا الْقَوْلَ (وَلَمْ يَكُ شَيْئاً) فَالْإِعَادَةُ مِثْلُ الِابْتِدَاءِ فَلِمَ يُنَاقِضُ. وَقَرَأَ أَهْلُ الْكُوفَةِ إِلَّا عَاصِمًا وَأَهْلُ مَكَّةَ وَأَبُو عُمَرَ وَأَبُو جَعْفَرٍ " أَوَلَا يَذَّكَّرُ" وَقَرَأَ شَيْبَةُ وَنَافِعٌ وَعَاصِمٌ: " أَوَلا يَذْكُرُ" بِالتَّخْفِيفِ. وَالِاخْتِيَارُ التَّشْدِيدُ وَأَصْلُهُ يَتَذَكَّرُ لِقَوْلِهِ تعالى " إِنَّما يَتَذَكَّرُ أُولُوا الْأَلْبابِ" «١» وَأَخَوَاتِهَا وَفِي حَرْفِ أُبَيٍّ " أَوَلَا يَتَذَكَّرُ" وَهَذِهِ الْقِرَاءَةُ عَلَى التَّفْسِيرِ لِأَنَّهَا مُخَالِفَةٌ لِخَطِ الْمُصْحَفِ: وَمَعْنَى " يَتَذَكَّرُ" يَتَفَكَّرُ وَمَعْنَى " يَذْكُرُ" يَتَنَبَّهُ ويعلم قاله النحاس.
(١). راجع ج ١٥ ص ٣٤٠.

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