J’ai dit : Le ḥadith authentique établit qu’il y eut entre Mūsâ, ‘Īsâ et Hârûn un long intervalle de temps.
Az-Zamakhsharî : Il y avait entre eux et lui près de mille ans, voire davantage ; il n’est donc pas concevable que Maryam ait été la sœur propre de Mūsâ et de Hârûn. Et si l’expression est néanmoins avérée, c’est – ainsi que l’a expliqué As-Suddî – parce qu’elle descendait de leur lignée ; c’est le même procédé que lorsqu’on dit à un homme issu d’une tribu : « Ô frère d’Untel ».
Relève de cette catégorie la parole du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui : « Le frère de Ṣudâ’ a lancé l’appel à la prière ; que celui qui a fait l’adhân accomplisse l’iqâma. » Tel est le premier avis.
Ibn ‘Aṭiyya : Un autre groupe a soutenu que, de son temps, vivait un homme pervers nommé Hârûn ; on l’aurait donc appelée « sœur de Hârûn » par manière de blâme et de reproche. At-Ṭabarî rapporte cet avis sans citer son auteur.
J’ajoute : Al-Ghaznawî rapporte, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, qu’il s’agissait d’un débauché devenu proverbial pour son immoralité, et qu’on l’a dès lors rattachée à lui.
Le sens est donc : « Ton père ni ta mère n’étaient gens à commettre pareille turpitude ; comment as-tu, toi, pu la commettre ? » Il s’agit là d’une allusion qui vaut déclaration explicite, laquelle, selon nous, implique l’application de la peine légale ; nous reviendrons, si Allah le veut, sur la question dans la sourate An-Nûr. Ce dernier avis est cependant invalidé par le ḥadith authentique, texte explicite ne laissant place à aucune contestation ni critique. Louange à Allah.
‘Umar ibn Lajaʾ at-Taymî a, quant à lui, récité : « Ton père n’a jamais été un homme de turpitude. »
— Sourate Maryam (19), versets 29 à 33 —
29. Elle fit alors un signe vers lui. Ils dirent : « Comment pourrions-nous parler à un enfant qui est encore au berceau ? »
30. Il déclara : « Je suis, moi, le serviteur d’Allah ; Il m’a donné le Livre et m’a fait Prophète, 31. Il m’a rendu bénédiction où que je sois et m’a recommandé la prière et la zakât tant que je vivrai, 32. ainsi que la bonté envers ma mère. Il ne m’a pas fait arrogant ni misérable. 33. Que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité vivant. »
Il est question ici de cinq points. – Premier point : la parole du Très-Haut : « Elle fit alors un signe vers lui. Ils dirent : “Comment pourrions-nous parler à un enfant qui est encore au berceau ?” » Maryam – sur elle la paix – se conforma à l’ordre divin de garder le silence, et rien, dans ce verset, n’indique qu’elle ait prononcé un mot.