tous les Noms, et qu’il jeûnait et accomplissait la prière. – Cette affirmation est extrêmement fragile, comme nous l’exposerons plus loin dans la question.
On a également dit : c’est-à-dire qu’il m’a décrété, de toute éternité, la réception du Livre et de la Prophétie, quand bien même le Livre ne serait pas descendu immédiatement ; et c’est l’opinion la plus juste.
« Et Il m’a fait être un être béni » : c’est-à-dire porteur de bénédictions et d’avantages dans la religion, appelant à Allâh et enseignant Sa voie. Sahl at-Tustarî dit : « Il m’a fait ordonner le convenable, interdire le blâmable, guider l’égaré, secourir l’opprimé et soulager l’affligé. »
« Et Il m’a recommandé la Ṣalât et la Zakât » : c’est-à-dire que je les accomplisse lorsque la responsabilité religieuse me parviendra et que je serai en mesure de les exécuter – selon la dernière opinion, qui est la correcte.
« Aussi longtemps que je vivrai » : l’expression « mâ » est ici à l’accusatif de temps, signifiant « durant toute ma vie ».
Sa parole – Exalté soit-Il – : « et (Il m’a fait) plein de piété envers ma mère ». Ibn ‘Abbâs dit : lorsqu’il a dit « plein de piété envers ma mère » sans mentionner « mes parents », on sut qu’il est né d’un côté uniquement, par le décret d’Allâh Très-Haut.
« Et Il ne m’a pas fait arrogant » : c’est-à-dire orgueilleux, hautain, tuant et frappant sous l’effet de la colère. On a dit encore : le jabbâr est celui qui ne reconnaît jamais à autrui le moindre droit.
« Malheureux » : c’est-à-dire privé de tout bien. – Ibn ‘Abbâs : désobéissant envers (sa mère). – D’autres : rebelle à son Seigneur. – On a encore dit : Il ne m’a pas fait délaisser Son ordre et devenir ainsi malheureux comme le devint Iblîs lorsqu’il abandonna l’obéissance.
Troisièmement – Mâlik ibn Anas – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a dit à propos de ce verset : « Combien il est dur pour les partisans du libre arbitre ! » ‘Îsâ – paix sur lui – y informe de ce qui a été décrété à son sujet et de ce qui sera jusqu’à sa mort.
Il est rapporté, dans les récits relatifs à ce verset, d’après Ibn Zayd et d’autres, que lorsque les gens entendirent la parole de ‘Îsâ ils se soumirent et dirent : « Voilà certes une affaire prodigieuse ! » Il est également rapporté que ‘Îsâ – paix sur lui – ne parla que cette unique fois durant son enfance par ces paroles révélées, puis revint à l’état normal des enfants, marchant comme le font les humains jusqu’à atteindre l’âge des garçons. Son élocution visait uniquement à manifester l’innocence de sa mère, et non parce qu’il était doté de raison dans cet état, tout comme Allâh fera parler les membres (du corps) au Jour de la Résurrection.
Il n’est transmis nulle part qu’il ait continué à parler, ni qu’il accomplissait la prière alors qu’il n’avait qu’un jour ou un mois. Si sa parole, sa glorification, ses exhortations et sa prière avaient perduré dès sa naissance, pareille chose n’aurait pu rester occultée. Tout cela démontre la fausseté de la première opinion et dévoile l’ignorance de celui qui la soutient.
Cela prouve également qu’il a parlé dans le berceau contrairement (à la croyance) des juifs et des chrétiens. La preuve en est l’accord des diverses écoles (musulmanes) sur le fait qu’elle (Maryam) ne fut pas frappée de la peine légale : l’innocence de son accusation d’adultère ne fut établie que par la parole de son fils dans le berceau.
Ce verset indique, en outre, que la Ṣalât, la Zakât et la piété filiale étaient obligatoires pour les communautés (antérieures).