« Tu m’as certes nourri de dattes de mauvaise qualité, vieilles d’un an, avariées, vermoulues, dures comme la pierre ; et tu les qualifiais d’une chose étonnante (c’est-à-dire : tu les magnifiais). »
Parole du Très-Haut :
« Ô sœur de Hârûn ! »
Les gens ont divergé quant au sens de cette fraternité et quant à l’identité de Hârûn.
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Selon une opinion, il s’agit de Hârûn, le frère de Mûsâ ; le verset signifierait alors : « Toi que nous tenions semblable à Hârûn dans l’adoration, voilà que tu commets un acte pareil ! » D’après cette explication, Maryam descendait de Hârûn, frère de Mûsâ, si bien qu’on l’a appelée « sœur » par lien de descendance, de même qu’on dit à un Tamîmî : « Ô frère de Tamîm » ou à un Arabe : « Ô frère des Arabes ».
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Il a été dit aussi qu’elle avait, du côté paternel, un frère portant le nom de Hârûn — nom fort répandu chez les Banû Isrâ’îl par bénédiction du nom de Hârûn, frère de Mûsâ — et qu’il était l’homme le plus vertueux de son temps, comme l’a rapporté al-Kalbî.
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D’autres ont avancé qu’il s’agissait d’un homme pieux de cette époque ; quarante mille personnes, toutes nommées Hârûn, assistèrent à ses funérailles.
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Qatâdah a déclaré qu’il existait alors, chez les Banû Isrâ’îl, un adorateur retiré, appelé Hârûn. On aurait donc attribué Maryam à sa « fraternité » parce qu’elle suivait auparavant sa voie, étant vouée au service des sanctuaires. Le sens serait alors : « Ô femme pieuse, tu n’étais pas digne d’un tel acte ! »
Kaʿb al-Ahbâr, en présence de ʿÂʾishah — qu’Allah l’agrée — affirma que Maryam n’était pas la sœur de Hârûn, frère de Mûsâ. ʿÂʾishah rétorqua : « Tu mens ! » Il répondit : « Ô Mère des croyants, si le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — l’a dit, c’est lui qui dit vrai et qui sait ; sinon, je trouve entre eux six cents ans d’intervalle. » Elle se tut alors.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté d’après al-Mughîrah ibn Shuʿbah : « Lorsque je me rendis à Najrân, on me dit : “Vous récitez : ‘Ô sœur de Hârûn’, alors que Mûsâ a précédé ʿÎsâ de tant d’années !” Quand je revins auprès du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, je l’interrogeai, et il répondit :
« Ils donnaient à leurs enfants les noms de leurs prophètes et des vertueux qui les avaient précédés. »
Dans une autre chaîne non consignée dans le Ṣaḥîḥ, des chrétiens dirent à al-Mughîrah : « Ton compagnon prétend que Maryam est la sœur de Hârûn alors qu’il y a six cents ans entre eux ! » Al-Mughîrah ajouta : « Je ne sus quoi répondre », puis il mentionna le ḥadîth.
Ainsi, l’expression ne renvoie qu’à une homonymie. On tire également de ce passage la permission de donner à ses enfants les noms des prophètes. Et Allah est plus savant.