Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Verset [Âl-‘Imrân : 37]. – Lorsqu’elle mit l’Enfant au monde, il lui fut ordonné de secouer le tronc du palmier.

Nos savants ont dit : Tant que son cœur était vide, Allah allégea son corps de toute fatigue ; mais lorsqu’elle accoucha de ‘Îsâ et que son cœur s’attacha à son amour, que son for intérieur se préoccupa de son sort et de son affaire, Il la confia alors à son propre effort, la ramenant à la norme qui veut que Ses serviteurs s’attachent aux causes.

At-Tabarî rapporte, d’après Ibn Zayd, que ‘Îsâ — paix sur lui — lui dit : « Ne t’attriste pas. » Elle répondit : « Comment ne serais-je pas dans la peine tandis que tu es avec moi ? Je n’ai ni époux ni maître ! Quel sera donc mon excuse auprès des gens ?! – Ah ! que je fusse morte avant cela et totalement oubliée ! » Alors ‘Îsâ lui dit : « Je me chargerai de parler à ta place. »

Quatrième point : Rabi‘ b. Khaytham a dit : « Je ne connais rien de meilleur pour la femme en couches que les dattes fraîches, à cause de ce verset. Si Allah avait su qu’il existait pour les femmes en couches quelque chose de supérieur aux dattes fraîches, Il l’aurait donné à Maryam. » C’est pourquoi l’on dit : depuis cet événement, les dattes sont devenues l’usage des femmes en couches, tout comme le taḥnîk (mâcher une datte puis l’appliquer sur le palais du nouveau-né).

Il a également été dit : lorsqu’un accouchement est difficile, rien ne vaut les dattes fraîches ; de même, rien n’est meilleur pour un malade que le miel – ainsi le rapporte az-Zamakhsharî.

Ibn Wahb rapporte que Mâlik a commenté la Parole d’Allah : « des dattes fraîches et mûres (ruṭaban janiyyan) » : « Le “janyî” des dattes est ce qui est arrivé à maturité sans qu’on y ait pratiqué d’incision ni causé aucune altération. » Pratiquer une incision consiste à entailler la base de la datte encore bousr (verte) pour qu’elle mûrisse plus vite ; cela est blâmable, précise Mâlik, car il s’agit de hâter une chose avant son terme. Nul ne doit agir ainsi ; si quelqu’un le fait, cela ne rend ni sa vente licite ni la datte propre à être jugée bonne. – Cette opinion a déjà été mentionnée dans la sourate al-An‘âm, et louange à Allah.

Selon Ṭalḥa b. Sulaymân, on lit « janiyyan » avec kasra de la lettre jîm, par assimilation (lil-ittibâ‘). Autrement dit : « Nous avons assigné pour toi, dans le ruisselet (as-sarîyy) et les dattes fraîches, deux bienfaits : la nourriture et la boisson d’une part, la consolation du cœur d’autre part, car l’un et l’autre sont deux prodiges. » Tel est le sens de Sa Parole : « Mange, bois et réjouis-toi ! » c’est-à-dire : mange des dattes mûres, bois de l’eau du ruisselet, et réjouis-toi en voyant l’enfant, Prophète.

On lit « wa-qarri » (avec fatḥa sur le qâf) – c’est la lecture de la majorité. At-Tabarî rapporte la lecture « wa-qirri » (avec kasra sur le qâf), qui est l’usage des gens de Najd.

On dit : qarra ‘aynan, yaqurru et yaqirru – avec ḍamma ou kasra du qâf – ; et « aqarra-llâhu ‘aynahu », c’est-à-dire : qu’Allah apaise son regard, et il se tranquillise. Le verbe vient de al-qurr et al-qurra, qui signifient « froid » ; la larme de joie est froide, tandis que la larme de tristesse est chaude.

Un groupe a contesté cette explication, affirmant que toute larme est chaude ; selon eux, l’expression « qu’Allah rafraîchisse son œil » signifie plutôt : qu’Allah pacifie son regard en le fixant sur celui qu’il aime, jusqu’à ce que son œil se calme et se repose. On dit : « Un tel est la prunelle (qurrat ‘aynî) de mes yeux. »

