Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Allah ne vous interdit pas de traiter avec bonté et équité ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de la religion et ne vous ont pas expulsés de vos demeures ; car Allah aime les équitables. (Sourate 60, Al-Mumaḥḥana, v. 8)

Et Il a dit : « Certes, vous avez en Abraham un bel exemple… » (Sourate 60, Al-Mumaḥḥana, v. 4). C’est ainsi qu’Abraham dit à son père : « Paix sur toi. »

J’ai dit : le sens le plus apparent de ce verset est celui qu’a exposé Sufyân ibn ʿUyayna.

À ce sujet, deux ḥadiths authentiques ont été rapportés.

– D’après Abû Hurayra, le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – a dit : « Ne devancez pas les juifs et les chrétiens par le salut ; et lorsque vous rencontrez l’un d’eux sur le chemin, contraignez-le à l’endroit le plus étroit. » (Recueilli par al-Bukhârî et Muslim.)

– Dans les deux Ṣaḥîḥ, il est rapporté d’après Usâma ibn Zayd que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – monta un âne recouvert d’une housse, sous laquelle se trouvait une étoffe de Fadak, et il fit monter derrière lui Usâma ibn Zayd. Il se rendait au chevet de Saʿd ibn ʿUbâda, chez les Banû al-Ḥârith ibn al-Khazraj, avant la bataille de Badr. En chemin, il passa devant un cercle où se mêlaient musulmans, polythéistes adorateurs d’idoles et juifs ; parmi eux se trouvaient ʿAbd-Allâh ibn Ubayy ibn Salûl et ʿAbd-Allâh ibn Rawâḥa. Quand la poussière soulevée par la monture envahit l’assemblée, ʿAbd-Allâh ibn Ubayy voila son nez de son manteau en disant : « Ne nous couvrez pas de poussière. » Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – les salua alors. (Le ḥadith se poursuit.)

Le premier ḥadith indique qu’il ne faut pas initier le salut aux gens du Livre, car cela constitue un honneur dont l’impie n’est pas digne ; le second autorise toutefois cette pratique.

Aṭ-Ṭabarî dit : le récit d’Usâma ne contredit pas celui d’Abû Hurayra ; le propos d’Abû Hurayra a une portée générale, tandis que le récit d’Usâma en précise les limites particulières.

An-Nakhʿî dit : « Si tu as un besoin auprès d’un juif ou d’un chrétien, commence-le par le salut. » Il apparaît ainsi que l’ordre « ne les devancez pas par le salut » concerne le cas où rien ne vous pousse à le faire : ni règlement d’un engagement, ni besoin ponctuel, ni droit de compagnonnage, de voisinage ou de voyage commun.

Aṭ-Ṭabarî rapporte encore que les Anciens saluaient les gens du Livre. Ibn Masʿûd, par exemple, salua un dihqân (notable persan) qui faisait route avec lui. ʿAlqama lui dit : « Ô Abû ʿAbd ar-Raḥmân, n’est-il pas réprouvé de les devancer par le salut ? » Il répondit : « Si, mais c’est un droit de la compagnie. »

Abû Umâma, lorsqu’il rentrait chez lui, ne passait devant personne – musulman, chrétien, petit ou grand – sans le saluer. Interrogé à ce sujet, il dit : « Il nous a été ordonné de répandre le salut. »

On interrogea al-Awzâʿî à propos d’un musulman qui salue un mécréant ; il répondit : « Si tu le fais, des gens vertueux avant toi l’ont fait ; si tu t’en abstiens, des gens vertueux avant toi s’en sont abstenus. »

Il est rapporté de al-Ḥasan al-Baṣrî qu’il dit : « Lorsque tu passes devant une assemblée composée de musulmans et de mécréants, salue-les. »

