Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Que tu ne t’attristes point ! » – tel est le contenu de l’appel, la particule « an » jouant un rôle explicatif et signifiant « c’est-à-dire ». Le sens est donc : « Ne sois pas peinée par ton enfantement. »

« Ton Seigneur a bel et bien placé sous toi un être noble (sarîyyan). » – Il s’agit de ‘Îsâ. Dans la langue, as-sarîy, pour les hommes, désigne celui qui possède des qualités éminentes, un seigneur distingué. Al-Ḥasan a dit : « Par Allah, il fut réellement un sarîy parmi les hommes. » On dit encore : « Untel s’est montré sarâ vis-à-vis d’untel », c’est-à-dire qu’il s’est honoré ; et l’on qualifie quelqu’un de sarîy lorsqu’il provient d’un peuple de notables (sarât).

La majorité des exégètes estime toutefois que l’indication renvoyait au ruisselet (jaddwal) qui passait près du tronc du palmier. Ibn ‘Abbâs rapporte : « C’était un cours d’eau dont l’eau s’était interrompue et qu’Allah – Très-haut – fit couler de nouveau pour Maryam. » On appelle un tel ruisseau sarîy parce que l’eau y « chemine » (yasrî). Le poète a dit :
« … lorsqu’il puise dans le sarîy une eau qui jaillit en bruissement continu. »
Et Labîd a dit :
« Ils gagnèrent la largeur du sarîy et le fendirent,
source débordante aux rives contiguës… »

D’autres ont soutenu que c’est ‘Îsâ qui l’appela ; ce fut alors un miracle, un signe et un apaisement pour son cœur, bien que la première interprétation demeure la plus manifeste.

Ibn ‘Abbâs a récité : « Un Ange l’appela d’au-dessous d’elle » ; on dit qu’il s’agissait de Jibrîl – paix sur lui – qui se tenait sur un point de terre plus bas que celui où elle se trouvait.

Puis vient la parole du Très-Haut : « Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et réjouis ton œil. » – Quatre questions s’y rapportent. Premièrement : par « Secoue », Il lui ordonne de remuer un tronc desséché afin qu’elle soit témoin d’un autre signe : la revivification d’un bois mort.

La préposition bāʾ dans « bi-jidh‘i » est ici surabondante, à titre d’insistance, comme dans l’expression : « Prends par la bride » ou « Donne de ta main ». Le Très-Haut dit également : « qu’il étende donc par une corde (bi-sabab) jusqu’au ciel », c’est-à-dire : qu’il étende une corde.

Selon un autre avis, le sens serait : « Secoue vers toi des dattes qui se trouvent sur le tronc du palmier. »

Le verbe « tusāqiṭ » – « qu’il fasse tomber » – équivaut à « tatasaqaṭ » ; la première tāʼ a été assimilée dans la sîn. Ḥamzah lit « tasāqaṭ » (forme allégée) en supprimant la lettre qu’autrui a assimilée. ‘Āṣim, dans la transmission de Ḥafṣ, lit « tusāqiṭ » avec tâʼ dammée et qâf cassée. On trouve encore les lectures « tatasaqaṭ » (où les deux tâʼ sont articulées), « yassāqaṭ » (avec yâʼ et assimilation), ou « tasquṭ ».

