Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant aux formes verbales « يُسْقِطْ », « تَسْقُطْ » et « يَسْقُطْ », on emploie la lettre tāʾ (ت) quand le sujet est le palmier lui-même, et la lettre yāʾ (ي) lorsque le sujet est le tronc ; Zamakhsharî – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a ainsi relevé neuf lectures différentes.

Le terme « رُطَبًا » (des dattes fraîches) est à l’accusatif en raison du verbe « secoue » : autrement dit, lorsque tu secoues le tronc, tu fais tomber par cette secousse « des dattes fraîches et mûres » (« رُطَبًا جَنِيًّا »). De façon générale, la position grammaticale de « رُطَبًا » varie selon le sens des lectures : tantôt l’action se rattache au tronc, tantôt à l’acte de secouer, tantôt au palmier.

Quant à « جَنِيًّا », il signifie qu’elles sont arrivées à complète maturité et propres à être cueillies ; le mot vient de la racine « جَنَيْتُ الثَّمَرَةَ » (j’ai cueilli le fruit). On rapporte – sans chaîne authentique – qu’Ibn Masʿûd lisait : « تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا بَرْنِيًّا » (… des dattes fraîches de variété barni).

Mujâhid a dit : « رُطَبًا جَنِيًّا » : c’étaient des dattes ‘ajwa.

Abbas b. al-Faḍl rapporte : j’ai interrogé Abû ʿAmr b. al-ʿAlâʾ au sujet de l’expression « رُطَبًا جَنِيًّا » ; il répondit : « elles ne se sont pas fanées ». Son explication est : elles ne se sont ni desséchées ni racornies et n’ont pas été éloignées de la main de celui qui les cueille ; c’est là l’interprétation correcte.

Al-Farrâʾ dit : « الجَنِيُّ » et « المَجْنِيُّ » sont synonymes, sur le modèle de « القتيل/المقتول » ou « الجريح/المجروح ». D’autres que lui précisent : « الجَنِيُّ » désigne le fruit coupé d’un seul palmier et pris à l’endroit même où il a poussé. Ils ont cité ces vers :
« La suavité de fruits dans des jardins fertiles,
Et les branches d’arbres dont la cueillette (جَنَاها) est à portée de main. »
Ici, « الجَنَى » renvoie à ce qui est cueilli, c’est-à-dire coupé et pris.

Ibn ʿAbbâs raconte : c’était un simple tronc desséché ; lorsqu’elle le secoua, elle leva les yeux vers la cime et vit les palmes apparaître, puis les spathes sortirent entre les palmes, verdirent pour devenir des dattes encore vertes (بَلَح), puis rougirent et devinrent des dattes mûres (زَهْو), puis des dattes fraîches (رُطَب) ; tout cela en un clin d’œil, et les dattes tombaient devant elle sans qu’aucune ne se fende.

Deuxième point : certains ont déduit de ce verset que, bien que la subsistance (rizq) soit décrétée, Allâh – Exalté soit-Il – a confié à l’homme une part d’effort à fournir ; en effet, Il ordonna à Maryam de secouer le palmier pour qu’elle voie un autre signe, alors même que le miracle aurait pu se réaliser sans qu’elle ne bougeât.

Troisième point : l’obligation de rechercher un gain licite dans la subsistance est une Sunnah d’Allâh à l’égard de Ses serviteurs, et cela ne contredit nullement la confiance (tawakkul) en Allâh, contrairement à ce qu’affirment certains ascètes ignorants. Cette question a déjà été traitée, ainsi que la divergence qu’elle a suscitée.

Rappelons que, précédemment, sa subsistance lui parvenait sans aucun effort, comme le dit le verset : « Chaque fois que Zakariyyâ entrait auprès d’elle dans le sanctuaire, il trouvait près d’elle une provision ».

