le quatrième (ciel). C’est ainsi que Thâbit al-Bunânî le rapporte d’après Anas b. Mâlik, d’après le Prophète — que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui — ; Muslim l’a cité dans son Ṣaḥîḥ.
Mâlik b. Ṣaʿṣaʿa rapporte également que le Prophète — paix et salut sur lui — a dit : « Lorsque l’on me fit monter aux cieux, je passai auprès d’Idrîs au quatrième ciel. » Ce ḥadith a lui aussi été consigné par Muslim.
Quant à la cause de son élévation, Ibn ʿAbbâs, Kaʿb et d’autres ont dit qu’un jour il sortit pour quelque besoin. L’ardeur du soleil le frappa et il s’écria : « Ô Seigneur ! Moi je n’ai marché qu’un seul jour ; qu’en est-il de celui qui la porte cinq cents ans en un seul jour ? Ô Allâh, allège-lui son poids ! » — il visait par là l’ange chargé de l’orbe solaire —, puis il ajouta : « Ô Allâh, fais-lui grâce du fardeau qu’elle représente et soulage-le de sa chaleur. »
Au matin, l’ange trouva le soleil d’une légèreté et l’ombre d’une douceur qu’il ne connaissait pas. Il dit : « Seigneur, Tu m’as créé pour porter le soleil ; qu’as-Tu décidé à son sujet ? » Allâh — exalté soit-Il — répondit : « Mon serviteur Idrîs M’a imploré d’alléger pour toi son poids et sa chaleur, et Je l’ai exaucé. » L’ange reprit : « Seigneur, réunis-moi à lui et établis entre nous une amitié intime. » Allâh l’y autorisa ; il se rendit donc auprès d’Idrîs — sur lui la paix —, lequel lui dit : « On m’a appris que tu es le plus noble des anges et le plus écouté auprès de l’Ange de la mort ; intercède donc pour moi afin qu’il retarde mon terme, que je puisse accroître ma reconnaissance et mon adoration. »
L’ange répondit : « Allâh ne diffère le terme d’aucune âme lorsque celui-ci est venu. » Idrîs reprit : « Je le sais, mais cela me serait plus apaisant. » Il lui dit : « Soit. » Puis il le prit sur son aile, l’éleva vers les cieux et le déposa à l’orient, là où le soleil se lève.
Là, il dit à l’Ange de la mort : « J’ai un ami parmi les fils d’Adam qui a sollicité mon intercession auprès de toi pour que tu retardes son terme. » Celui-ci répondit : « Cela ne dépend pas de moi ; mais si tu le souhaites, je puis t’informer de l’instant de sa mort. » — « Volontiers », répondit-il. L’Ange de la mort consulta alors son registre et dit : « Tu me questionnes à propos d’un homme dont je ne vois jamais la mort. » — « Comment cela ? » — « Je ne le vois mourir qu’au lever du soleil. »
Il dit : « Or je suis venu à toi après l’avoir laissé là-bas. » L’Ange de la mort répondit : « Va ! Tu ne le trouveras qu’ayant rendu l’âme, car, par Allâh, il ne reste rien du terme d’Idrîs. » L’ange retourna donc et le trouva mort.
As-Suddî rapporte encore : Un jour, Idrîs s’endormit ; la chaleur du soleil devint insoutenable. Il se leva, accablé, et dit : « Ô Allâh, allège pour l’Ange du soleil la chaleur qu’il endure et aide-le dans son fardeau, car il manipule un feu ardent. »
Le lendemain matin, l’Ange du soleil se trouva assis sur un trône de lumière, entouré de soixante-dix mille anges à sa droite et autant à sa gauche, le servant et exécutant ses ordres sous son autorité. Il s’écria : « Seigneur, d’où me vient tout cela ? » Il lui fut répondu : « C’est un homme d’entre les fils d’Adam, nommé Idrîs, qui a invoqué en ta faveur. » Puis il fut évoqué un récit semblable à celui de Kaʿb.
L’Ange du soleil demanda alors à Idrîs : « Souhaites-tu quelque chose ? » Il répondit : « Oui, je souhaiterais pouvoir contempler le Paradis. »