au sens de l’obéissance, c’est-à-dire : comme ils seront dociles envers Allah en ce Jour-là.
« Mais les injustes, aujourd’hui » : autrement dit, dans la vie présente.
« [Sont] dans un égarement manifeste ». Or, quel égarement pourrait être plus flagrant que de croire qu’un être humain semblable à soi – porté par les matrices, ayant mangé, bu, déféqué et éprouvé le besoin – serait une divinité ? Quiconque possède de telles caractéristiques est sourd et aveugle ; pourtant il verra et entendra dans l’au-delà lorsqu’il contemplera le châtiment, mais cela ne lui sera d’aucune utilité. Tel est le sens exposé par Qatâdah et d’autres.
Parole du Très-Haut :
« Et avertis-les du Jour du Regret, lorsque l’affaire sera tranchée ».
Il est rapporté d’après ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd qu’il a dit : « Il n’est personne qui entre en Enfer sans avoir, au préalable, une demeure au Paradis ; alors il s’en afflige. »
On a également dit : le regret survient lorsque l’on reçoit son livre dans la main gauche.
« Lorsque l’affaire sera tranchée » : c’est-à-dire lorsque le jugement sera achevé, que les gens du Paradis auront été introduits au Paradis et les gens du Feu au Feu.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Lorsque les gens du Paradis entreront au Paradis et les gens du Feu au Feu, la mort sera amenée, le Jour de la Résurrection, sous la forme d’un bélier au pelage mêlé de blanc et de noir ; on le placera entre le Paradis et le Feu. On dira : “Ô gens du Paradis, reconnaissez-vous ceci ?” Ils se redresseront, regarderont et diront : “Oui, c’est la mort.” Puis l’on dira : “Ô gens du Feu, reconnaissez-vous ceci ?” Ils se redresseront, regarderont et diront : “Oui, c’est la mort.” Alors on ordonnera qu’on l’égorge. Ensuite il sera proclamé : “Ô gens du Paradis, éternité et plus de mort ! Ô gens du Feu, éternité et plus de mort !” »
Puis le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – récita : « Et avertis-les du Jour du Regret lorsque l’affaire aura été tranchée, alors qu’ils sont dans l’insouciance et qu’ils ne croient pas. »
Al-Bukhârî l’a rapporté, dans un sens approchant, d’après Ibn ‘Umar ; Ibn Mâjah, d’après Abû Hurayrah ; et al-Tirmidhî, d’après Abû Sa‘îd, lequel a déclaré le ḥadîth « bon et authentique ».
Nous avons mentionné cela dans le livre « at-Tadhkirah » où nous avons démontré, à la lumière de ces aḥâdîth et de ces versets, que les mécréants seront éternellement châtiés, en réfutation de ceux qui prétendent que l’attribut divin de colère s’interrompt et qu’Iblîs, ainsi que ses partisans parmi les mécréants – Pharaon, Hâmân, Qârûn et leurs semblables – finiront par entrer au Paradis.
Parole du Très-Haut :
« C’est Nous qui hériterons de la terre et de ceux qui s’y trouvent » (19 : 40) : autrement dit, Nous ferons mourir ses habitants et en hériterons.
« Et c’est vers Nous qu’ils seront ramenés » (19 : 40) le Jour de la Résurrection, afin que Nous rétribuions chacun selon ses œuvres. Ce point a déjà été exposé dans la sourate al-Ḥijr et ailleurs.