وَ " يُسْقِطْ" وَ " تَسْقُطْ" وَ " يَسْقُطْ" بِالتَّاءِ لِلنَّخْلَةِ وَبِالْيَاءِ لِلْجِذْعِ، فَهَذِهِ تِسْعُ قِرَاءَاتٍ ذَكَرَهَا الزَّمَخْشَرِيُّ رَحْمَةُ اللَّهِ تَعَالَى عَلَيْهِ. " رُطَباً" نُصِبَ بِالْهَزِّ، أَيْ إِذَا هَزَزْتِ الْجِذْعَ هَزَزْتِ بِهَزِّهِ " رُطَباً جَنِيًّا" وَعَلَى الْجُمْلَةِ فَ "- رُطَباً" يَخْتَلِفُ نَصْبُهُ بِحَسَبِ مَعَانِي الْقِرَاءَاتِ، فَمَرَّةً يَسْتَنِدُ الْفِعْلُ إِلَى الْجِذْعِ، وَمَرَّةً إِلَى الْهَزِّ، وَمَرَّةً إِلَى النخلة. و " جَنِيًّا" مَعْنَاهُ قَدْ طَابَتْ وَصَلُحَتْ لِلِاجْتِنَاءِ، وَهِيَ مِنْ جَنَيْتُ الثَّمَرَةَ. وَيُرْوَى عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ- وَلَا يَصِحُّ- أَنَّهُ قَرَأَ " تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا بَرْنِيًّا" «١» . وَقَالَ مُجَاهِدٌ: " رُطَباً جَنِيًّا" قَالَ: كَانَتْ عَجْوَةً. وَقَالَ عَبَّاسُ بْنُ الْفَضْلِ: سَأَلْتُ أَبَا عَمْرِو بْنَ الْعَلَاءِ عَنْ قَوْلِهِ: " رُطَباً جَنِيًّا" فَقَالَ: لَمْ يَذْوِ. قَالَ وَتَفْسِيرُهُ: لَمْ يَجِفَّ وَلَمْ يَيْبَسْ وَلَمْ يَبْعُدْ عَنْ يَدَيْ مُجْتَنِيهِ، وَهَذَا هُوَ الصَّحِيحُ. قَالَ الْفَرَّاءُ: الْجَنِيُّ وَالْمَجْنِيُّ وَاحِدٌ يَذْهَبُ إِلَى أَنَّهُمَا بِمَنْزِلَةِ الْقَتِيلِ وَالْمَقْتُولِ وَالْجَرِيحِ وَالْمَجْرُوحِ. وَقَالَ غَيْرُ الْفَرَّاءِ: الْجَنِيُّ الْمَقْطُوعُ مِنْ نَخْلَةٍ وَاحِدَةٍ، وَالْمَأْخُوذُ مِنْ مَكَانِ نَشْأَتِهِ، وَأَنْشَدُوا: وَطِيبُ ثِمَارٍ فِي رِيَاضٍ أَرِيضَةٍ ... وَأَغْصَانُ أَشْجَارٍ جَنَاهَا عَلَى قُرْبِ يُرِيدُ بِالْجَنَى مَا يُجْنَى مِنْهَا أَيْ يُقْطَعُ وَيُؤْخَذُ. قَالَ ابْنُ عباس: كان جذعا نخزا فَلَمَّا هَزَّتْ نَظَرَتْ إِلَى أَعْلَى الْجِذْعِ فَإِذَا السَّعَفُ قَدْ طَلَعَ، ثُمَّ نَظَرَتْ إِلَى الطَّلْعِ قَدْ خَرَجَ مِنْ بَيْنِ السَّعَفِ، ثُمَّ اخْضَرَّ فَصَارَ بَلَحًا ثُمَّ احْمَرَّ فَصَارَ زَهْوًا، ثُمَّ رُطَبًا، كُلُّ ذَلِكَ فِي طَرْفَةِ عَيْنٍ، فَجَعَلَ الرُّطَبَ يَقَعُ بَيْنَ يَدَيْهَا لَا يَنْشَدِخُ مِنْهُ شي. الثَّانِيَةُ- اسْتَدَلَّ بَعْضُ النَّاسِ مِنْ هَذِهِ الْآيَةِ عَلَى أَنَّ الرِّزْقَ وَإِنْ كَانَ مَحْتُومًا، فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَدْ وَكَلَ ابْنَ آدَمَ إِلَى سَعْيٍ مَا فِيهِ، لِأَنَّهُ أَمَرَ مَرْيَمَ بِهَزِّ النَّخْلَةِ «٢» لِتَرَى آيَةً، وَكَانَتِ الْآيَةُ تَكُونُ بِأَلَّا تَهُزَّ. الثَّالِثَةُ- الْأَمْرُ بِتَكْلِيفِ الْكَسْبِ فِي الرِّزْقِ سُنَّةُ اللَّهِ تَعَالَى فِي عِبَادِهِ، وَأَنَّ ذَلِكَ لَا يَقْدَحُ فِي التَّوَكُّلِ، خِلَافًا لِمَا تَقُولُهُ جُهَّالُ الْمُتَزَهِّدَةِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا الْمَعْنَى وَالْخِلَافُ فِيهِ. وَقَدْ كَانَتْ قَبْلَ ذَلِكَ يَأْتِيهَا رِزْقُهَا مِنْ غَيْرِ تَكَسُّبٍ كَمَا قَالَ: " كُلَّما دَخَلَ عَلَيْها زَكَرِيَّا الْمِحْرابَ وَجَدَ عِنْدَها رِزْقاً"
(١). البرني: ضرب من التمر أصفر مدور وهو أجود التمر واحد برنية. (٢). في ج وك: الجذع.

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