une prière surérogatoire par laquelle sera parachevé ce qu’il aura négligé de son obligation ; puis l’ensemble des œuvres sera traité sur cette même base.
An-Nasâ’î rapporte :
« Ishâq b. Ibrâhîm nous a informés ; an-Naḍr b. Shumayl nous a relaté ; Ḥammâd b. Salama nous a rapporté d’al-Azraq b. Qays, d’Yahyâ b. Yaʿmar, d’Abû Hurayra, que le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix soient sur lui – a dit :
« La première chose au sujet de laquelle le serviteur sera interrogé, le Jour de la Résurrection, est sa prière. Si celle-ci est complète, tant mieux ; sinon, Allâh – glorifié et exalté soit-Il – dira : “Voyez si Mon serviteur a accompli des prières surérogatoires. S’il en possède, complétez-lui son obligation par ces surérogatoires.” »
Abû ʿUmar b. ʿAbd al-Barr écrit dans « at-Tamhîd » :
« Le complément de l’obligatoire par le surérogatoire – Allâh est Plus Savant – ne concerne que celui qui, par distraction, a omis une prière obligatoire ou n’en a pas bien exécuté l’inclinaison et la prosternation, sans en mesurer la portée. Quant à celui qui l’a volontairement délaissée, ou l’a oubliée puis s’en est souvenu sans la rattraper, préférant s’adonner au surérogatoire alors qu’il en garde mémoire, aucune prière obligatoire ne lui sera complétée par ses actes volontaires ; Allâh est Plus Savant. »
Les Châmiyyûn ont transmis, dans ce chapitre, un ḥadith réprouvé que relate Muḥammad b. Ḥimyâr, dʿAmr b. Qays as-Sakûnî, dʿAbd Allâh b. Qurṭ, que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit :
« Quiconque accomplit une prière sans y parfaire son inclinaison et sa prosternation, on y ajoutera de ses glorifications jusqu’à ce qu’elle soit complète. »
Abû ʿUmar commente : « Ce propos n’est rapporté du Prophète – paix et salut sur lui – que par cette voie, laquelle n’est pas solide ; et, à supposer qu’il soit authentique, son sens serait qu’il est sorti d’une prière qu’il jugeait lui-même parfaite alors qu’elle ne l’est pas en réalité. – Allâh est plus savant. »
Je dis : il incombe donc à l’homme d’exécuter parfaitement son obligation et son surérogatoire, afin qu’il dispose d’actes volontaires dépassant son obligation et le rapprochant de son Seigneur, comme Il – exalté soit-Il – l’a dit : « Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime… » (le ḥadith). Or, dès lors qu’un surérogatoire vient compléter l’obligatoire, il prend, quant au fond, le même statut que l’obligatoire. Et celui qui n’excelle pas dans l’accomplissement de l’obligatoire est – à plus forte raison – moins apte à bien accomplir le surérogatoire.
De fait, les prières surérogatoires des gens présentent souvent les plus graves manquements, tant elles leur paraissent légères et négligeables, comme si elles n’avaient aucune importance. Par Allâh, on voit parfois, parmi ceux que l’on indique du doigt et que l’on croit savants, un surérogatoire de cette sorte ; bien plus, leur prière obligatoire elle-même est picorée à la manière du coq, faute de connaissance du ḥadith – que dire alors des ignorants qui n’apprennent pas !
Les savants ont dit : « Ne sont valables ni inclinaison, ni prosternation, ni station debout après l’inclinaison, ni assise entre les deux prosternations, jusqu’à ce que l’orant s’y tienne avec rectitude, incliné ou debout. »