«١» الآية [آل عمران: ٣٧] . فَلَمَّا وَلَدَتْ أُمِرَتْ بِهَزِّ الْجِذْعِ. قَالَ عُلَمَاؤُنَا: لَمَّا كَانَ قَلْبُهَا فَارِغًا فَرَّغَ اللَّهُ جَارِحَتَهَا عَنِ النَّصَبِ، فَلَمَّا وَلَدَتْ عِيسَى وَتَعَلَّقَ قَلْبُهَا بِحُبِّهِ، وَاشْتَغَلَ سِرُّهَا بِحَدِيثِهِ وَأَمْرِهِ، وَكَلَهَا إِلَى كَسْبِهَا، وَرَدَّهَا إِلَى الْعَادَةِ بِالتَّعَلُّقِ بِالْأَسْبَابِ فِي عِبَادِهِ. وَحَكَى الطَّبَرِيُّ عَنِ ابْنِ زَيْدٍ أَنَّ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ قَالَ لَهَا: لَا تَحْزَنِي، فَقَالَتْ لَهُ وَكَيْفَ لَا أَحْزَنُ وَأَنْتَ مَعِي؟! لا ذات زوج ولا مملوكة! أي شي عُذْرِي عِنْدَ النَّاسِ؟!! " يَا لَيْتَنِي مِتُّ قَبْلَ هَذَا وَكُنْتُ نَسْياً مَنْسِيًّا" فَقَالَ لَهَا عِيسَى: أَنَا أَكْفِيكِ الْكَلَامَ. الرَّابِعَةُ- قَالَ الرَّبِيعُ بْنُ خَيْثَمٍ: مَا لِلنُّفَسَاءِ عِنْدِي خَيْرٌ مِنَ الرُّطَبِ لِهَذِهِ الْآيَةِ، وَلَوْ عَلِمَ اللَّهُ شَيْئًا هُوَ أَفْضَلُ مِنَ الرُّطَبِ لِلنُّفَسَاءِ لَأَطْعَمَهُ مَرْيَمَ وَلِذَلِكَ قَالُوا: التَّمْرُ عَادَةٌ لِلنُّفَسَاءِ مِنْ ذَلِكَ الْوَقْتِ وَكَذَلِكَ التَّحْنِيكُ. وَقِيلَ: إِذَا عَسِرَ وِلَادُهَا لَمْ يَكُنْ لَهَا خَيْرٌ مِنَ الرُّطَبِ وَلَا لِلْمَرِيضِ خَيْرٌ مِنَ الْعَسَلِ، ذَكَرَهُ الزَّمَخْشَرِيُّ. قَالَ ابْنُ وَهْبٍ قَالَ مَالِكٌ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " رُطَباً جَنِيًّا" الْجَنِيُّ مِنَ التَّمْرِ مَا طَابَ مِنْ غَيْرِ نَقْشٍ وَلَا إِفْسَادٍ. وَالنَّقْشُ أَنْ يُنْقَشَ مِنْ أَسْفَلِ الْبُسْرَةِ حَتَّى تَرْطُبَ، فَهَذَا مَكْرُوهٌ، يَعْنِي مَالِكٌ أَنَّ هَذَا تَعْجِيلٌ لِلشَّيْءِ قَبْلَ وَقْتِهِ، فَلَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ أَنْ يَفْعَلَهُ، وَإِنْ فَعَلَهُ فَاعِلٌ مَا كَانَ ذَلِكَ مُجَوِّزًا لِبَيْعِهِ، وَلَا حُكْمًا بِطِيبِهِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْقَوْلُ في الانعام «٢» . والحمد لله. وعن طَلْحَةَ بْنِ سُلَيْمَانَ " جَنِيًّا" بِكَسْرِ الْجِيمِ لِلْإِتْبَاعِ، أَيْ جَعَلْنَا «٣» لَكَ فِي السَّرِيِّ وَالرُّطَبِ فَائِدَتَيْنِ: إحداهما الأكل والشرب، والثانية سَلْوَةُ الصَّدْرِ، لِكَوْنِهِمَا مُعْجِزَتَيْنِ. وَهُوَ [مَعْنَى «٤» ] قَوْلِهِ تَعَالَى: (فَكُلِي وَاشْرَبِي وَقَرِّي عَيْناً) أَيْ فَكُلِي مِنَ الْجَنِيِّ، وَاشْرَبِي مِنَ السَّرِيِّ، " وَقَرِّي عَيْناً" برؤية الولد النبي. وقرى بِفَتْحِ الْقَافِ وَهِيَ قِرَاءَةُ الْجُمْهُورِ. وَحَكَى الطَّبَرِيُّ قِرَاءَةَ " وَقِرِّي" بِكَسْرِ الْقَافِ وَهِيَ لُغَةُ نَجْدٍ. يُقَالُ: قَرَّ عَيْنًا يَقُرُّ وَيَقِرُّ بِضَمِّ الْقَافِ وَكَسْرِهَا وَأَقَرَّ اللَّهُ عَيْنَهُ فَقَرَّتْ. وَهُوَ مَأْخُوذٌ مِنَ الْقُرِّ وَالْقُرَّةِ وَهُمَا الْبَرْدُ. وَدَمْعَةُ السُّرُورِ باردة ودمعة الحزن حارة. وضعف فِرْقَةٌ هَذَا وَقَالَتِ: الدَّمْعُ كُلُّهُ حَارٌّ، فَمَعْنَى أَقَرَّ اللَّهُ عَيْنَهُ أَيْ سَكَّنَ اللَّهُ عَيْنَهُ بِالنَّظَرِ إِلَى مَنْ يُحِبُّهُ حَتَّى تَقِرَّ وَتَسْكُنَ، وفلان قرة عيني، أي
(١). راجع ج ٤ ص ٦٩. (٢). راجع ج ٧ ص ٥٠ وما بعدها. (٣). في ج وك: جمعنا. [ ..... ] (٤). الزيادة من الكشاف للزمخشري.

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