Parole du Très-Haut :
« Et évoque dans le Livre Moïse » : c’est-à-dire, récite-leur, à partir du Coran, l’histoire de Moïse.
« Il était dévoué avec sincérité » : il vouait son adoration exclusivement à Allāh, sans ostentation. Les lecteurs de Koufa prononcent le mot avec une voyelle brève sur le lām (mukhlaṣan) : « Nous l’avons purifié », c’est-à-dire : Nous l’avons élu et choisi.
« Nous l’appelâmes » : Nous lui parlâmes durant la nuit du vendredi.
« Depuis le flanc droit du ṭūr » : c’est le côté droit de Moïse ; le buisson se trouvait sur la pente de la montagne, à la droite de Moïse, lorsqu’il revenait de Madyan vers l’Égypte, comme l’ont rapporté aṭ-Ṭabarī et d’autres, car les montagnes n’ont, par elles-mêmes, ni droite ni gauche.
« Et Nous le rapprochâmes en confidences » — complément circonstanciel : Nous lui adressâmes la parole directement, sans intermédiaire. On a aussi dit : Nous l’avons rapproché en dignité jusqu’à lui parler.
Wakīʿ et Qabīṣa rapportent, d’après Sufyān, d’après ʿAṭāʾ ibn as-Sāʾib, d’après Saʿīd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbās, au sujet de la parole du Très-Haut : « Nous le rapprochâmes en confidences » : Nous le rapprochâmes jusqu’à ce qu’il entendît le grincement des calames.
« Et, par miséricorde de Notre part, Nous lui donnâmes son frère Hārūn comme prophète » : cela se produisit lorsqu’il demanda : « Et désigne-moi, parmi les miens, un ministre ; Hārūn mon frère ».
Parole du Très-Haut (Maryam 19 : 54-56) :
« Et mentionne dans le Livre Ismāʿīl : il était véridique dans ses promesses, et il était un messager, prophète. Il ordonnait à sa famille la Ṣalāt et la Zakāt, et il était, auprès de son Seigneur, agréé. Et mentionne dans le Livre Idrīs : il était véridique, prophète. »
Ce passage soulève six questions.
Premièrement – au sujet de la parole du Très-Haut : « Et mentionne dans le Livre Ismāʿīl ».
Les exégètes ont divergé :
On a dit qu’il s’agit d’Ismāʿīl fils de Ḥizqīl ; Allāh l’envoya à son peuple, qui lui arracha la peau du crâne. Allāh, exalté soit-Il, lui laissa alors le choix du châtiment qu’il souhaitait pour eux ; il préféra la grâce divine, se contenta de la récompense (future) et remit leur sort à Allāh, entre pardon et punition.
La grande majorité affirme qu’il s’agit d’Ismāʿīl l’égorgé, père des Arabes, fils d’Ibrāhīm.
D’autres ont soutenu que l’égorgé est Isḥāq ; cependant la première opinion est la plus évidente, comme cela a été exposé et viendra encore sous la sourate « Aṣ-Ṣāffāt », si Allāh le veut.
Allāh, exalté soit-Il, a distingué Ismāʿīl par "la véracité dans la promesse", bien que cette qualité se trouve également chez d’autres prophètes, afin de l’honorer et de l’élever ; de même que certains sont désignés par les surnoms « le Clément », « le Gémissant », « le Véridique », etc., et parce qu’il était celui qui, de façon notoire et unanimement reconnue, se faisait remarquer par cette noble caractéristique.