(أَلَّا تَحْزَنِي) تفسير النداء، و " أن" مُفَسِّرَةٌ بِمَعْنَى أَيْ، الْمَعْنَى: فَلَا تَحْزَنِي بِوِلَادَتِكِ. (قَدْ جَعَلَ رَبُّكِ تَحْتَكِ سَرِيًّا) يَعْنِي عِيسَى. وَالسَّرِيُّ مِنَ الرِّجَالِ الْعَظِيمُ الْخِصَالِ السَّيِّدُ. قَالَ الْحَسَنُ: كَانَ وَاللَّهِ سَرِيًّا مِنَ الرِّجَالِ. وَيُقَالُ: سَرِيَ فُلَانٌ عَلَى فُلَانٍ أَيْ تَكَرَّمَ. وَفُلَانٌ سَرِيٌّ مِنْ قَوْمٍ سَرَاةٍ. وَقَالَ الْجُمْهُورُ: أَشَارَ لَهَا إِلَى الْجَدْوَلِ الَّذِي كَانَ قُرَيْبَ جِذْعِ النَّخْلَةِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَ ذَلِكَ نَهْرًا قَدِ انْقَطَعَ مَاؤُهُ فَأَجْرَاهُ اللَّهُ تَعَالَى لِمَرْيَمَ. وَالنَّهْرُ يُسَمَّى سَرِيًّا لِأَنَّ الْمَاءَ يَسْرِي فِيهِ، قَالَ الشَّاعِرُ: سَلْمٌ «١» تَرَى الدَّالِيَّ مِنْهُ أَزْوَرَا ... إِذَا يَعُبُّ فِي السَّرِيِّ هَرْهَرَا وَقَالَ لَبِيدٌ: فَتَوَسَّطَا عُرْضَ السَّرِيِّ وَصَدَّعَا «٢» ... مَسْجُورَةً مُتَجَاوِرًا قُلَّامُهَا وَقِيلَ: نَادَاهَا عِيسَى «٣» ، وَكَانَ ذَلِكَ مُعْجِزَةً وَآيَةً وَتَسْكِينًا لِقَلْبِهَا، وَالْأَوَّلُ أَظْهَرُ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ: (فَنَادَاهَا مَلَكٌ مِنْ تَحْتِهَا) قَالُوا: وَكَانَ جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي بُقْعَةٍ مِنَ الْأَرْضِ أَخْفَضَ مِنَ الْبُقْعَةِ الَّتِي كَانَتْ هِيَ عَلَيْهَا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَهُزِّي إِلَيْكِ بِجِذْعِ النَّخْلَةِ تُساقِطْ عَلَيْكِ رُطَباً جَنِيًّا. فَكُلِي وَاشْرَبِي وَقَرِّي عَيْناً) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَهُزِّي" أَمَرَهَا بِهَزِّ الْجِذْعِ الْيَابِسِ لِتَرَى آيَةً أُخْرَى فِي إِحْيَاءِ مَوَاتِ الْجِذْعِ. وَالْبَاءُ فِي قَوْلِهِ: " بِجِذْعِ" زَائِدَةٌ مُؤَكِّدَةٌ كَمَا يُقَالُ: خُذْ بِالزِّمَامِ، وَأَعْطِ بِيَدِكَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " فَلْيَمْدُدْ بِسَبَبٍ إِلَى السَّماءِ" «٤» أَيْ فَلْيَمْدُدْ سَبَبًا. وَقِيلَ: الْمَعْنَى وَهُزِّي إِلَيْكِ رُطَبًا عَلَى جِذْعِ النَّخْلَةِ. وَ " تُساقِطْ" أَيْ تَتَسَاقَطْ فَأَدْغَمَ التَّاءَ فِي السِّينِ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ " تَسَاقَطْ" مُخَفَّفًا فَحَذَفَ الَّتِي أَدْغَمَهَا غَيْرُهُ. وَقَرَأَ عَاصِمٌ فِي رِوَايَةِ حَفْصٍ " تُسَاقِطْ" بِضَمِّ التاء مخففا وكسر القاف. وقرى: " تَتَسَاقَطْ" بِإِظْهَارِ التَّاءَيْنِ وَ " يَسَّاقَطْ" بِالْيَاءِ وَإِدْغَامِ التاء " وتسقط"
(١). السلم: الدلو التي لها عروة واحدة كدلو السقائين. والمدالي: المستقى بالدلو. والهرهرة: صوت الماء إذا جرى. (٢). أي شق العير والأتان النبت الذي على الماء. ومسجورة: عين مملوءة. والمتجاور المتقارب والقلام: نبت وقيل: هو القصب. والبيت من معلقته. (٣). أي على قراءة من فتح من وتحتها. (٤). راجع ج ١٢ ص ٢٢.

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