Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Dans « Al-Baqara »[1], parole du Très-Haut[2] :
« Nous lui accordâmes la Sagesse alors qu’il était encore enfant. »
On a dit : il s’agit des décisions juridiques (ahkâm) et de la connaissance qui les accompagne.

Ma‘mar rapporte que des garçons dirent un jour à Yahyâ : « Viens jouer avec nous. » Il répondit : « Je n’ai pas été créé pour le jeu. » C’est alors qu’Allah – qu’Il soit exalté – fit descendre : « Nous lui accordâmes la Sagesse alors qu’il était encore enfant. »

Qatâdah a dit : « Il avait deux ou trois ans. »
M-Qâtil a dit : « Il avait trois ans. »
Le terme « enfant » (ṣabiyyan) est à l’accusatif, employé comme état (ḥâl).

Ibn ‘Abbâs dit : « Quiconque récite le Coran avant la puberté fait partie de ceux à qui l’on a donné la Sagesse alors qu’ils étaient enfants. »

Il est rapporté, dans l’exégèse de ce verset, par la chaîne d’Abd-Allâh b. ‘Umar, que le Prophète ﷺ a dit : « Tous les fils d’Adam se présenteront au Jour de la Résurrection porteurs d’un péché, à l’exception de Yahyâ b. Zakariyyâ. »

Qatâdah dit encore : « Yahyâ – sur lui la paix – n’a jamais désobéi à Allah, ni par un péché mineur ni majeur, et il n’a jamais même songé à une femme. »

Mujâhid rapporte : « La nourriture de Yahyâ se limitait aux herbes ; les larmes avaient creusé sur ses joues des sillons permanents. »

Nous avons déjà parlé de l’expression : « Noble, chaste » (saiyyidan wa ḥaṣûran) en Âl ‘Imrân[4].

Parole du Très-Haut :
« Et une tendresse venant de Notre part »

Le terme « tendresse » (ḥanânan) est coordonné à « la Sagesse ».

D’après Ibn ‘Abbâs – qu’Allah l’agrée – : « Par Allah, je ne sais ce qu’est le ḥanân ! »

La majorité des exégètes disent : le ḥanân est la pitié, la miséricorde et l’affection ; c’est un acte du cœur.

An-Naḥḥâs rapporte deux avis d’Ibn ‘Abbâs sur le sens de ḥanân :
– Allah, Puissant et Majestueux, Se pencha sur lui avec miséricorde ;
– ou bien : Il lui accorda une miséricorde qu’il transmet aux gens, les sauvant ainsi de la mécréance et du polythéisme.[5]

L’origine du mot renvoie au brame de la chamelle pour son petit.

On dit : ḥanânaka et ḥanânayka.

Selon certains, il s’agit de deux formes dialectales à sens identique ; selon d’autres, ḥanânayka est le duel de ḥanân.

Abû ‘Ubaydah dit : « Les Arabes s’écrient : “Ḥanânaka, Seigneur !” ou “Ḥanânayka, Seigneur !” avec le même sens : “Ta miséricorde !”. »

Imru’ l-Qays a dit :
« Les fils de Šamajâ b. Jarm lui offrent leurs chèvres –
« Ta miséricorde, ô Toi, le Très-Miséricordieux ! »[6]

Tarafah a dit :
« Abâ Munḏir, tu nous as décimés ; épargne-nous donc quelque reste –
Ta miséricorde ! un mal est moindre qu’un autre. »

Az-Zamakhsharî commente : « Ḥanânan » signifie miséricorde envers ses parents et les autres, affection et compassion. »

Sibawayh a cité ce vers :
« Elle dit : “Ḥanân ! Qu’est-ce qui t’amène ici ?…
Es-tu parent ou connais-tu les gens du quartier ?” »