" لَا يَنْهاكُمُ اللَّهُ عَنِ الَّذِينَ لَمْ يُقاتِلُوكُمْ فِي الدِّينِ وَلَمْ يُخْرِجُوكُمْ مِنْ دِيارِكُمْ أَنْ تَبَرُّوهُمْ وَتُقْسِطُوا إِلَيْهِمْ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِينَ ٦٠: ٨" «١» [الممتحنة: ٨] . وَقَالَ: " قَدْ كانَتْ لَكُمْ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ فِي إِبْراهِيمَ ٦٠: ٤" «٢» [الممتحنة: ٤] الْآيَةَ، وَقَالَ إِبْرَاهِيمُ لِأَبِيهِ " سَلامٌ عَلَيْكَ" . قُلْتُ: الْأَظْهَرُ مِنَ الْآيَةِ مَا قَالَهُ سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، وَفِي الْبَابِ حَدِيثَانِ صَحِيحَانِ: رَوَى أَبُو هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَا تَبْدَءُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى بِالسَّلَامِ فَإِذَا لَقِيتُمْ أَحَدَهُمْ فِي الطَّرِيقِ فَاضْطَرُّوهُ إِلَى أَضْيَقِهِ) خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ. وَفِي الصَّحِيحَيْنِ عَنْ أسامة ابن زَيْدٍ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَكِبَ حِمَارًا عَلَيْهِ إِكَافٌ تَحْتَهُ قَطِيفَةٌ فَدَكِيَّةٌ، وَأَرْدَفَ وَرَاءَهُ أُسَامَةَ بْنَ زَيْدٍ، وَهُوَ يَعُودُ سعد بن عبادة «٣» في بني الحرث بْنِ الْخَزْرَجِ، وَذَلِكَ قَبْلَ وَقْعَةِ بَدْرٍ، حَتَّى مَرَّ فِي مَجْلِسٍ فِيهِ أَخْلَاطٌ مِنَ الْمُسْلِمِينَ وَالْمُشْرِكِينَ عَبَدَةِ الْأَوْثَانِ وَالْيَهُودِ، وَفِيهِمْ عَبْدُ اللَّهِ بن أبي بن سَلُولَ، وَفِي الْمَجْلِسِ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ رَوَاحَةَ، فَلَمَّا غَشِيَتِ الْمَجْلِسَ عَجَاجَةُ الدَّابَّةِ، خَمَّرَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ أُبَيٍّ أَنْفَهُ بِرِدَائِهِ، ثُمَّ قَالَ: لَا تُغَبِّرُوا عَلَيْنَا، فَسَلَّمَ عَلَيْهِمُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، الْحَدِيثَ. فَالْأَوَّلُ يُفِيدُ تَرْكَ السَّلَامِ عَلَيْهِمُ ابْتِدَاءً لِأَنَّ ذَلِكَ إِكْرَامٌ، وَالْكَافِرُ لَيْسَ أَهْلَهُ. وَالْحَدِيثُ الثَّانِي يُجَوِّزُ ذَلِكَ. قَالَ الطَّبَرِيُّ: وَلَا يُعَارَضُ مَا رَوَاهُ أُسَامَةُ بِحَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ فَإِنَّهُ لَيْسَ فِي أَحَدِهِمَا خِلَافٌ لِلْآخَرِ وَذَلِكَ أَنَّ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ مَخْرَجُهُ الْعُمُومُ، وَخَبَرَ أُسَامَةَ يُبَيِّنُ أَنَّ مَعْنَاهُ الْخُصُوصُ. وَقَالَ النَّخَعِيُّ: إِذَا كَانَتْ لَكَ حَاجَةٌ عِنْدَ يَهُودِيٌّ أَوْ نَصْرَانِيٌّ فَابْدَأْهُ بِالسَّلَامِ فَبَانَ بِهَذَا أَنَّ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ (لَا تَبْدَءُوهُمْ بِالسَّلَامِ) إِذَا كَانَ لِغَيْرِ سَبَبٍ يَدْعُوكُمْ إِلَى أَنْ تَبْدَءُوهُمْ بِالسَّلَامِ، مِنْ قَضَاءِ ذِمَامٍ أَوْ حَاجَةٍ تَعْرِضُ لَكُمْ قِبَلَهُمْ، أَوْ حَقِّ صُحْبَةٍ أَوْ جِوَارٍ أَوْ سَفَرٍ. قَالَ الطَّبَرِيُّ: وَقَدْ رُوِيَ عَنِ السَّلَفِ أَنَّهُمْ كَانُوا يُسَلِّمُونَ عَلَى أَهْلِ الْكِتَابِ. وَفَعَلَهُ ابْنُ مَسْعُودٍ بِدِهْقَانٍ صَحِبَهُ فِي طَرِيقِهِ، قَالَ عَلْقَمَةُ: فَقُلْتُ لَهُ يَا أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ أَلَيْسَ يُكْرَهُ أَنْ يُبْدَءُوا بِالسَّلَامِ؟ ! قَالَ: نَعَمْ، وَلَكِنْ حَقُّ الصُّحْبَةِ. وَكَانَ أَبُو أمامة «٤» إِذَا انْصَرَفَ إِلَى بَيْتِهِ لَا يَمُرُّ بِمُسْلِمٍ وَلَا نَصْرَانِيٍّ وَلَا صَغِيرٍ وَلَا كَبِيرٍ إِلَّا سلم عليه، فقيل لَهُ فِي ذَلِكَ فَقَالَ: أُمِرْنَا أَنْ نُفْشِيَ السلام. وسيل الْأَوْزَاعِيُّ عَنْ مُسْلِمٍ مَرَّ بِكَافِرٍ فَسَلَّمَ عَلَيْهِ، فَقَالَ: إِنْ سَلَّمْتَ فَقَدْ سَلَّمَ الصَّالِحُونَ قَبْلَكَ، وَإِنْ تَرَكْتَ فَقَدْ تَرَكَ الصَّالِحُونَ قَبْلَكَ. وَرُوِيَ عَنِ الْحَسَنِ الْبَصْرِيِّ أَنَّهُ قَالَ: إِذَا مَرَرْتَ بمجلس فيه مسلمون وكفار فسلم عليهم.
(١). راجع ج ١٨ ص ٥٨ فما بعد،. (٢). راجع ج ١٨ ص ٥٥ فما بعد. (٣). في ج وك: معاذ. (٤). في الطبعة الاولى: أسامة وليس بصحيح.

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