Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Sauf celui qui se repent »,
c’est-à-dire : se détourne de la négligence de la prière et de la poursuite des passions, pour revenir à l’obéissance de son Seigneur ;
« et qui croit »
en Lui,
« et accomplit de bonnes œuvres : ceux-là entreront au Paradis ».

Abû Ja‘far, Shayba, Ibn Kathîr, Ibn Muhaysin, Abû ‘Amr, Ya‘qûb et Abû Bakr lisent : « yudkhalûna » (ils seront introduits) – avec la ḫâ fatiḥa –, tandis que les autres lisent « yadkhulûna » (ils entreront) – avec la yâ fatiḥa.

« Ils ne seront point lésés en rien », c’est-à-dire qu’aucune de leurs bonnes actions ne sera diminuée ; bien au contraire, il leur sera inscrit pour chaque bonne action dix mérites, pouvant aller jusqu’à sept cents.

« Des Jardins d’Éden » : locution substituée à « le Paradis », d’où l’accusatif. Abû Isḥâq az-Zajjâj précise qu’on peut également lire « Jannâtu ‘Adn » en tant que sujet initial. Abû Ḥâtim ajoute : n’eût été l’écriture, on aurait lu « Jannati ‘Adn », car il est précédé de : « ils entreront au Paradis ».

« Que le Tout Miséricordieux a promis à Ses serviteurs dans l’Invisible » : à ceux qui L’adorent et gardent Son pacte en secret ; ou : ils ont cru au Paradis sans l’avoir vu.

« — Certes, Sa promesse doit se réaliser. »
« Ma’tiyyan » est le complément d’objet dérivé du verbe « venir ». Tout ce qui parvient jusqu’à toi, c’est toi qui y parviens ; on dit : « soixante ans sont venues sur moi » tout comme « je suis venu sur soixante ans ». Al-Qutaybî explique : « ma’tiyyan » signifie « venant », forme passive au sens actif. Le terme est hamzé, car issu de « atâ / ya’tî » ; celui qui allège la hamza la rend alif. Aṭ-Ṭabarî dit : « la promesse » désigne ici « l’objet promis », à savoir le Paradis, auquel Ses alliés parviendront.

« Ils n’y entendront aucune parole futile » — au Paradis. Le « laghw » désigne tout propos vain, obscène, superflu ou inutile. D’où le ḥadîth : « Si, le jour du vendredi, tu dis à ton compagnon : “Tais-toi” tandis que l’imâm prêche, tu as commis du “laghw”. » On rapporte également la forme « laghayta », langue d’Abû Hurayra, comme l’a dit le poète :
« Par le Seigneur des groupes de pèlerins, tassés,
Préservés de vaines paroles et de propos grossiers. »
Ibn ‘Abbâs dit : le « laghw » est tout ce qui n’est pas rappel d’Allah ; ainsi, la parole des habitants du Paradis n’est que louange et glorification d’Allah.

« — sinon des paroles de paix. »
Ils n’entendront que le salut ; il s’agit ici d’une exception disjointe : c’est le salut qu’ils se donneront mutuellement et celui que leur adressera l’Ange. Le terme « Salâm » est un nom englobant tout bien ; l’idée est qu’ils n’y entendront rien qui ne leur soit agréable.

Parole du Très-Haut :