في " البقرة" «١» . [قوله تعالى [ «٢» : (وَآتَيْناهُ الْحُكْمَ صَبِيًّا) قِيلَ: الْأَحْكَامُ وَالْمَعْرِفَةُ بِهَا. وَرَوَى مَعْمَرٌ أَنَّ الصِّبْيَانَ قَالُوا لِيَحْيَى: اذْهَبْ بِنَا نَلْعَبْ، فَقَالَ: مَا لِلَعِبٍ خُلِقْتُ. فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى " وَآتَيْناهُ الْحُكْمَ صَبِيًّا" . وَقَالَ قَتَادَةُ: كَانَ ابْنَ سَنَتَيْنِ أَوْ ثَلَاثِ سِنِينَ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: كَانَ ابْنَ ثَلَاثِ سِنِينَ. وَ " صَبِيًّا" نُصِبَ عَلَى الْحَالِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مَنْ قَرَأَ الْقُرْآنَ قَبْلَ أَنْ يَحْتَلِمَ فَهُوَ مِمَّنْ أُوتِيَ الْحُكْمَ صَبِيًّا. وَرُوِيَ فِي تَفْسِيرِ هَذِهِ الْآيَةِ مِنْ طَرِيقِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (كُلُّ بَنِي آدَمَ يَأْتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلَهُ ذَنْبٌ إِلَّا مَا كَانَ مِنْ يَحْيَى بْنِ زَكَرِيَّا) . وَقَالَ قَتَادَةُ: إِنَّ يَحْيَى عَلَيْهِ السَّلَامُ لم يعص الله] تعالى [ «٣» قَطُّ بِصَغِيرَةٍ وَلَا كَبِيرَةٍ وَلَا هَمَّ بِامْرَأَةٍ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: وَكَانَ طَعَامُ يَحْيَى عَلَيْهِ السَّلَامُ الْعُشْبَ، كَانَ لِلدَّمْعِ فِي خَدَّيْهِ مَجَارٍ ثَابِتَةٌ. وَقَدْ مَضَى الْكَلَامُ فِي مَعْنَى قَوْلِهِ: " وَسَيِّداً وَحَصُوراً" [آل عمران: ٣٩] فِي " آلِ عِمْرَانَ" «٤» . قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَحَناناً مِنْ لَدُنَّا) " حَنَانًا" عَطْفٌ عَلَى " الْحُكْمَ" . وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ قَالَ: وَاللَّهِ مَا أَدْرِي مَا " الْحَنَانُ" ؟. وَقَالَ جُمْهُورُ الْمُفَسِّرِينَ: الْحَنَانُ الشَّفَقَةُ وَالرَّحْمَةُ وَالْمَحَبَّةُ، وَهُوَ فِعْلٌ مِنْ أَفْعَالِ النَّفْسِ. النَّحَّاسُ: وَفِي مَعْنَى الْحَنَانِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا- قَالَ: تَعَطَّفَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ عَلَيْهِ بِالرَّحْمَةِ. وَالْقَوْلُ الْآخَرُ مَا أُعْطِيهِ مِنْ رَحْمَةِ النَّاسِ حَتَّى يُخَلِّصَهُمْ مِنَ الْكُفْرِ وَالشِّرْكِ «٥» . وَأَصْلُهُ مِنْ حَنِينِ النَّاقَةِ عَلَى وَلَدِهَا. وَيُقَالُ: حَنَانَكَ وَحَنَانَيْكَ، قِيلَ: هُمَا لُغَتَانِ بِمَعْنًى وَاحِدٍ. وَقِيلَ: حَنَانَيْكَ تَثْنِيَةُ الْحَنَانِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: وَالْعَرَبُ تَقُولُ: حَنَانَكَ يَا رَبِّ وَحَنَانَيْكَ يَا رَبِّ بِمَعْنًى وَاحِدٍ، تُرِيدُ رَحْمَتَكَ. وَقَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: وَيَمْنَحُهَا بَنُو شَمَجَى بْنِ جَرْمٍ ... مَعِيزَهُمْ حَنَانَكَ ذَا الْحَنَانِ «٦» وَقَالَ طَرَفَةُ: أَبَا مُنْذِرٍ أَفْنَيْتَ فَاسْتَبْقِ بَعْضنَا ... حَنَانَيْكَ بَعْضُ الشَّرِّ أَهْوَنُ مِنْ بَعْضِ وَقَالَ الزَّمَخْشَرِيُّ: " حَناناً" رَحْمَةً لِأَبَوَيْهِ وَغَيْرِهِمَا وَتَعَطُّفًا وَشَفَقَةً، وَأَنْشَدَ سِيبَوَيْهِ: فَقَالَتْ حَنَانٌ مَا أَتَى بِكَ هَاهُنَا ... أَذُو نَسَبٍ أَمْ أنت بالحي عارف
(١). راجع ج ١ ص ٤٣٧. (٢). من ج وك. [ ..... ] (٣). من ك. (٤). راجع ج ٤ ص ٨٦. (٥). في ج: الشر. (٦). (حنانك ذا الحنان) معناه: رحمتك يا رحمان. رواية اللسان: ويمنعها.

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