Il dit alors : Il le prit sur son aile, puis s’envola avec lui. Alors qu’ils se trouvaient au quatrième ciel, ils rencontrèrent l’Ange de la Mort qui scrutait le ciel, regardant à droite et à gauche. L’Ange du Soleil le salua, puis dit :
– Ô Idrîs, voici l’Ange de la Mort ; adresse-lui le salut.
L’Ange de la Mort s’exclama :
– Gloire à Allah ! Pour quelle raison l’as-tu élevé jusqu’ici ?
Il répondit :
– Je l’ai élevé afin de lui faire voir le Paradis.
L’Ange de la Mort dit alors :
– Allah, Exalté soit-Il, m’a ordonné de saisir l’âme d’Idrîs au quatrième ciel.
J’ai demandé : « Seigneur, où donc Idrîs se trouve-t-il au quatrième ciel ? » Je suis descendu, et le voilà avec toi. Il saisit donc son âme, la fit monter au Paradis, et les anges ensevelirent son corps au quatrième ciel. C’est à cela que se rapporte la parole du Très-Haut : « Nous l’avons élevé à un rang sublime. »
Wahb ibn Munabbih rapporte : Chaque jour, les œuvres d’adoration d’Idrîs s’élevaient en quantité égale à celles de tous les habitants de la terre de son époque ; les anges s’en émerveillèrent et l’Ange de la Mort conçut le désir de le voir. Il demanda la permission à son Seigneur de lui rendre visite ; celle-ci lui fut accordée. Il vint donc à lui sous l’apparence d’un homme, tandis qu’Idrîs – que la paix soit sur lui – jeûnait le jour. Au moment de rompre le jeûne, Idrîs l’invita à partager son repas, mais il refusa. La situation se répéta trois nuits, ce qui étonna Idrîs qui lui dit :
– Qui es-tu ?
Il répondit :
– Je suis l’Ange de la Mort ; j’ai demandé à mon Seigneur la permission de t’accompagner, et Il me l’a accordée.
Idrîs dit :
– J’ai une requête à te présenter.
Il demanda :
– Quelle est-elle ?
Idrîs dit :
– Que tu saisisses mon âme.
Allah Très-Haut révéla alors à l’Ange de la Mort : « Saisis son âme. » Il la saisit, puis Allah la lui rendit après un moment. L’Ange de la Mort lui demanda :
– Quel avantage trouves-tu à ce que ton âme ait été saisie ?
Il répondit :
– Avoir goûté l’âpreté de la mort afin de m’y préparer davantage.
Après un laps de temps, Idrîs dit encore :
– J’ai une autre requête.
Il demanda :
– De quoi s’agit-il ?
Il dit :
– Que tu m’élèves aux cieux pour que je voie le Paradis et le Feu.
Allah, Exalté soit-Il, lui permit donc de l’élever vers les cieux. Il vit le Feu et perdit connaissance. Lorsqu’il reprit ses esprits, il dit :
– Montre-moi le Paradis.
L’Ange de la Mort le fit alors entrer au Paradis, puis lui dit :
– Sors-en pour retourner à ta demeure.
Idrîs s’agrippa à un arbre et dit :
– Je n’en sortirai pas.
Allah, Exalté soit-Il, envoya entre eux un ange chargé d’arbitrer. Celui-ci demanda :
– Pourquoi ne sors-tu pas ?
Il répondit :
– Parce qu’Allah, Très-Haut, a dit : « Toute âme goûtera la mort » – et je l’ai goûtée ; Il a dit : « Il n’en est pas un parmi vous qui ne doive y parvenir (passer par l’Enfer) » – et j’y suis parvenu ; et Il a dit : « Ils n’en seront pas expulsés » ; comment pourrais-je donc en sortir ?
Allah – Béni et Très-Haut – dit alors à l’Ange de la Mort : « Par Ma permission il est entré au Paradis et par Mon ordre il en sortira. » Il vit ainsi, là-bas, et c’est le sens de Sa parole : « Nous l’avons élevé à un rang sublime. »
An-Naḥḥās a dit : Il se peut qu’Allah ait enseigné à Idrîs cette parole – « Ils n’en seront pas expulsés » – avant que le Coran ne la révèle.
Wahb ibn Munabbih ajoute : Tantôt Idrîs se promène dans le Paradis, tantôt il adore Allah, Exalté soit-Il, avec les anges dans le ciel.