Il s’agit des idoles.
« Ô mon père, il m’est certes parvenu une science qui ne t’est point parvenue » :
c’est-à-dire une certitude et une connaissance d’Allah, ainsi que de ce qu’il advient après la mort, et que quiconque adore autre qu’Allah sera châtié ; voilà ce à quoi je t’appelle.
« Je te guiderai vers une voie droite » :
autrement dit, je t’orienterai vers une religion rectiligne où se trouve le salut.
« Ô mon père, n’adore pas le Diable » :
c’est-à-dire : ne lui obéis pas dans ce qu’il te commande de la mécréance ; quiconque obéit à quelque chose dans la désobéissance, l’a certes adoré.
« Le Diable a toujours été rebelle envers le Tout-Miséricordieux » :
le verbe « était » sert ici de particule excédentaire. Il a également été dit qu’il signifie « est devenu » ou qu’il marque l’état présent : il est rebelle envers le Tout-Miséricordieux. Les termes ‘aṣiyyan et ‘āṣin ont le même sens, a précisé Al-Kisâ’î.
« Ô mon père, je crains qu’un châtiment, venant du Tout-Miséricordieux, ne te touche » :
c’est-à-dire si tu meurs dans l’état où tu te trouves. Le verbe « je crains » peut signifier « je sais » ; il se peut aussi qu’il garde son sens propre : je redoute que tu ne meures sur ta mécréance et que le châtiment ne t’atteigne.
« Et que tu ne deviennes pour le Diable un allié » :
c’est-à-dire un compagnon dans le Feu.
Il (le père) répliqua : « Te détournes-tu de mes divinités, Abraham ? » :
autrement dit : les délaisserais-tu pour d’autres ?
« Si tu ne cesses pas, je te lapiderai » :
Al-Ḥasan a dit : c’est-à-dire à coups de pierres.
Ad-Ḍaḥḥâk : par la parole, je ne cesserai de t’injurier.
Ibn ‘Abbâs : je te frapperai.
D’autres ont dit : je divulguerai ton affaire.
« Éloigne-toi de moi pour un long moment » :
Ibn ‘Abbâs a dit : c’est-à-dire quitte-moi avec ton honneur sauf, qu’aucun préjudice ne t’atteigne de ma part ; c’est l’opinion retenue par Aṭ-Ṭabarî. Le terme « pour un long moment » est alors un état se rapportant à Abraham.
Al-Ḥasan et Mujâhid disent : « pour un long moment » signifie pendant une longue période. Il en est de même dans le vers du poète Al-Muhalhil :
« Les massifs monts se fendirent à sa mort…
et les femmes drapées pleurèrent longtemps. »
Al-Kisâ’î précise : on dit « je l’ai délaissé milīyyan, malwatan, mulwatan, malâwatan, mulâwatan » ; c’est donc ici un complément circonstanciel, équivalent à « malāwah » pour désigner une longue durée.
« Il dit : “Paix sur toi” » :
Abraham – sur lui la paix – ne lui répondit pas par une parole dure, car il n’avait pas été ordonné de le combattre pour sa mécréance. La majorité (des exégètes) tient que son « salam » signifie la pacification, c’est-à-dire le fait de le laisser en paix, et non la salutation. Aṭ-Ṭabarî dit : cela signifie « tu es en sécurité de ma part » ; sur cette base, il n’est pas permis de commencer le salut à l’endroit d’un mécréant.
An-Naqqâsh dit : un homme indulgent s’adressa à un sot, comme dans la parole du Très-Haut : « Quand les ignorants les interpellent, ils disent : “Paix”. » (Al-Furqân, 63).
D’aucuns ont dit que son « salām » est une salutation de séparation, et ils ont permis qu’on salue le mécréant et qu’on le devance de la salutation.
On demanda à Ibn ‘Uyaynah : « Est-il permis de saluer le mécréant ? » Il répondit : « Oui, Allah – Exalté soit-Il – a dit … »