en fonction du statut de kasra (génitif), avec le sens : « et Il m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je vivrai, ainsi que [le fait] qu’Allah est mon Seigneur et le vôtre ». Al-Kisâ’î a admis qu’« anna » puisse être à la place du marfûʿ (nominatif), c’est-à-dire : « et l’injonction est qu’Allah est mon Seigneur et le vôtre ».
Cinquième opinion : Abû ʿUbayd rapporte qu’Abû ʿAmr ibn al-ʿAlâ’ l’a émise. Le sens serait alors : « et Il a décrété qu’Allah est mon Seigneur et le vôtre ». L’expression est ici coordonnée au mot « amran » dans Sa parole : « lorsqu’Il décide une chose », de sorte que l’idée est : « lorsqu’Il décide une chose, et [qu’Il décide] qu’Allah… ». Dans cette hypothèse — comme dans la troisième — on ne commence pas la phrase par « anna » ; en revanche, il est permis d’en commencer la phrase selon les autres lectures.
« Adorez-Le donc ; voilà une voie droite » : c’est-à-dire une religion rectiligne, exempte de toute déviation.
Parole du Très-Haut :
« Les groupes divergèrent entre eux ». Ici, la préposition « min » est pléonastique : les factions se sont opposées les unes aux autres.
Qatâda a dit : autrement dit, entre eux. Les différentes sectes des Gens du Livre ont divergé à propos de ʿÎsâ — paix sur lui : les Juifs l’ont dénigré en l’accusant de sortilèges ; les chrétiens, quant à eux, la secte nestorienne a affirmé : « Il est le fils d’Allah » ; les melkites : « Il est le troisième d’une triade » ; et les jacobites : « Il est Allah ». Ainsi les chrétiens ont outrepassé et exagéré, tandis que les Juifs ont manqué et se sont montrés restrictifs. Cette question a déjà été exposée dans la sourate « An-Nisâ’ ».
Ibn ʿAbbâs a dit : par « les factions » on entend ceux qui s’étaient ligués contre le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et l’avaient tenu pour menteur parmi les polythéistes.
« Malheur aux mécréants lorsqu’ils assisteront à un Jour terrible » : c’est-à-dire au Jour de la Résurrection. Le terme « mash-had » est pris ici dans le sens verbal : la présence. On peut également l’entendre comme leur présence, rattachée au complément de temps parce qu’elle se réalise en son sein, comme on dit : « Malheur à untel pour le combat du jour de… », c’est-à-dire pour avoir été présent ce jour-là. D’aucuns ont dit que « mash-had » renvoie au lieu que voient les créatures, tel « mahshar » pour le lieu où elles sont rassemblées. D’autres encore : malheur aux mécréants pour avoir assisté à cette grandiose assemblée où ils se réunirent pour se concerter et s’accordèrent à méconnaître Allah et à déclarer : « Allah est le troisième de trois ».
Parole du Très-Haut :
« Que leur ouïe est fine et leur vue perçante le jour où ils viendront à Nous ! » Abû al-ʿAbbâs explique : les Arabes emploient cette tournure pour marquer l’étonnement ; ils disent : « Asmiʿ bi-Zayd wa-absir bi-Zayd ! », c’est-à-dire « comme il entend bien et comme il voit bien ! ». Le sens ici est qu’Allah fait s’étonner Son Prophète à leur sujet.
Al-Kalbî a dit : nul ne sera plus apte à entendre ni à voir, au Jour de la Résurrection, lorsque Allah — Béni et Très-Haut — dira à ʿÎsâ : « Est-ce toi qui as dit aux gens : Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah ? » (Al-Mâ’ida, 116).
D’aucuns ont dit : « Asmiʿ… »