« Ils auront là leur subsistance, matin et soir » :
Ils jouiront, aux moments correspondant à ces deux périodes, de ce qu’ils désirent en nourriture et boisson — bien qu’il n’y ait, là-bas, ni véritable matin ni soir.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِلَّا مَنْ تابَ) ٦٠ أَيْ مِنْ تَضْيِيعِ الصَّلَاةِ وَاتِّبَاعِ الشَّهَوَاتِ فَرَجَعَ إِلَى طَاعَةِ رَبِّهِ. (وَآمَنَ) ١١٠ بِهِ (وَعَمِلَ صالِحاً فَأُولئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ) ٦٠. قَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ وَشَيْبَةُ وَابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَأَبُو عَمْرٍو وَيَعْقُوبُ وَأَبُو بَكْرٍ: (يُدْخَلُونَ) بِفَتْحِ الْخَاءِ. وَفَتَحَ الْيَاءَ الْبَاقُونَ. (وَلا يُظْلَمُونَ شَيْئاً) ٦٠ أَيْ لَا يُنْقَصُ مِنْ أَعْمَالِهِمُ الصالحة شي إِلَّا أَنَّهُمْ «١» يُكْتَبُ لَهُمْ بِكُلِّ حَسَنَةٍ عَشْرٌ إِلَى سَبْعِمِائَةٍ. (جَنَّاتِ عَدْنٍ) بَدَلًا مِنَ الْجَنَّةِ فَانْتَصَبَتْ. قَالَ أَبُو إِسْحَاقَ الزَّجَّاجُ: وَيَجُوزُ " جَنَّاتُ عَدْنٍ" عَلَى الِابْتِدَاءِ. قَالَ أَبُو حَاتِمٍ: وَلَوْلَا الْخَطُّ لَكَانَ " جَنَّةِ عَدْنٍ" لِأَنَّ قَبْلَهُ " يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ" . (الَّتِي وَعَدَ الرَّحْمنُ عِبادَهُ بِالْغَيْبِ) أي من عبده وحفظ عهده بالغيب وقيل: آمنوا بالجنة ولم يروها.- إنه كان وعده مأتيا ( " مَأْتِيًّا" مَفْعُولٌ مِنَ الْإِتْيَانِ. وَكُلُّ مَا وَصَلَ إِلَيْكَ فَقَدْ وَصَلْتَ إِلَيْهِ تَقُولُ: أَتَتْ عَلَيَّ سِتُّونَ سَنَةً وَأَتَيْتُ عَلَى سِتِّينَ سَنَةً. وَوَصَلَ إِلَيَّ مِنْ فُلَانٍ خَيْرٌ وَوَصَلْتُ مِنْهُ إِلَى خَيْرٍ. وَقَالَ الْقُتَبِيُّ: " مَأْتِيًّا" بِمَعْنَى آتٍ فَهُوَ مَفْعُولٌ بِمَعْنَى فَاعِلٍ. وَ " مَأْتِيًّا" مَهْمُوزٌ لِأَنَّهُ مِنْ أَتَى يَأْتِي. وَمَنْ خَفَّفَ الْهَمْزَةَ جَعَلَهَا أَلِفًا. وَقَالَ الطَّبَرِيُّ: الْوَعْدُ هَاهُنَا الْمَوْعُودُ وَهُوَ الْجَنَّةُ أَيْ يَأْتِيهَا أَوْلِيَاؤُهُ. (لَا يَسْمَعُونَ فِيها لَغْواً) أَيْ فِي الْجَنَّةِ. وَاللَّغْوُ مَعْنَاهُ الْبَاطِلُ مِنَ الْكَلَامِ وَالْفُحْشُ مِنْهُ وَالْفُضُولُ وَمَا لَا يُنْتَفَعُ بِهِ. وَمِنْهُ الْحَدِيثُ: (إِذَا قُلْتَ لِصَاحِبِكَ يَوْمَ الْجُمُعَةِ أَنْصِتْ وَالْإِمَامُ يَخْطُبُ فَقَدْ لَغَوْتَ) وَيُرْوَى " لَغَيْتَ" وَهِيَ لُغَةُ أَبِي هُرَيْرَةَ كَمَا قال الشاعر «٢» : وَرَبِّ أَسْرَابِ حَجِيجٍ كُظَّمِ ... عَنِ اللَّغَا وَرَفَثِ التَّكَلُّمِ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: اللَّغْوُ كُلُّ مَا لَمْ يَكُنْ فِيهِ ذِكْرُ اللَّهِ تَعَالَى أَيْ كَلَامُهُمْ فِي الْجَنَّةِ حَمْدُ اللَّهِ وَتَسْبِيحُهُ. (إِلَّا سَلاماً) أَيْ لَكِنْ يَسْمَعُونَ سَلَامًا فَهُوَ مِنَ الِاسْتِثْنَاءِ الْمُنْقَطِعِ يَعْنِي سَلَامَ بَعْضِهِمْ عَلَى بَعْضٍ وَسَلَامَ الْمَلِكَ عَلَيْهِمْ قَالَهُ مُقَاتِلٌ وَغَيْرُهُ. وَالسَّلَامُ اسْمٌ جَامِعٌ لِلْخَيْرِ وَالْمَعْنَى أَنَّهُمْ لَا يَسْمَعُونَ فِيهَا إِلَّا مَا يُحِبُّونَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَهُمْ رِزْقُهُمْ فِيها بُكْرَةً وَعَشِيًّا) أَيْ لَهُمْ مَا يَشْتَهُونَ مِنَ الْمَطَاعِمِ وَالْمَشَارِبِ بُكْرَةً وَعَشِيًّا أَيْ في قَدْرَ هَذَيْنَ الْوَقْتَيْنِ إِذْ لَا بُكْرَةَ ثَمَّ ولا عشيا
(١). في ى: إلا أنه. (٢). هو رؤبة ونسبه ابن بري العجاج. (اللسان).

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