« Et certes, la demeure de l’Au-delà est meilleure » (6 / 32) ; c’est-à-dire : « et la demeure dernière… ».
ʿÂṣim et ʿAbd Allâh b. ʿÂmir ont lu l’expression : « qawla l-ḥaqq » à l’accusatif, comme qualificatif circonstanciel ; autrement dit : « j’énonce une parole de vérité », le facteur étant le sens démonstratif contenu dans « dhālika ».
Az-Zajjâj dit : il s’agit d’un nom verbal ; à savoir : « j’énonce la parole vraie », parce que ce qui précède l’appelle.
Certaines autorités y voient un propos laudatif, d’autres une exhortation.
ʿAbd Allâh a lu : « qāla l-ḥaqqa » ; al-Ḥasan a lu : « qulu l-ḥaqq » (qāf dammée), de même dans la sourate al-Anʿâm : « qawlu l-ḥaqq ». Les termes qawl, qāl et quwl sont synonymes, tout comme rahb, rahab et ruhb.
« al-ladhī » qualifie ʿÎsâ. « fīhi yamtarūn » signifie : ils doutent ; c’est-à-dire : tel est ʿÎsâ fils de Maryam au sujet duquel ils doutent de la parole vraie.
D’autres disent que « yamtarūn » veut dire : ils divergent.
ʿAbd ar-Raz-zâq rapporte de Maʿmar, d’après Qatâda, au sujet de la Parole du Très-Haut : « Tel est ʿÎsâ fils de Maryam, parole de vérité, autour de laquelle ils disputent » : Les Fils d’Israël se réunirent et firent sortir quatre hommes, chaque groupe choisissant son savant. Ils débattirent sur ʿÎsâ lorsqu’il fut élevé. L’un d’eux déclara : « C’est Allah qui est descendu sur terre ; Il a rendu la vie à qui Il a voulu et fait mourir qui Il a voulu, puis Il est monté au ciel. » Ceux-là sont les Yaʿqûbiyya.
Les trois autres dirent : « Tu mens. »
Deux d’entre eux dirent alors au troisième : « Parle à son sujet. » Il répondit : « Il est le fils d’Allah » ; ceux-là sont les Nustûriyya. Les deux autres répliquèrent : « Tu mens. »
Puis l’un des deux dit à l’autre : « Parle à son sujet. » Il dit : « Il est le troisième d’une triade : Allah est une divinité, lui est une divinité et sa mère est une divinité » ; ceux-là sont les Isrâʾîliyya, rois des chrétiens.
Le quatrième déclara : « Tu mens ! Il est plutôt le serviteur d’Allah, Son Messager, Son Esprit et Sa Parole » ; ceux-là sont les musulmans. Chacun d’eux eut des partisans — comme il est rapporté — ; ils combattirent, et les musulmans furent vaincus.
C’est cela la Parole du Très-Haut : « …et ils tuent ceux qui commandent l’équité parmi les gens » (3 / 21).
Qatâda dit : ce sont ceux à propos desquels Allah — qu’Il soit exalté — a dit : « Les factions divergèrent entre eux » ; ils divergèrent à son propos et devinrent des partis. Tel est le sens de « au sujet duquel vous doutez », avec un tâ pointé en haut, lecture d’Abû ʿAbd ar-Raḥmân as-Sulamî et d’autres.
Ibn ʿAbbâs a dit : le cousin de Maryam passa avec elle et son fils vers l’Égypte ; ils y restèrent douze ans jusqu’à la mort du roi qu’ils redoutaient, d’après al-Mâwardî.
Je (l’auteur) dis : il est mentionné dans l’Histoire d’Égypte, d’après ce que j’ai pu consulter, et il ressort de l’Évangile public que lorsque le Seigneur Messie naquit à Bethléem, Hérode était alors roi, et qu’Allah — Très-Haut — révéla à Yûsuf le charpentier